Me Garen Ucari, l'avocat du père d'une des victimes décédées réclamait le désistement des magistrates du fait de "l'existence d'un nombre inédit de graves manquements et de graves erreurs (...) dans la conduite de la procédure". La chambre pénale du tribunal cantonal du canton du Valais, par arrêt du 8 avril, a toutefois "rejeté" la demande de récusation, a indiqué le tribunal dans un communiqué.
La chambre pénale "n'a notamment pas constaté, selon les critères posés par la jurisprudence, d'erreurs particulièrement lourdes ou répétées du Ministère public, constitutives de violations graves des devoirs des magistrats, qui dénoteraient une apparence objective de prévention des procureures visées", a-t-il ajouté. "On ne peut qu'être frappés par la totale absence d'autocritique de la justice valaisanne qui se délivre ainsi un brevet d'autosatisfaction", a réagi auprès de l'AFP Me Ucari, indiquant que son client, qui a pris connaissance "avec une profonde déception" de la décision rendue, entend déposer un recours devant le tribunal fédéral suisse.
Me Romain Jordan, un autre avocat des parties civiles, a en revanche indiqué à l'AFP que la décision du tribunal constituait "une bonne nouvelle, car elle permet à la procédure de continuer d'avancer".
En écho aux critiques de plusieurs avocats et proches de victimes depuis le début de l'affaire, Me Ucari avait notamment pointé l'absence de mesures "visant à pallier un risque de collusion", notamment la privation de liberté du couple de Français propriétaire du bar, le couple Moretti, dès le début des investigations. Il avait également regretté que les magistrates aient tardé à effectuer des "perquisitions de locaux et des séquestres de documents", d'enregistrements et de téléphones portables.
Selon lui, ces "erreurs ont conduit notamment à la disparition ou à la pollution potentielle de moyens de preuve, en particulier ceux à charge, à la favorisation objective des prévenus et à la violation des droits des parties plaignantes". Outre le couple Moretti, sept autres personnes, dont le président de la commune, ont été placées sous investigation pénale, pour "incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence".
L'enquête doit lever le voile sur les circonstances exactes de l'incendie, le respect des normes de sécurité par les propriétaires et les différentes responsabilités, la commune ayant reconnu l'absence de contrôles incendie dans le bar depuis 2019 alors qu'ils doivent être effectués tous les ans.
(AFP)


