Un partenariat entre l'académie de Besançon et le comité français Yad Vashem pour "lutter contre les idées mortifères"

Publié le 27/05/2025 - 12:00
Mis à jour le 27/05/2025 - 10:21

Une convention a été signée entre l’académie de Besançon et le Comité français pour Yad Vashem ce lundi 26 mai 2025 au Rectorat de Besançon. Celle-ci vise à renforcer la coopération entre les deux institutions dans les domaines de l’éducation à la citoyenneté, de la lutte contre l’antisémitisme, le racisme et toutes les formes de discriminations, et de la transmission de la mémoire de la Shoah et des Justes parmi les Nations. L’académie de Besançon est la deuxième en France, après celle de Dijon, a prendre part au dispositif. 

Fondé en 1989, le Comité français Yad Vashem est une association française laïque dont les premiers membres étaient "d’anciens résistants, anciens rescapés des camps de la mort ou des camps de concentration". Il a pour principale mission "de rechercher, de faire reconnaître, d’honorer et de commémorer le souvenir des Justes parmi les Nations, cette distinction décernée par Yad Vashem et qui est la plus haute distinction civile de l’État d’Israël", a rappelé madame Viviane Lumbruso, ancienne vice-présidente du Comité français Yad Vashem. Il favorise également l’enseignement et la transmission de l’histoire de la Shoah, de lutter contre le Négationnisme et toutes les falsifications de l’histoire, de lutter contre l’antisémitisme et le racisme. 

À Besançon, la rectrice de la région académique Bourgogne-Franche-Comté, rectrice de l’académie de Besançon et chancelière des universités Nathalie Albert-Moretti et la secrétaire générale du Comité français pour Yad Vashem, Stéphanie Castel, ont signé une convention de partenariat. Celle-ci vient "compléter le partenariat que nous avons déjà avec l’académie de Dijon et donne ainsi une cohérence dans le cadre de la région académique de Bourgogne-Franche-Comté", a déclaré Viviane Lumbroso. 

© Élodie R.

Dans un contexte international marqué par la montée de l’antisémitisme, "il n’est donc plus temps de prévenir mais de lutter", a évoqué Viviane Lumbroso, rappelant que "l’éducation, la formation à l’esprit critique, la transmission des savoirs, la confrontation avec les sources historiques sont plus que jamais nécessaires".

Développer la citoyenneté des élèves

L’intérêt de cette convention est donc notamment de "permettre de mettre en oeuvre des actions éducatives, mémorielles et culturelles afin de lutter contre les idées mortifères" a évoqué la secrétaire générale. Pour Nathalie Albert-Moretti, ce partenariat a également pour but d’encourager "l’engagement des élèves et développer leur citoyenneté" grâce au soutien de partenaires "qualifiés et reconnus" tel que le Comité français pour Yad Vashem. Enfin, il favorise l’émergence de projets pédagogiques portés par les élèves.

Alors que le dernier rapport des assises contre l’antisémitisme évoque "qu’un élève sur deux dans le second degré adhère à un préjugé antisémitisme". Ce partenariat s’avère aujourd’hui "plus que jamais indispensable", surtout afin d’"aider les enseignants à faire connaître une mémoire dont la transmission par les témoins s’avère de plus en plus fragile" et pour laquelle "nous avons besoin de la jeunesse" pour faire oeuvre "de passeur de mémoire", a insisté la rectrice. Et d’ajouter, "quoi de plus important que de montrer aux élèves comment s’effectue la recherche et la collecte des noms des victimes de la Shoah ou la recherche et la reconnaissance des Justes parmi les Nations". 

La "Route des mémoires", un projet inter-académique

Depuis 2023, le plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme impose une visite obligatoire d’un lieu de mémoire. Or, cette visite est parfois difficile à mettre en place, faute de budget, de difficultés de déplacement ou autres. C’est dans ce contexte qu’a été créé durant l’année scolaire 2024-2025, le projet inter-académique nommé "Les Routes des mémoires" et auquel 37 établissements volontaires ont pris part. Celui-ci mobilise des collégiens et lycéens des deux académies de Bourgogne-Franche-Comté autour de trois parcours mémoriels régionaux consacrés aux Justes parmi les Nations, aux mémoires tsiganes et à celles des tirailleurs.

Dans ce projet, les 1.100 élèves impliqués ont dû endosser le rôle d’historien afin de chercher et collecter les informations nécessaires pour redécouvrir des lieux de mémoire des Tsiganes, des tirailleurs ou des Justes parmi les Nations à proximité de leur établissement. Pour chaque lieu identifié, un panneau informatif et un podcast ont été réalisés par les élèves. Ceux-ci seront prochainement accessibles en ligne et disposés sur chacun des lieux répertoriés. 

Des élèves pontissaliens endossent leur rôle de "passeurs de mémoire"

Une centaine de lieux ont ainsi été identifiés, répertoriés et cartographiés afin que ce projet collaboratif participe également "à un grand tout", une carte interactive nationale, a évoqué l’inspecteur d’histoire-géographie Sylvain Gland, référant académique à l’égalité et la lutte contre la discrimination. Celle-ci répertorie tous les lieux mémoriels connus en France. 

© Élodie R.

Ce lundi, les élèves de la classe de première bac pro cuisine et services du lycée professionnel Toussaint Louverture de Pontarlier ont présenté leur contribution au projet inter-académique "Routes des mémoires". Alors que 43 personnes en Franche-Comté ont été nommées Justes parmi les Nations, eux se sont penchés sur le parcours d’un couple de Justes qui a caché des enfants juifs à La Verrière-sous-Jougne, non loin de leur établissement scolaire. Leurs recherches les ont conduits à interviewer de la famille du couple mais également le fils d’un passeur ou encore l’un des enfants sauvés par ces Justes. 

Les élèves de la classe de première bac pro cuisine et services du lycée professionnel Toussaint Louverture de Pontarlier. © Élodie R.

Très impliqués dans leur mission d’être à leur tour des "passeurs de mémoire", les élèves ont désormais pour objectif de se rendre à Paris en octobre prochain afin de découvrir le mur des Justes et le mémorial de la Shoah. 

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