Les enfants restent la priorité des budgets familiaux, même lorsque les ressources diminuent. En 2026, 96 % des parents affirment que les dépenses qui leur sont consacrées passent avant les leurs et 92 % considèrent qu’elles sont une source de plaisir, mais cette priorité a un coût : 75 % estiment que le budget dédié à leurs enfants est élevé compte tenu de leur niveau de vie.
Comme le souligne l'étude, ”les dépenses qui leur sont dévolues sont une priorité”. Une priorité qui oblige les familles à revoir leurs habitudes et à mobiliser toujours davantage leurs ressources.
Travailler plus et sacrifier son temps personnel
Pour faire face aux dépenses, les parents cherchent d'abord à augmenter leurs revenus. La moitié des parents de la région ont déjà adopté des stratégies pour accroître leur niveau de revenus en modulant leur disponibilité professionnelle.
Un tiers ont effectué des heures supplémentaires, deux sur dix ont cumulé une autre activité rémunérée et un tiers ont augmenté leur temps de travail. Les jeunes parents de 18 à 29 ans sont particulièrement concernés par ces stratégies.
Mais les efforts dépassent le cadre professionnel. Pour limiter les frais de garde, sept parents sur dix ont réduit leur temps personnel afin d'éviter des dépenses. Cinq sur dix ont aménagé leur vie professionnelle pour être plus disponibles auprès de leurs enfants. Deux sur dix ont même arrêté ou réduit leur activité.
L'enquête résume une réalité : ”Face aux besoins de leurs enfants, les parents mobilisent leurs propres ressources. Ils transforment leur temps libre en temps rémunérateur.”
Épargne, promotions et renoncements
Les familles multiplient également les solutions pour préserver leur budget. Huit parents sur dix recherchent les promotions et les meilleurs prix. Six sur dix achètent des produits de seconde main, tandis que la moitié revendent des objets dont ils ne se servent plus.
L'épargne constitue une autre ressource essentielle : la moitié des parents puisent dans leurs économies pour financer les dépenses familiales. Mais cette solution fragilise leur capacité à anticiper l'avenir. ”Aussi, la moitié des parents déclarent ne pas pouvoir préparer l’avenir de leurs enfants”, souligne l'étude.
Un quart des familles ont également recours au crédit et/ou au découvert bancaire pour étaler leurs dépenses.
Malgré ces efforts, les arbitrages se transforment souvent en privations. Quatre parents sur dix se résignent à acheter des produits moins chers et de qualité moindre. Surtout, 47 % des parents de la région renoncent à l’achat de biens ou services qui leur seraient utiles pour limiter leurs dépenses, contre 37 % au niveau national.
Les besoins essentiels de plus en plus difficiles à financer
C'est l'un des enseignements les plus préoccupants de l'enquête : entre 2024 et 2026, la situation financière des familles s'est nettement dégradée.
En 2024, 10 % des parents déclaraient ne pas pouvoir répondre aux besoins essentiels de leurs enfants. Ils sont désormais 25 %. Dans le même temps, la proportion de parents incapables de financer des cadeaux ou des sorties est passée de 29 % à 39 %.
Au total, un tiers des familles avec enfants connaissent des difficultés financières marquées. Dix pour cent ne parviennent pas à s'en sortir sans faire de dettes et 22 % y arrivent difficilement. Seuls 35 % disposent d'une situation financière jugée aisée.
Le contexte économique régional contribue à cette dégradation, entre inflation persistante, hausse des dépenses énergétiques et ralentissement de l'activité économique. L'Insee relève notamment une baisse de l'emploi salarié et une progression du chômage depuis 2024.
L'adolescence et l'entrée dans la vie adulte, des périodes coûteuses
Le poids financier des enfants augmente globalement avec leur âge. Ainsi, 51 % des parents estiment que les dépenses sont élevées avant trois ans, 68 % entre 6 et 13 ans et 81 % entre 14 et 17 ans. La proportion atteint encore 75 % pour les 18-19 ans.
Trois périodes sont particulièrement sensibles : la petite enfance, citée par 34 % des parents comme la tranche d'âge la plus coûteuse, l'adolescence (27 %) et l'entrée dans l'âge adulte (26 %).
Les frais de garde pèsent sur les premières années, tandis que les besoins se diversifient ensuite. Les études supérieures et les déplacements vers les pôles universitaires peuvent également prolonger la dépendance financière des jeunes adultes, particulièrement dans une région où une partie importante de la population vit en milieu rural ou périurbain.
Un soutien public jugé insuffisant
Face à ces difficultés, les parents expriment également leurs attentes envers les pouvoirs publics. La moitié estiment que le soutien de l'État aux familles avec enfants à charge est insuffisant.
Sept parents sur dix jugent insuffisante la prise en compte des dépenses liées aux enfants dans le calcul de l'impôt et l'attribution des aides publiques. Dans les mêmes proportions, ils considèrent les démarches administratives pour accéder aux prestations sociales trop lourdes. Six sur dix estiment par ailleurs que les services destinés à accompagner les familles ne sont pas abordables.
La conciliation entre vie professionnelle et vie familiale reste également problématique : sept parents sur dix rencontrent des difficultés dans ce domaine au moins une fois par mois.
L'enquête se termine sur un indicateur révélateur des limites financières atteintes par les familles : ”Au regard de leurs efforts et de leurs responsabilités, les 2/3 des parents n’auraient, toute chose égale par ailleurs, pas le budget pour avoir un enfant de plus.”
Derrière les chiffres, le constat est celui de familles qui continuent de placer leurs enfants au premier plan, mais dont les efforts ne suffisent plus toujours à préserver leurs conditions de vie. Comme le résume l'étude, ”des arbitrages budgétaires jusqu’à des renoncements s’imposent à la moitié des parents de la région”.
Méthodologie
Réalisée par Opinion Way pour l’Observatoire des Familles Unaf-Udaf-Uraf entre le 29 janvier et le 19 février 2026, cette enquête s’adresse à des parents avec au moins un enfant de moins de 20 ans résidant au sein du foyer. Elle comprend 2583 retours au niveau national et 232 pour la région Bourgogne-Franche-Comté. L’échantillon est constitué selon la méthode des quotas au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socio-professionnelle, du nombre d’enfants et du département d’habitation. Certaines données ne sont pas disponibles au niveau régional compte tenu d’effectifs trop réduits dans les sous-populations. L’échantillon a été interrogé en ligne. L’analyse qui nous a été présentée est réalisée par l’Observatoire de la famille de Bourgogne-Franche-Comté.
Observatoire de la famille
Service d’études des Unions Départementales et Régionale des Associations Familiales de Bourgogne-Franche-Comté (Udaf/Uraf) dont la mission générale est de développer des outils de connaissances et d’informations sur la vie de l’ensemble des familles de la région.


