Risque de sécheresse pour 53 départements

Publié le 15/05/2020 - 16:02
Mis à jour le 15/05/2020 - 12:13

Plus de la moitié des départements français sont exposés à des degrés divers à un risque de sécheresse estivale, selon une prévision rendue publique jeudi par le ministère de la transition écologique et solidaire, qui veut ainsi améliorer l’anticipation à ce phénomène. La Haute-Saône fait partie des 11 départements où le risque est « très probable« . Dans les autres départements de Bourgogne-Franche-Comté, le risque est « probable« .

Le ministère a présenté à l'occasion d'une réunion du Comité national de l'eau une carte, basée sur différentes données (Météo France, surveillance des nappes phréatiques par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières -BRGM-, débits fluviaux, barrages gérés par EDF, etc) qui classe 53 départements, principalement dans la moitié est et le centre du pays, en risque de sécheresse entre mai et septembre.

Risque "très probable" pour 11 départements (grand massif central, Haute-Saône et Haut-Rhin), "probable" pour 24 autres et "possible" pour 18.

La préfecture de Haute-Saône appelle dès maintenant à une gestion "économe" de l'eau. "La situation depuis la mi-mars a fragilise? les cours d’eau et a asse?che? les sols de fac?on ine?dite pour un mois d’avril, niveau le plus faible depuis l’anne?e 2011, ayant conduit au franchissement du seuil d’alerte. Depuis le 11 mars, il n’a pratiquement pas plu (...) Associe?es a? des tempe?ratures tre?s douces, globalement de +2 a? +3 °C au-dessus des normales, l’e?vapo-transpiration est tre?s importante"

Mieux anticiper

Cette démarche a pour objectif d'anticiper "les départements où on risque de ne pas avoir assez d'eau pour tous les usages afin de (leur) permettre de mieux se préparer et de renforcer la coordination, notamment en réfléchissant à un niveau interdépartemental", a indiqué à l'AFP Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État à la Transition écologique.

Le ministère escompte une remontée plus rapide des problèmes, permettant de "mieux coordonner tous les acteurs et prendre plus vite les décisions pour que le partage de l'eau se fasse dans les meilleures conditions possible" en cas de pénuries, avec priorité donnée à l'alimentation en eau potable, a-t-elle souligné.

La France a connu "des épisodes de sécheresse réguliers" ces dernières années, rappelle Mme Wargon, dont un "exceptionnel" à l'été 2019, avec 88 départements en alerte ou soumis à des restrictions.

Et même si les nappes phréatiques ont bénéficié d'une recharge hivernale "nettement supérieure à la moyenne", selon le BRGM qui les surveille, Météo France prévoit pour les trois mois à venir "un temps plus sec que la normale" sur le nord-ouest de l'Europe, dont une bonne partie de la France, avec "un trimestre plus chaud que la normale" sur l'ensemble du continent.

Les départements antillais de Martinique et Guadeloupe connaissent également une tension hydrique, avec déjà des coupures d'eau en Guadeloupe, au moment où le lavage des mains s'impose comme un geste barrière essentiel face à l'épidémie de coronavirus, selon la secrétaire d'État.

Concernant cette crise sanitaire, le Comité national de l'eau (qui regroupe pouvoirs publics et représentants des collectivités, monde économique et agricole, associations...) a dressé "un bilan très satisfaisant" du fonctionnement du secteur, a-t-elle indiqué.

La distribution d'eau potable comme l'assainissement ont fonctionné normalement "hormis quelques difficultés gérées au cas par cas" et la surveillance s'est déroulée sans problèmes, comme sur le circuit des eaux non potables parisien dont l'usage pour nettoyer les rues a été interrompu après la découverte de traces du virus, ou le renforcement des "normes restrictives" sur l'usage agricole des boues résiduelles de l'assainissement, car "on sait qu'il y a des traces de virus dans les eaux usées".

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