Retraites : refusant un échec "si près du but", Bayrou reçoit les partenaires sociaux

Publié le 24/06/2025 - 11:08
Mis à jour le 24/06/2025 - 10:13

Après l'échec du "conclave" sur les retraites dans la nuit, le Premier ministre François Bayrou va recevoir mardi 24 juin 2025  "dans la matinée" et séparément organisations syndicales et patronales qui ont participé aux quatre mois de négociations, dans une tentative de la dernière chance de surmonter les blocages.

Archives © X (ex-twitter) Assemblée nationale
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"Je ne peux pas accepter sans réagir qu'on se satisfasse d'échouer si près du but", a déclaré le Premier ministre depuis l'Hôtel Matignon lors d'une courte prise de parole à 7H00, quelques heures après le constat d'un "échec" du conclave qui est également un revers pour la méthode de dialogue social qu'il prônait. Selon lui, une "voie de passage" est encore possible.

Ce nouveau format de discussions était le fruit d'un compromis noué avec les socialistes pour éviter une censure du gouvernement lors du vote du budget 2025. Et le Premier ministre s'était engagé à en présenter les conclusions devant le Parlement.

Les réunions sont prévues à 10H00 et 11H00 à Matignon, avec respectivement les syndicats et les organisations patronales. La CFDT et la CPME (petites et moyennes entreprises) ont confirmé leur présence. Tard lundi soir, à l'issue d'une ultime séance de négociations, syndicats et patronats se sont renvoyés la responsabilité de l'impasse.

"Pas décisif"

Le principal point d'achoppement tournait autour de la finalité d'une reconnaissance de l'usure professionnelle : les syndicats y voient une perspective de départ anticipé à la retraite, le patronat privilégie d'autres pistes, telles la prévention ou la reconversion.

"Le constat est fait que le patronat ne bougera pas sur la réparation de la pénibilité , c'est un échec de la négociation", avait déclaré tard lundi soir Yvan Ricordeau, représentant de la CFDT. "La discussion s'arrête", a-t-il ponctué.

"Nous regrettons cet échec, c'est dommage pour la démocratie sociale", a commenté Diane Milleron-Deperrois, représentante du Medef. "On a gardé une ligne très claire, en étant constant dans une ligne responsable: on n'était pas en mesure d'augmenter les cotisations salariales et patronales", a-t-elle insisté.

Dans la nuit, la CPME s'est dite "prête à poursuivre le dialogue".

L'échec, "si près du but", est selon elle "d'autant plus incompréhensible que tous les partenaires sociaux partageaient la même volonté de se voir transférer la gouvernance du système de retraite, selon les mêmes modalités que l'Agirc Arrco", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Et il s'est satisfait d'un "pas décisif" : le fait que "le principe des règles d'âge pour garantir l'équilibre financier de notre système de retraite" ait été "reconnu par tous". La question de revenir sur le départ à la retraite à 64 ans avait vite été balayée. A l'issue du conclave, cette mesure phare, et impopulaire, de la réforme Borne de 2023 sera donc toujours en vigueur pour les salariés nés à partir du 1er janvier 1968.

"Voie de passage"

"Notre devoir est de ne pas baisser les bras", a insisté le Premier ministre, promettant de "tout faire pour permettre de dépasser un tel blocage" et de "rechercher une voie de passage dans l'intérêt du pays".

"C'est logique qu'on se dise si près du but, le gouvernement accompagne", a abondé la ministre du Travail Catherine Vautrin sur France 2.

François Bayrou joue gros sur ce dossier. L'organisation du conclave, dont l'objectif initial était de rediscuter la réforme des retraites de 2023, s'était faite dans un compromis avec les socialistes qui, en échange, n'avaient pas voté la censure du gouvernement.

L'échec de ces concertations le fragilise donc à son poste, alors que La France insoumise a appelé lundi les autres groupes de gauche à se joindre à une motion de censure contre le gouvernement Bayrou.

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a appelé mardi sur BFMTV/RMC François Bayrou à saisir le Parlement de ce dossier des retraites, faute de quoi le PS ira "vers la censure". Mais en l'absence des voix du Rassemblement national qui a prévenu qu'il ne s'y associerait pas, le gouvernement semble assuré de se maintenir. Avant d'affronter les débats budgétaires encore plus périlleux, cet été et à l'automne.

(AFP)

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