Aktya poursuit sa stratégie pour booster l’activité économique dans le Doubs et le Jura

Publié le 18/09/2024 - 12:01
Mis à jour le 18/09/2024 - 08:29

Lors d’une présentation qui s’est déroulée mardi 17 septembre 2024 dans les locaux de Bio Innovation à Besançon, les présidente et directeur d’Aktya, Anne Vignot et Bernard Bletton, ont fait le point sur les projets passés et futurs pour illustrer la stratégie de développement économique de cette société d’économie mixte patrimoniale.

Pour rappel, Aktya, a été créé en 1965 et se nommait alors SAIEMB pour répondre à l’époque aux besoins en logements sociaux à Besançon. C’est depuis 2020 à l’occasion de la fusion avec Expansion 39, que cette société d’économie mixte est alors baptisée Aktya pour davantage de développement patrimonial pour le Pôle métropolitain Centre Franche-Comté.

Aktya intervient à l’initiative des collectivités locales sur des projets pour lesquels l’initiative privée n’est pas suffisante ou le marché pas encore mature (secteurs sensibles, bâtiments thématiques dédiés, accueil de société en devenir tels que les pépinières ou les hôtels d’entreprises). Son périmètre d’intervention est principalement le Grand Besançon ainsi que le Doubs et le Jura. Les domaines d’activités sont l’industrie, l’artisanat, le commerce et le tertiaire.

”Une grappe”

Aktya appartient à ”une grappe”, a expliqué Anne Vignot ce mardi matin, ”nous avons un certain nombre de sociétés liées par la mise en commun du personnel, des bureaux, mais chaque composante a un rôle bien déterminé”. Ainsi, cette société spécialisée dans l’immobilier d’entreprise est composée de Grand Besançon Métropole (32,88%), Ville de Besançon (12.72 %), Région Bourgogne Franche-Comté (10.25 %), Caisse des Dépôts et Consignation (24.53 %), Caisse d’Épargne de Bourgogne Franche-Comté (8.8 %), Crédit Agricole de Franche-Comté (7.97 %), CC Grand Dole (1.08 %), CC Val Morteau (0.60 %), CC ECLA (0.48 %), Ville Baume-les-Dames (0.24 %), CC Doubs Baumois (0.24 %), CCI Jura (0.09 %), CMA Jura (0.03 %).

Revitalisation industrielle

À travers plusieurs projets immobiliers d’entreprise livrés et en cours de construction ou d’étude, Anne Vignot a présenté la stratégie de développement d’Aktya, dont l’un des objectifs principaux est ”la revitalisation industrielle”. Pour illustrer cette volonté, l’implantation du groupe espagnol Antolin à Témis Microtechnique Besançon et dont les anciens locaux industriels ont été recyclés pour recréer du neuf. Antolin a pu alors réunir sept de ses huit sites en un seul. ”C’est une chaine de réutilisation des locaux libérés”, se réjouit la présidente d’Aktya, qui mise particulièrement sur le recyclage positif des terrains industriels et sur une construction énergétiquement propre.

Transformation de friches

Autre exemple remarquable : le Pôle État Viotte qui a vu se construire plusieurs bâtiments sur une friche ferroviaire à deux pas de la gare Viotte. ”Il s’agit d’une requalification d’une fiche ferroviaire en quartier multifonctionnel”, souligne Anne Vignot, ”qui offre une diversification d’usages (tertiaire, logements, crèche) avec des signatures architecturales innovantes”.

D’autres transformations de friches sont également notables dans le Jura, à Damparis, où l’ancien site de Jacob Delafon a laissé place à la Jurassienne de céramiques française. Pour ce projet, Aktya a été sollicité par le Grand Dole pour assurer le portage du site industriel Jacob Delafon en acquérant 14 hectares de foncier et 55.000 m2 de locaux pour 1,5M€, subventionnés à hauteur de 600.000€, et en louant les locaux à la Jurassienne de Céramiques française (Groupe Kramer) avec une offre locative de 15 ans et une cession envisagée fin 2024.

En quartier prioritaire

Suite à des incendies, dans les deux cas d’origine criminelle, Aktya s’est engagée dans deux projets de développement économique et de services aux habitants.

Le premier concerne la restructuration du centre commercial Cassin dans le quartier Planoise à Besançon dans le cadre du NPNRU visant à transformer le site pour le rendre ”plus ouvert et connecté” au secteur et améliorer sa performance énergétique. Il a été inauguré en novembre 2021.

Le deuxième est un projet global de requalification du centre commercial Ile-de-France à Besançon, également dans le quartier Planoise, lui aussi inscrit dans le cadre du NPNRU. Il consiste à créer une maison médicale, une crèche, la réhabilitation de cellules commerciales endommagées pendant les émeutes de juin 2023, et une rénovation globale ”pour améliorer l’attractivité et l’image du site”.

Dédiés aux jeunes entreprises

Dans l’objectif de répondre à une demande, Aktya s’est engagée à créer des hôtels d’entreprises dont un à Morteau, pour des start-ups du secteur de l’horlogerie, de la bijouterie et des microtechniques. Actuellement en cours d’étude, il doit inclure des surfaces de production, des bureaux, ainsi qu’un espace de formation. Ce bâtiment a vocation notamment à s’adapter aux entreprises en développement avec des cellules modulables et évolutives pour garantir l’autonomie et l’indépendance des entreprises, comme des incubateurs.

L’autre hôtel d’entreprises est situé aux Auxons. Bien plus connu du grand public, il s’agit du bâtiment Le Signal, construit près de la gare TGV Franche-Comté. Malheureusement, il n’a jamais remporté le succès escompté depuis son inauguration en novembre 2017.

Mais pour Anne Vignot, ”ce bâtiment a une qualité, c’est qu’il est près de la gare. Il est énergétique. Il a été installé pour envisager un développement économique.” Elle explique par ailleurs qu’actuellement, ”il y a un travail qui se fait pour développer la zone autour de la gare TGV. Pour ce bâtiment, il y a un travail pour penser à une autre destination, car il a des qualités qui n’ont pas été exploitées.” Mais la présidente d’Aktya n’en dévoilera pas plus sur le sujet.

Un ”risque à prendre”

Sur la fréquentation des bâtiments pour lesquels Aktya a pris part, Bernard Bletton annonce un taux de vacances de ”12 à 13% sur l’ensemble des projets”. Par rapport à d’autre sociétés d’économie mixte en France, ”on est bons”, répond le directeur d’Aktya, mais selon lui, ”le vrai signe, c’est l’équilibre économique et non la vacance, parce qu’on est une société privée qui doit vivre de ses recettes (…), mais on n’est pas là pour faire du résultat, on est là pour réinvestir en développement”.

Anne Vignot a ajouté que ”l’entreprise n’a pas besoin de la collectivité, pour autant, on s’est aperçu qu’on avait un rôle à jouer, celui de booster l’activité économique. Donne la chance à des professionnels qui veulent se lancer. C’est un risque à prendre, mais c’est donner la possibilité de s’essayer, de maturer et peut-être qu’un jour, ils entrepreneurs auront besoin d’une société pour aller ailleurs.”

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