"Productivité et compétitivité": les mots clés d'Annie Genevard pour un "grand réveil alimentaire"

Publié le 24/02/2026 - 10:00
Mis à jour le 24/02/2026 - 09:31

Dans une France agricole guettée par le déclin, la ministre de l'Agriculture a appelé lundi à relancer productivité et compétitivité, piliers du "grand réveil alimentaire" lancé en décembre au nom de la souveraineté.

 © Hélène Loget
© Hélène Loget

"Pour que ce salon marque le début du grand sursaut agricole, le chantier majeur est celui de la productivité et de la compétitivité", a lancé Annie Genevard, s'interrogeant par ailleurs sur l'avenir des petites fermes en inaugurant le stand du ministère au Salon de l'agriculture. La ministre a insisté sur l'importance de la future Loi d'urgence agricole dans un calendrier serré : "Je veux que ce texte aille au bout avant 2027. (...) Entre les campagnes municipales et sénatoriales, il reste, en tout et pour tout, quatre mois au maximum disponibles pour faire prospérer des textes avant les élections", a-t-elle souligné.

"Le texte agricole est inscrit (au Parlement, NDLR), contrairement à beaucoup d'autres, car le gouvernement en fait une priorité", a-t-elle assuré. Annoncé en pleine mobilisation agricole, pour le troisième hiver consécutif, ce projet de loi portant sur les questions de l'eau, de la prédation des bêtes par le loup et des moyens de production est en cours d'élaboration et devrait être présenté en mars pour un examen cet été.

Rappelant qu'en 2025, "pour la première fois depuis 1970, la balance commerciale agroalimentaire de la France a frôlé le zéro", Mme Genevard a vanté une agriculture retrouvant sa puissance par ses volumes de production et ses exportations, fustigeant de nouveau les "apprentis sorciers de la décroissance" qui "nous expliquent avec une tranquille assurance qu'il faudrait produire moins pour produire mieux".

Alors que le président Emmanuel Macron a donné samedi trois axes politiques pour la ferme française: "produire, préserver, protéger", la ministre LR n'a jamais abordé la question de l'environnement - le mot n'est pas prononcé une seule fois - et de la protection de la biodiversité.

"Taille critique"

Elle a axé son propos sur le réarmement de l'agriculture face à une concurrence mondiale accrue, y compris au sein de l'Europe, déplorant que la France importe aujourd'hui 40% du fromage qu'elle consomme. Pour défendre la compétitivité, la ministre a rappelé l'engagement de l'exécutif à défendre un budget agricole européen puissant et à combattre toute "concurrence déloyale" dans les échanges commerciaux.

Elle a listé les mesures déjà prises en France: "abaissement de charges d'un demi-milliard d'euros", "mouvement de simplification administrative avec le contrôle unique" des fermes, une "première levée d'entraves avec la loi Duplomb-Menonville", "l'autorisation de l'utilisation de drones en agriculture" et un "investissement dans la recherche et l'innovation".

Alors qu'approche la campagne présidentielle, "la mère des batailles", Mme Genevard attend des débats guidés par trois mots d'ordre: "production, ré-industrialisation, compétitivité" auxquels s'ajoute "la question du revenu".

Dans cette perspective, elle a invité à s'interroger sur "la taille critique" des exploitations en France: "Les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, (...) peuvent-elle toujours tenir la cadence face à des exploitations, roumaines, polonaises ou même allemandes?", a-t-elle demandé.

En France, la taille des exploitations était en 2020 de 69 hectares en moyenne, avec une tendance marquée à l'agrandissement, encore loin des gigantesques surfaces des fermes céréalières ukrainiennes ou américaines.

Sur la taille des exploitations, le président de la FNSEA, premier syndicat agricole, a relevé cette "nouveauté" dans le discours ministériel, trouvant "assez courageux qu'on se pose la question". Pour le reste, a ajouté Arnaud Rousseau, "on partage le diagnostic". La ministre est "assez volontariste dans le discours. Le sujet aujourd'hui, c'est comment elle décline le discours", a-t-il ajouté.

Outre des représentants de la FNSEA, ceux de son allié des Jeunes agriculteurs ont assisté au discours de la ministre, en revanche boudé par les deux autres grands syndicats, la Coordination rurale et la Confédération paysanne.

(Source AFP)

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