Ce mardi 16 décembre, les trois organisations syndicales ont boycotté le comité social d’établissement (CSE). Selon le communiqué commun, cette action a été soutenue par une forte mobilisation des personnels : ”plus de 150 agents du CHU ont accompagné et soutenu les organisations syndicales CGT, FO et SUD Santé Sociaux, au boycott du CSE.”
Les agents présents ont investi la salle des instances peu avant le début de la séance. ”L'envahissement de la salle des instances quelques minutes avant le début du CSE a permis aux agents d'exprimer devant une Direction médusée, leur refus catégorique de sacrifier 3 jours de leur RTT", précisent les syndicats.
Opposition au changement d’organisation du temps de travail
Les syndicats et les agents mobilisés contestent la remise en cause d’une organisation en vigueur depuis plusieurs années. ”Les agents veulent des journées de travail en 7h36, comme cela se fait naturellement et sans aucun problème, depuis de longues années. Pourquoi changer ce qui fonctionne bien ?” La direction a justifié son projet par des considérations financières, selon le communiqué. ”Mr le Directeur a pris la parole et a exposé des arguments financiers pour justifier ce projet de perte de 3 jours de repos annuels par agent", rapportent les organisation syndicales.
Une détermination maintenue malgré les explications de la direction
Les syndicats indiquent que ces explications n’ont pas convaincu les agents mobilisés. Le communiqué conclut sur un refus de voir les agents supporter les difficultés financières de l’établissement : ”nous n'avons pas à payer les déficits du CHU, ni les failles du financement hospitalier.”
Réaction de la direction
Une réaction syndicale qui n’a pas manqué d’interloquer la direction de l’établissement qui rappelle que "ces mêmes syndicats ont voté et cautionné" l’application de ce même protocole dans les établissements de Bellevaux, Avanne (EHPAD) et des Tilleroyes (centre de soins et de réadaptation) qui seront pour rappel fusionnés avec le CHU dès le 1er janvier 2026 sous la même étiquette de CHU de Franche-Comté.
C’est donc dans un souci "d’uniformiser le temps de travail des personnels" entre les établissements que le projet a été amené. Le fonctionnement à 7h36 du CHU de Besançon étant "une atypie" pour la direction qui rappelle que "quasiment tous les hôpitaux de France sont à un fonctionnement de 7h30". C’est notamment le cas également pour les établissements de Bellevaux, Avanne et des Tilleroyes. L’établissement précise par ailleurs que ce nouveau dispositif "ne concernerait que les professionnels en amplitude courte" soit "52% maximum de tous les professionnels du CHU". Il viendrait également intégrer désormais au temps de travail les 6 minutes d’habillage et de déshabillage, initialement décomptées. Une compensation qui vient "compenser exactement les 6 minutes retirées".
Un projet qui s’équilibre dans son ensemble pour la direction
Estimant que les syndicats "ne se limitent qu’à une mesure du protocole", le CHU rappelle que celui-ci "ne se limite pas uniquement aux 7h36" mais est bien issue d’une convergence, visant à "proposer des compensations fortes" comme la fin de "l’écrémage des heures supplémentaires" qui vise à "valoriser le travail des agents" en ne leur faisant pas perdre les heures supérieures cumulées. Mais aussi une "récupération plus flexible" permettant désormais de poser uniquement quelques heures plutôt qu’une "demi-journée ou rien". Toujours dans l’objectif de donner "plus de souplesse aux agents", le nouveau protocole prévoit des poses de RTT "à leur souhait" avec 14 jours à la main des agents contre 5 initialement. Enfin, ce nouveau protocole du temps de travail permettrait de pouvoir étudier les demandes des services souhaitant passer aux journées de 10h et 12h.
En définitive, le projet doit donc être vu "comme un tout, applicable dans son ensemble" où les contreparties permettent donc de compenser cette perte de trois jours de RTT. "On est sur un système qui est plutôt bénéfique pour le personnel", résume la direction du CHU.


