Le salon réunira plus de 115 exposants, avec une fréquentation attendue comprise entre 2 300 et 2 700 visiteurs. Parmi les partenaires premium figurent l'Association des maires de France (AMF), l'Association des maires ruraux de France (AMRF), le Département du Doubs, Grand Besançon Métropole, la Banque des Territoires et la Caisse d'Épargne. EDF rejoint cette année la liste des partenaires premium.
Créer du lien entre élus, entreprises et partenaires
Pour Florence Rogeboz, vice-présidente du Département du Doubs en charge des mobilités et infrastructures, le Carrefour constitue d'abord un lieu de rencontre entre les différents acteurs de l'action publique locale. Elle souligne : ”c'est vraiment un temps fort parce qu'il permet aux élus, aux collectivités, aux partenaires, aux entreprises de pouvoir se rencontrer, de pouvoir échanger et partager un bon nombre d'éléments.”
L'élue insiste sur la dimension particulière de cette édition 2026, marquée par l'arrivée de nouveaux responsables municipaux et intercommunaux. ”Cette année 2026, c'est une année où il y a un certain nombre de nouveaux élus. Donc, nouveaux élus, ça veut dire aussi nouveaux projets.”
Le rendez-vous doit ainsi permettre aux élus nouvellement installés de découvrir les entreprises, les solutions techniques et les partenaires susceptibles de les accompagner dans leurs projets. Florence Rogeboz rappelle : ”Pour réaliser des projets, il y a l'ambition politique, mais également tout ce qui permet d'arriver à la réalisation du projet.”
Le Département met notamment en avant son rôle d'accompagnement du bloc communal, sur des dossiers aussi divers que les écoles, les routes, le numérique ou encore l'eau. ”Le but du partenaire, c'est vraiment d'être présent auprès du bloc communal, d'accompagner le bloc communal, aussi bien techniquement que financièrement”, assure la vice-présidente.

Grand Besançon met en avant son niveau d'investissement
Présent lors du déjeuner de presse, Ludovic Fagaut, président de Grand Besançon Métropole et maire de Besançon, a lui aussi insisté sur le lien entre investissement public et activité économique : ”À Grand Besançon Métropole, sur ses 67 communes, en 2025, il y a eu 200 millions d'euros d'investissement, en 2026, ça sera encore meilleur.”
Pour l'élu, la capacité des collectivités à programmer et réaliser des investissements constitue un élément important de la dynamique économique locale. Il estime que ”l'action publique se mesure avant tout dans sa capacité à programmer, à investir et, inévitablement, à réaliser”. L'occasion, également, de citer plusieurs chantiers et besoins locaux, de la voirie aux transports en passant par les bâtiments publics. Ludovic Fagaut voit dans le Carrefour un espace permettant aux nouveaux élus de découvrir des solutions et de nouer des contacts avec les entreprises.
L'adaptation des équipements publics au changement climatique figure également parmi les sujets évoqués. À propos de la rénovation des écoles, Ludovic Fagaut estime notamment que ”la rénovation thermique ne doit plus forcément être pensée que sur une rénovation thermique hivernale” et pose la question : ”Comment peut-on amener de la fraîcheur dans nos bâtiments ?”.
La FRTP alerte sur l'état des infrastructures
Au-delà de la présentation du salon, les échanges ont largement porté sur la situation économique des entreprises de travaux publics et sur l'état des infrastructures. Frédéric Bonnefoy, représentant de la Fédération Régionale des Travaux Publics de Bourgogne Franche-Comté (FRTP BFC), estime que le contexte donne au rendez-vous une importance particulière : ”Ce carrefour tombe à point nommé parce qu'on vit là une période extrêmement compliquée, elle s'est dégradée.”
Selon lui, le ralentissement traditionnellement observé autour des périodes électorales a cette fois pris une ampleur plus importante. Le représentant de la profession souhaite donc que le Carrefour serve également de lieu de débat sur les investissements à venir. ”Il va falloir qu'on se retrousse tous les manches, qu'on ait du courage, du courage dans nos entreprises, du courage politique", assure-t-il.
Frédéric Bonnefoy met en avant le risque d'accumulation des travaux non réalisés : ”Pendant ce temps-là, les infrastructures souffrent, la dette grise s'accumule, et le risque, c'est d'être face à un mur extrêmement important.” Il insiste toutefois sur la volonté de la profession de travailler avec les collectivités plutôt que de leur adresser un message de mise en cause.
Les finances locales au cœur des préoccupations
Jean-Claude Grenier, représentant de l’Association des maires de France et président de l’Association des maires du Doubs, a placé les finances locales au cœur de son intervention. À la tête de l’association, il entend notamment ”s’occuper des finances locales” et redonner ”du pouvoir et de l’autonomie financière” aux collectivités.
Pour lui, cette autonomie passe d’abord par une connaissance précise de la situation de chaque collectivité. Patrimoine, finances, gestion du personnel : Jean-Claude Grenier appelle les élus à ”faire un état des lieux” afin de savoir exactement où ils en sont et de mieux anticiper leurs besoins.
L’élu alerte également sur le recours à l’emprunt pour financer les investissements locaux. S’il juge nécessaire de maintenir la capacité d’action des collectivités, il met en garde contre un endettement excessif qui reviendrait, selon lui, à ”reporter sur les générations futures des emprunts qu’on n’est pas capable de rembourser”.
Autre sujet au centre de son intervention : l’entretien des infrastructures, et notamment celui du réseau routier. Jean-Claude Grenier reprend à son compte la notion de ”dette grise” pour désigner les travaux qui ne sont pas réalisés aujourd’hui et qui devront l’être demain. ”La voirie qu’on ne fait pas aujourd’hui”, explique-t-il, "constitue ainsi une dette à venir pour les collectivités."
Derrière la question de l’entretien courant, le président de l’Association des maires du Doubs défend surtout une politique d’investissement à long terme. Il ne s’agit pas seulement, selon lui, de ”boucher des trous”, mais de réaliser un ”entretien structurant” et de refaire les routes afin de maintenir un réseau capable de soutenir demain ”le développement économique” et ”l’attractivité du territoire”.

Des conférences consacrées aux enjeux du prochain mandat
Le programme de cette 14e édition entend traduire ces préoccupations en rendez-vous techniques. Jeudi 8 octobre, la Cellule Économique Régionale de la Construction de Bourgogne-Franche-Comté proposera une présentation de ”Mon suivi Eau, votre outil d'aide à la décision totalement gratuit pour la gestion de vos canalisations”, avec Yann Durand et Louis Baumont.
Le Pôle Énergie Bourgogne-Franche-Comté abordera la géothermie à travers la question : ”Géothermie : une opportunité pour votre collectivité ? Potentiel, usages, idées reçues et conditions de mise en œuvre”, avec Noémie Gamba.
Forvis Mazars proposera de son côté une conférence intitulée ”Stratégies pour le nouveau mandat et solutions pour les collectivités territoriales sous contrainte budgétaire”, avec Stéphane Roland.
À 16 heures, le pôle de compétitivité Infra 2050 s'intéressera aux infrastructures avec ”Nouveaux élus, nouveaux défis : quelles infrastructures pour demain ?”, présenté par Jason Queudray. Le Centre de gestion du Doubs abordera enfin la question de l'élu employeur et des ressources humaines avec ”Élu employeur : les RH comme levier de votre projet politique”, avec Michaël Thomas, directeur du CDG 25.
La deuxième journée sera consacrée notamment à l'électrification des usages avec EDF, à la transition écologique avec l'ADEME et à la mobilité électrique avec Bourgogne-Franche-Comté Mobilité électrique.
EDF présentera ainsi ”L'électrification des usages, la clé de votre décarbonation”, avec Jean-Roger Mousset, de la direction régionale d'EDF. L'ADEME proposera ”J'agis pour la transition écologique : des pistes d'actions pour le nouveau mandat”, avec Marie Kientz, directrice régionale de l'ADEME, et Pauline Rigoni. Bourgogne-Franche-Comté Mobilité électrique abordera pour sa part le rôle des collectivités dans le développement de la mobilité électrique, avec Jean-Marc Jacques.
Un salon placé sous le signe du passage à l'action
Au terme des échanges, les organisateurs souhaitent faire du Carrefour un espace de rencontre mais aussi un lieu permettant aux nouveaux élus de mieux appréhender la complexité de leurs futurs projets. Florence Rogeboz résume cette ambition autour de la notion de partenariat : ”Collectivités, entreprises, partenaires, je pense que tous, nous avons un but commun, c'est de travailler pour les territoires, pour les populations, et d'apporter des services aux territoires.”
Frédéric Bonnefoy veut, lui, retenir une perspective plus opérationnelle malgré les difficultés évoquées : ”La note positive, c'est que ce moment tombe très bien pour pouvoir échanger, partager et aller de l'avant, parce qu'il faut garder le moral et on s'en sortira grâce à tous.”
250 collégiens à la découverte des travaux publics
Le Carrefour ne sera pas uniquement tourné vers les élus et les professionnels. La FRTP BFC organisera également une opération de promotion des métiers des travaux publics auprès d'environ 250 collégiens venus de Franche-Comté. Répartis en équipes, les jeunes devront accomplir plusieurs missions à partir d'un support pédagogique. L'objectif sera de leur faire suivre les différentes étapes de création d'un city stade, ”du premier diagnostic jusqu'à la livraison”.
Ils pourront également échanger avec les entreprises de travaux publics et les partenaires présents sur le salon et découvrir les métiers mobilisés à chacune des étapes d'un projet.
Infos +
- Carrefour des collectivités locales
- Jeudi 8 et vendredi 9 octobre 2026
- L'inauguration officielle est programmée jeudi 8 octobre à 11 heures, sur le stand central.
- Site internet : www.carrefour-collectivites.fr


