Le budget 2026 enfin adopté par le parlement, trois 49.3 plus tard

Publié le 03/02/2026 - 08:22
Mis à jour le 03/02/2026 - 08:20

Epilogue d'un pénible marathon parlementaire, le budget de l'Etat pour 2026 a été adopté définitivement lundi 2 février 2026, après le rejet des deux dernières motions de censure contre le gouvernement, qui aura finalement fait passer le texte par 49.3 grâce à la mansuétude des socialistes.

 © Capture écran Youtube Assemblée nationale
© Capture écran Youtube Assemblée nationale

Sébastien Lecornu, désireux de tourner la page, a fustigé une "grande déconnexion" pendant ces 350 heures de débat entre ceux "qui refusent le désordre" et ceux qui veulent "bloquer" et "tout rejeter", ciblant le Rassemblement national et la France insoumise.

"La France a enfin un budget", s'est-il réjoui, alors que pour la deuxième année consécutive, il faut attendre le mois de février pour que la loi de finances soit adoptée. Et le chef du gouvernement d'évoquer "une ambiance politicienne" à l'Assemblée qui "sent bon la campagne" des élections municipales et présidentielle à venir.

"Ce budget est utile aux Français dès aujourd'hui. Il n'est pas le premier tract de la présidentielle", a abondé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin dans un entretien au Parisien.

Revenant sur sa promesse d'octobre, Sébastien Lecornu aura dégainé trois 49.3 pour faire passer sans vote le budget, resté un marqueur d'opposition ou de soutien au gouvernement. Les groupes de gauche hors-PS et du bloc d'extrême droite (RN-UDR) avaient répondu par des motions de censure.

Le rejet des deux dernières lundi vaut adoption définitive du budget, que le gouvernement a largement négocié avec les socialistes pour obtenir un compromis et éviter qu'ils ne le censurent.

Agriculture, défense, énergie...

Lundi, la motion des groupes Insoumis, écologiste et GDR (communistes et ultra-marins) a été approuvée par 260 députés, alors que 289 voix étaient nécessaires pour faire tomber le gouvernement. Celle du RN et de son allié UDR (Union des droites pour la République) a recueilli seulement 135 voix. Les députés LFI ont annoncé dans la foulée saisir le Conseil constitutionnel pour contester un budget "cruel".

Après cette séquence qui l'aura monopolisé pendant quatre mois, le Premier ministre entend se consacrer à des projets "réalistes", compte tenu d'un calendrier contraint et de l'absence de majorité. Il assure qu'il n'est "pas candidat" à l'Elysée et recommande à ses ministres de se tenir "éloignés" de ce scrutin prévu l'an prochain, même s'il devrait procéder à un "ajustement" gouvernemental après le départ annoncé de sa ministre de la Culture Rachida Dati, candidate aux municipales à Paris.

Les ministres sont invités à se concentrer sur "l'essentiel", "notre indépendance" en matière militaire, agricole ou énergétique. Sont attendus notamment une actualisation de la loi de programmation militaire, un projet de loi "d'urgence" agricole et la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), ainsi que des textes sur la police municipale, la Nouvelle-Calédonie ou encore la fin de vie.

Le budget de la Sécurité sociale avait pu, lui, être adopté par un vote en décembre, grâce notamment aux bulletins "pour" des socialistes, en échange de la suspension de l'emblématique réforme des retraites. "Une concession difficile", a souligné lundi soir Amélie de Montchalin (Renaissance) "parce qu'on n’est pas dans le déni démographique".

"Compromissions"

Aucun groupe n'a revendiqué la paternité du budget 2026 lors des derniers débats, toujours marqués par la division de la gauche. Au nom de LFI, Nathalie Oziol a lancé une violente charge contre "le social-macronisme". "Nous n'avons plus d'alliance avec le Parti socialiste", a déclaré la cheffe des députés Mathilde Panot.

"Cette non-censure n'est ni un blanc-seing, ni un renoncement" mais "la marque de notre capacité à faire un choix exceptionnel dans un moment politique exceptionnel", a défendu à l'inverse le socialiste Hervé Saulignac.

Du côté de la coalition présidentielle, les choix budgétaires de M. Lecornu laissent un goût amer, alors que plusieurs de ses soutiens craignent que la promesse d'un déficit à 5% du PIB ne puisse pas être tenue.

Pour LR, Nicolas Ray a cependant réfuté l'idée d'un budget "socialiste" comme l'avait qualifié le patron de son parti Bruno Retailleau. Il "n'est ni de droite ni de gauche. Il est un budget imparfait".

Laurent Marcangeli, député et ancien ministre Horizons (parti d'Edouard Philippe), a lui déploré devant la presse "plus de compromissions que de compromis", pour faire passer un budget toutefois nécessaire pour "la stabilité du pays". Et il a estimé que les 15 mois à venir avant la présidentielle "ne produiront pas grand chose".

(AFP)

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