La colère des "Alsthommes" avant la "grande" mobilisation jeudi

Publié le 14/09/2016 - 11:28
Mis à jour le 12/04/2019 - 13:42

Presque une semaine après le « coup de marteau », avec l’annonce par la direction d’Alstom de transférer l’activité du site belfortain vers le site bas-rhinois de Reichshoffen d’ici à 2018, l’usine qui fabrique les motrices de trains à grande vitesse tourne au ralenti.
Les prochains rendez-vous : 

 ©
©

témoignages

Les syndicats ont appelé les salariés à "lever le pied" et à ne "plus mettre la main dans le cambouis", sans toutefois lancer d'appel à la grève. "Il n'est pas question de se remettre au travail, il n'est pas question de faire comme si de rien n'était", explique Olivier Kohler à ses camarades. Le syndicaliste peine à convaincre ses camarades avant de leur lancer un vibrant appel, au nom des quatre organisations syndicales d'Alstom Belfort, "à se mobiliser" jeudi dans les rues, suscitant des applaudissements nourris de ses collègues.

"Faire peur à la direction"

Ils sont "prêts à "se battre" et croient "encore possible" un maintien du site d'Alstom à Belfort: la colère monte chez les "Alsthommes" - les quelque 400 salariés de l'usine - qui promettent une grande mobilisation jeudi. "Aujourd'hui, c'est la remise en cause de notre avenir. Et les Alsthommes, on ne va pas se laisser bouffer !", lance Olivier Kohler, délégué CFDT d'Alstom Belfort, devant quelque 300 salariés réunis mardi en AG dans la cour.

"Jeudi, il faut qu'on fasse peur à la direction (...) Il faut que Henri Poupart-Lafarge (PDG d'Alstom), dans son bureau, entende un peu ce qu'il se passe ici", martèle le syndicaliste qui promet de donner "des frissons aux Belfortains". Il faudra montrer que les "Alsthommes sont présents, et que les Alsthommes sont là pour se battre !"

Manifestation jeudi 15 septembre "Pour Alstom"

 Jeudi, la manifestation prévue à Belfort contre la loi Travail, dans le cadre d'un appel national des syndicats, a été transformée en manifestation de mobilisation "pour Alstom". Reçu lundi et mardi à Bercy et par la direction d'Alstom, le député-maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, s'est déclaré "profondément choqué" par un message du PDG d'Alstom adressé mardi aux salariés du site. Dans ce message, il estimait "impossible" de maintenir à Belfort une activité industrielle. 

"On s'y attendait. Mais on va se battre, même si on perd tout. Eux (la direction, NDLR) ne gagneront rien", promet un salarié. Pour William, chaudronnier-soudeur à Alstom Belfort depuis 39 ans, partir travailler en Alsace n'est pas envisageable. "Ca fait vraiment loin", dit-il. "Malheureusement, c'est toujours le même discours. (La direction) nous parle de Reichshoffen, c'est tout", explique ce salarié, qui a rencontré le directeur du site belfortain, Alain Courau, hué après en prenant la parole, avant de rencontrer des salariés dans les ateliers.

"Bien sûr qu'on a envie de se battre, c'est quand même un site historique. On ne va quand même pas laisser tomber tous les anciens venus travailler ici. Il y a une mémoire, les murs sont imprégnés de (leur) sueur", explique cet homme pour qui Alstom est aussi une histoire de famille: deux de ses frères ayant été "des Alsthommes".

Le maire belfortain tiendra un conseil municipal extraordinaire sur Alstom mercredi et a appelé mardi à une opération "ville-morte" le 24 septembre. De son côté, la présidente PS du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay (PS), a dit à l'issue de sa rencontre à Paris avec le PDG d'Alstom, en compagnie d'autres élus franc-comtois: "Maintenant il faut laisser du temps au temps pour la négociation (...) Ce n'est pas en 48 heures qu'on aura une réponse. Nous gardons une vigilance extrême et nous avons dit au PDG que nous ferons tout pour empêcher la fermeture du site."

(Avec AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

alstom belfort

Le syndicat FO Alstom s’inquiète de l’avenir du site dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron

Le syndicat central FO Alstom exprime ses inquiétudes sur l’avenir d’Alstom depuis son mariage ferroviaire avec Siemens dans une lettre ouverte au président de la République. Depuis le 27 septembre 2017,  Siemens est entré au capital d’Alstom à hauteur de 50 % dans le cadre d’un rapprochement « entre égaux ». L’État français n’est pas actionnaire du groupe. 

Le plan de sauvetage d’Alstom Transport confirmé par Bruno Le Maire

Suite à une rencontre avec les élus locaux et le préfet du Territoire de Belfort ce vendredi 4 août à Bercy, le ministre de l’Économie a déclaré qu’au-delà du plan de sauvetage, il était nécessaire de réfléchir à des mesures à plus long terme pour définir une véritable stratégie industrielle pour le groupe Alstom.

La SNCF confirme la commande de 15 TGV à Alstom

Le conseil d’administration de SNCF Mobilités a approuvé ce jeudi 23 février 2017  la commande au constructeur Alstom de 15 rames TGV, annoncée en octobre par le gouvernement pour sauver le site de Belfort, a indiqué la SNCF

Alstom : des élus demandent à François Hollande “d’user de toute son influence pour déclencher les commandes”

Dans une lettre ouverte datant de ce mardi 21 février 2017 au président de la République François Hollande, quatre élus du Territoire de Belfort lui demandent de « rassurer » les salariés d’Alstom en usant « de toute son influence pour déclencher » les commandes citées dans le plan de sauvetage de l’État. Une lettre qui prépare la visite du président à l’usine de Belfort ce mercredi 22 février.

Economie

Okaïdi sollicite son placement en redressement judiciaire : 14 magasins concernés en Bourgogne Franche-Comté

Le groupe IDKIDS, propriétaire notamment de la marque de vêtements pour enfants Okaïdi, a annoncé mardi 27 janveir 2026 demander l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire pour ses activités en France. Le groupe y emploie environ 2.000 salariés. Quatorze magasins sont implantés en Bourgogne Franche-Comté.

Joël Baud au Sénat avec Pierre Hermé pour défendre les savoirs-faire pâtissiers français

Afin d’appuyer le dossier de candidature de reconnaissance des savoir-faire de la pâtisserie française à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, le pâtissier bisontin Joël Baud ira au Sénat ce mardi 27 janvier 2026. Il accompagnera le chef pâtissier-chocolatier Français Pierre Hermé. 

Un nouveau souffle pour le logement : un statut de bailleur privé ou “Dispositif Jeanbrun” prometteur

Le gouvernement confirme son engagement en faveur de la relance du secteur du logement avec l'introduction d'un nouveau statut pour les bailleurs privés. Ce dispositif, prévu pour entrer en vigueur dès la publication de la loi de finances 2026, représente un signal fort et positif pour les investisseurs particuliers et le marché immobilier.

“Tournerie et Tabletterie du Massif du Jura” : une nouvelle indication géographique industrielle et artisanale

La "Tournerie et tabletterie du massif du Jura" devient la 25e Indication Géographique Industrielle et artisanale. Elle a été officiellement homologuée par l’Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI) le 28 novembre dernier. Le lancement officiel a été effectué le 23 janvier 2026 à Moirans-en-Montagne dans le Jura.

France 2030 : une réunion du comité départemental de suivi pour faire le point sur le déploiement du programme en Haute-Saône

Le 20 janvier 2026, le comité départemental de suivi France 2030 s’est réuni, à la préfecture de la Haute-Saône, sous la présidence du secrétaire général adjoint, sous-préfet chargé de mission. Cette réunion a permis de faire le point sur le déploiement du programme France 2030 dans le département.

Quand les lunettes “made in Jura” d’Emmanuel Macron à Davos reflètent la rébellion à Trump

Si le Premier ministre canadien Mark Carney a reçu une standing ovation à Davos pour son discours contre Donald Trump, Emmanuel Macron a incarné la contre-offensive face au président américain, symbolisée à son corps défendant par ses lunettes de soleil fabriquées par la maison Henry Jullien basée à Lons-le-Saunier dans le Jura.

Emplois municipaux à Besançon : 600 emplois permanents créés depuis 2020

À la veille du conseil municipal de ce jeudi 22 janvier, la maire de Besançon Anne Vignot a tenu une conférence de presse mercredi entourée de plusieurs élues, pour présenter la liste des emplois permanents au 1er janvier 2026 et dresser un bilan des créations d’emplois en 2025. Un sujet régulièrement débattu au sein de l’assemblée municipale, notamment autour de la masse salariale.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
Infos pratiques

Sondage

 2.66
pluie modérée
le 28/01 à 21h00
Vent
0.22 m/s
Pression
996 hPa
Humidité
93 %