Il est invisible, inodore et pourtant bien présent dans certains logements. Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle, issu de la désintégration de l’uranium contenu dans certaines roches. En France, il constitue la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac, avec environ 3 000 décès chaque année, selon les données communiquées par Atmo Bourgogne-Franche-Comté.
Un risque sanitaire d’autant moins perceptible que les habitants peuvent y être exposés sans le savoir. ”Nous passons plus de 80 % de notre temps dans des espaces clos où se concentrent divers polluants, dont le radon”, rappelle l’organisme régional de surveillance de la qualité de l’air.
Un gaz qui s’infiltre dans les habitations
Présent dans le sous-sol, le radon peut pénétrer dans les bâtiments par différentes voies : fissures dans les fondations, passages de canalisations ou encore sous-sols insuffisamment ventilés. Sa concentration varie notamment selon la nature géologique du terrain, l’étanchéité du bâtiment et la qualité de sa ventilation.
Certaines régions françaises sont davantage concernées en raison de leur sous-sol granitique, volcanique ou riche en uranium. C’est notamment le cas du Massif central, du Limousin, de la Corse, de la Bretagne et du massif des Vosges. La Bourgogne-Franche-Comté figure également parmi les territoires où des concentrations importantes peuvent être observées.
Pour connaître le potentiel radon de sa commune, les habitants peuvent consulter la carte mise à disposition par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), à l'adresse : recherche-expertise.asnr.fr/savoir-comprendre/environnement/connaitre-potentiel-radon-ma-commune.
Le réseau Éclaireurs mobilisé dans la région
Face à cet enjeu de santé publique, plusieurs acteurs régionaux se mobilisent. En Bourgogne-Franche-Comté, le réseau Éclaireurs rassemble des collectivités, des professionnels et différents acteurs locaux engagés dans la prévention du risque radon et l'amélioration de la qualité de l'air intérieur.
Ce collectif a notamment pour objectif de favoriser le partage des connaissances, de sensibiliser le grand public et d'accompagner les professionnels et les collectivités dans leurs démarches de prévention.
Aérer, mesurer et agir si nécessaire
La réduction de l'exposition au radon repose sur plusieurs mesures accessibles aux particuliers. Atmo Bourgogne-Franche-Comté recommande en premier lieu d'aérer quotidiennement son logement et de veiller au bon entretien des systèmes de ventilation.
La mesure de la concentration en radon à domicile constitue également une étape importante, particulièrement dans les communes présentant un potentiel élevé. Si les résultats révèlent une concentration excessive, des travaux peuvent être nécessaires : amélioration de l'étanchéité entre le sol et le bâtiment, ventilation des sous-sols ou renforcement du renouvellement de l'air.
Le seuil de 300 becquerels par mètre cube (Bq/m³) constitue un repère pour engager des actions correctives. Atmo BFC préconise alors de mettre en œuvre des mesures adaptées et d'en vérifier l'efficacité. ”Limiter le radon, c’est aussi améliorer la qualité de l’air intérieur et le confort énergétique de son logement”, souligne l'organisme.
Un risque également pris en compte dans les bâtiments
La surveillance du radon ne concerne pas uniquement les habitations privées. Le gaz fait déjà l'objet de contrôles dans certains lieux de travail et établissements recevant du public. Il figure également parmi les risques à prendre en compte lors de l'acquisition d'un bien immobilier, au même titre que d'autres risques environnementaux, comme les inondations.


