Dans ce courrier, l’élue alerte sur l’absence annoncée de l’Agence bio au sein du salon 2026, indiquant que l’organisme, "privé de moyens financiers", serait relégué à l’extérieur de l’événement. Elle rappelle que l’agence assure la promotion de l’agriculture biologique française et accompagne, selon ses chiffres, plus de 60.000 fermes et 200.000 emplois.
Des réductions budgétaires dénoncées
Dominique Voynet établit un lien entre cette situation et les décisions budgétaires prises ces derniers mois. Elle évoque une menace de disparition de l’Agence bio dès janvier 2025, à l’initiative du sénateur Duplomb, ainsi qu’une diminution de 60 % de ses crédits en 2025, soit 15 millions d’euros.
La députée mentionne également une réduction de 5 millions d’euros du "Fonds Avenir bio", dispositif sur lequel reposent, selon elle, plusieurs activités de l’agence.
Interrogations sur l’avenir de la direction
La lettre aborde par ailleurs la situation de Laure Verdeau, directrice de l’Agence bio, dont la non-reconduction à la tête de l’organisme est évoquée. Dominique Voynet souligne que son action est reconnue par les syndicats, producteurs, distributeurs, transformateurs et consommateurs, citant notamment Olivier Chaloche, coprésident de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), qui aurait récemment salué son travail.
L’élue fait état de "rumeurs insistantes" prêtant à la ministre un différend personnel avec Laure Verdeau et l’accusant d’avoir fait de son licenciement "une affaire personnelle", tout en indiquant ne pas vouloir y croire.
Questions sur la politique agricole à venir
Dans son courrier, Dominique Voynet interroge la ministre sur les motifs de la non-reconduction de Laure Verdeau, sur l’absence de l’Agence bio au salon 2026 et sur les mesures envisagées en faveur de la filière biologique dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole en préparation.
Elle questionne également un éventuel retour sur les coupes budgétaires affectant le secteur depuis l’arrivée d’Annie Genevard au ministère, ainsi que la mobilisation des crédits du deuxième pilier de la Politique agricole commune (PAC) pour soutenir la transition et la pérennité de l’agriculture biologique.
Un débat plus large sur le modèle agricole
En conclusion, la députée précise qu’il ne s’agit pas, selon elle, d’imposer l’agriculture biologique comme unique modèle, mais d’en reconnaître les apports "objectifs". Elle appelle la ministre à ne pas devenir "la ministre de l’effondrement de l’agriculture biologique", dans un contexte qu’elle décrit comme celui d’une nécessaire évolution du modèle agricole.


