La vocation de ces rencontres est de mettre autour de la même table élus, associations de commerçants, partenaires et experts afin de confronter les expériences et de faire émerger des pistes d’action. Pour cette 15e édition, la FNCV a choisi un nouveau format destiné à multiplier les échanges. La journée a notamment proposé des ateliers consacrés à l’urbanisme éphémère, aux nouveaux concepts marchands, à la digitalisation et à l’intelligence artificielle, mais aussi à l’attractivité commerciale et territoriale.
Un jeu immersif baptisé ”Retail City” a également permis aux participants d’aborder les problématiques du commerce et de la ville sous une forme ludique. Parmi les autres temps forts figurait une conférence de David Lestoux intitulée ”La décennie la plus favorable aux centres-villes ! Ou comment les transformations offrent des opportunités pour demain !”. L’objectif était de décrypter les évolutions du commerce et d’identifier des pistes concrètes pour les acteurs locaux.
”Au-delà des problèmes, il faut aussi chercher des solutions”
Directrice de l’Office du commerce et de l’artisanat de Besançon et co-présidente de la Fédération nationale des centres-villes, Julie Poète a insisté sur la vocation première de ces rencontres : ”Ces rencontres se veulent un moment d'échange et de partage entre associations de commerçants.”
Si chaque collectivité connaît des problématiques particulières, les échanges doivent permettre de comparer les expériences et d’identifier les initiatives transposables d’un territoire à l’autre parce qu'”au-delà des problèmes, il faut aussi chercher des solutions", ajoute-t-elle.
Cette volonté se traduit notamment par la création, pour cette édition, d’un espace consacré aux partenaires. Les participants ont pu y découvrir des solutions concernant notamment les illuminations, l’animation, les chèques cadeaux ou encore les dispositifs de fidélisation.

Faire revenir les clients dans les centres-villes
Pour Julie Poète, l’enjeu ne se limite toutefois pas à la concurrence du commerce en ligne. L’animation et l’expérience proposée dans les centres-villes constituent également des leviers pour maintenir leur fréquentation.
”On sait aussi qu'un centre-ville vivant avec des animations, c'est un centre-ville qui attire et qui donne envie de venir", souligne-t-elle en citant notamment les animations, la sonorisation, la décoration, les chèques cadeaux et les dispositifs de fidélisation parmi les outils pouvant contribuer à attirer les consommateurs dans les commerces, et ”remettre de l'humain dans l'acte marchand, c'est aussi notre travail aujourd'hui en tant qu'association de commerçants.”
La responsable de l’OCAB rappelle également que les difficultés rencontrées par les commerces ne peuvent être réduites à la seule concurrence d’Internet. L’évolution des habitudes de consommation, le pouvoir d’achat ou encore les coûts liés aux déplacements participent également aux transformations du secteur. À Besançon, l’OCAB organise notamment cinq ”samedis piétons” chaque année, ainsi que les Instants gourmands fin août et différentes opérations liées aux chèques cadeaux avec l’objectif est de maintenir un calendrier d’animations tout au long de l’année.
Une Fédération qui veut fonctionner davantage en collectif
La rencontre de Besançon intervient également dans une période de réorganisation pour la Fédération nationale des centres-villes. Dans leur discours, Julie Poète et Sophie Julien, toutes deux co-présidentes, ont présenté les contours de cette nouvelle organisation. Julie Poète a rappelé l’histoire de la structure, créée à partir des Vitrines de Nancy en 1991 par Jean-Pierre Lehmann, avant la création, deux ans plus tard, de la Fédération nationale des centres-villes – Les Vitrines de France.
La fédération représente aujourd’hui plus de 700 villes. Après plusieurs évolutions de gouvernance, ses responsables ont souhaité revoir son organisation. Le choix a ainsi été fait d’une présidence collégiale, avec plusieurs co-présidents et une répartition des responsabilités. La Fédération doit également s’appuyer sur une nouvelle organisation opérationnelle, désormais installée à Mulhouse.
Sophie Julien a détaillé cette nouvelle approche devant les participants. Elle a notamment insisté sur la diversité des villes représentées au sein de la gouvernance, de Morteau à Rouen, en passant par Guéret, Nancy, Besançon et Strasbourg. ”Ce sont des villes très différentes, des moyens différents, des équipes différentes et des réalités différentes, mais surtout des défis communs”, a-t-elle souligné.
Pour la co-présidente, l’expérience de terrain doit constituer le socle de l’action de la Fédération : ”Notre ambition tient en une phrase : nous voulons une fédération qui ne soit pas seulement à vos côtés dans les discours, mais surtout dans l'action.”
Besançon, ”plus gros centre commercial à ciel ouvert”
En ouverture de la rencontre, Ludovic Fagaut, maire de Besançon, a présenté les principaux enjeux auxquels est confronté le centre-ville bisontin décrit comme un espace commercial majeur : ”C'est notre plus gros centre commercial à ciel ouvert et donc, charge à nous de pouvoir le faire vivre et de pouvoir l'animer et de pouvoir le développer.”
Pour l’élu, la dynamique commerciale ne repose pas uniquement sur les commerçants et leurs associations. Elle dépend également des politiques publiques menées dans différents domaines, "des politiques publiques fortes qui font que le cœur de ville retrouve en tout cas l'identité qui doit être la sienne”, a-t-il souligné. Sécurité, animation, accessibilité, communication et mobilités font, selon lui, partie des leviers à prendre en compte pour accompagner l’activité commerciale.
Le maire a également évoqué la présence de près de 1 000 vitrines dans le cœur de ville de Besançon, tout en reconnaissant l’existence d’une vacance commerciale.

Animation, événements et mobilités
Ludovic Fagaut a par ailleurs cité plusieurs événements organisés récemment à Besançon, dont le festival littéraire Livres dans la Boucle, qui s'est déroulé ce week-end, et le Festival international de musique qui s'est tenu pendant ces 15 derniers jours, afin d’illustrer le rôle que peuvent jouer les manifestations dans l’animation du centre-ville. Il a également insisté sur la nécessité de réfléchir aux différents modes d’accès au centre-ville : ”Il n'y a pas que la voiture, il y a aussi toutes les mobilités douces aussi, qui sont à prendre en compte.”
Pour le maire, l’enjeu consiste à coordonner les différentes politiques publiques et les initiatives des acteurs économiques. Selon lui, "il ne faut pas baisser les bras, il faut continuer vraiment à être acteurs, volontaristes en tant que tels, vous, associations, et nous, politiques publiques, pour pouvoir, ensemble, créer ces synergies.”
Une journée tournée vers l’action
Au-delà des conférences et des ateliers, cette 15e Rencontre des Vitrines de France entend donc favoriser les contacts directs entre les acteurs des centres-villes. Pour la FNCV, l’enjeu est désormais de faire passer les échanges à l’étape suivante : celle de la mise en œuvre locale.
À Besançon, cette journée aura ainsi permis de réunir des acteurs issus de territoires et de configurations différentes autour de problématiques communes : évolution des habitudes de consommation, concurrence du commerce en ligne, animation, attractivité, digitalisation, accessibilité et renouvellement des pratiques commerciales.


