TGV Rhin Rhône: les écologistes ne veulent pas payer une deuxième tranche

Publié le 10/02/2012 - 15:34
Mis à jour le 10/02/2012 - 18:18

Plutôt que de continuer à investir dans le TGV Rhin-Rhône, les écologistes alsaciens, bourguignons et francs-comtois veulent donner la priorité « aux lignes de tous les jours ». 

Les écologistes ont décidé d’unir leurs forces pour s’opposer à la poursuite du chantier de la branche-est du TGV Rhin-Rhône qui doit être achevée vers Mulhouse (35 km) et vers Dijon (15 km) dans les années qui viennent pour un coût estimé à environ 1,2 milliards d’euros, sachant que la première tranche entre Villers-les-Pots (21) et Petit-Croix (90), ouverte en décembre dernier, a déjà coûté 2,32 milliards.

Lors d’une conférence de presse tenue à Besançon, des représentants alsaciens, bourguignons et francs-comtois d’Europe-Ecologie Les Verts ont qualifié de « démesuré » cet investissement supplémentaire « au regard d’un gain de temps de 22 minutes ».

En réponse au protocole financier signé notamment par les trois présidents des conseils régionaux, les écologistes martèlent que ce n’est pas « une utilisation efficace de l’argent public ». « Il faut réajuster ce projet au mieux de l’ensemble des territoires et trouver les conditions de l’achèvement en adéquation avec le moment économique que nous vivons », a souligné Marc Borneck, conseiller régional de Franche-Comté.

« Mettons les choses à plat. Il faut aller au bal des faux culs et expliquer aux collectivités qu’il faut arrêter. C’est un secret de polichinelle que les branches-ouest et sud ne se feront pas, mais personne n’osent l’avouer », a poursuivi l’élu jurassien.

« Dans cinq ans, la Cour des comptes nous donnera raison, peut-être même avant », a complété le représentant alsacien, Alain Jund. « Nous voulons donner la priorité aux lignes de tous les jours qui concernent la masse des gens. La deuxième tranche, c’est comme un château dont le toit serait en mauvais état auquel on rajouterait tout de même une nouvelle aile », a appuyé Alain Cordier, conseiller régional bourguignon.

Mais que deviendrait le parcours entre Belfort et Mulhouse sans nouvelle voie à grande vitesse ? « Entre ces deux villes, il faudra tripler les voies », a suggère Alain Fousseret, vice-président du conseil régional de Franche-Comté. Quel en serait le coût ? « On ne sait pas, mais ce sera de toute façon moins cher que ce qui est prévu aujourd’hui ».

Les écologistes sont persuadés d’avoir raison avant tout le monde. « Ce que nous annoncions il y a longtemps, les autres n’osent pas encore le dire, a précisé Marc Borneck. Le principe de réalité commence à faire tache d’huile. On est encore un peu seuls à ramer, mais on est dans le courant ».

Europe-Ecologie Les Verts veut faire passer l’idée qu’il vaut mieux investir « là où le report des transports de la route vers le rail est le plus efficace, pour les millions de déplacements du domicile au lieu de travail ou d’études et pour le fret ».  

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