L'acteur et réalisateur jurassien Jean-François Stévenin est décédé

Publié le 28/07/2021 - 16:02
Mis à jour le 28/07/2021 - 15:48

Il avait commencé sa carrière chez Rivette et Truffaut avant de devenir un second rôle prisé du cinéma français puis un réalisateur culte en seulement trois films célébrés par les cinéphiles : Jean-François Stevenin, né à Lons-le-Saunier, vient de mourir à 77 ans.

Jean-François Stévenin © DR/Un si grand soleil-Facebook
Jean-François Stévenin © DR/Un si grand soleil-Facebook

"Il est décédé (mardi) à l'hôpital à Neuilly, il s'est bien battu", a annoncé à l'AFP dans la nuit de mardi à mercredi son fils Sagamore Stévenin, également comédien.

Réalisateur de trois films considérés comme culte ("Passe montagne", "Double messieurs" et "Mischka"), Jean-François Stévenin est un acteur prolifique vu dans des films aussi éclectiques que "L'argent de poche" de François Truffaut --il est l'instituteur, Monsieur Richet--, "Une chambre en ville" de Jacques Demy ou "Le pacte des loups" de Christophe Gans.

Né dans le Jura en 1944, cet ancien étudiant à HEC, au parcours romanesque et buissonnier, découvre les plateaux de cinéma lors d'un stage à Cuba sur la production laitière. "Je ne savais rien faire, mais j'ai appris à parler espagnol très vite, et je me suis fondu dans l'équipe. Incognito", racontait-il.

En 1968, il devient assistant d'Alain Cavalier sur le tournage de "La Chamade". "Pendant dix ans, j'étais assistant, je n'avais jamais pensé à jouer. () Et dans +Out One+, de Jacques Rivette, où Juliet Berto avait dit: +C'est drôle, l'assistant ressemble à Brando, pourquoi il ne jouerait pas Marlon?+ La scène a été gardée au montage", se souvenait-il en 2000 pour Libération.

Son visage rond et ses yeux bleus perçants font rapidement de lui une figure familière du cinéma français.

"Profonde humanité"

Dans les années 1980, il tourne sous la direction de Jean-Luc Godard ("Passion"), Bertrand Blier ("Notre histoire") et Catherine Breillat ("36 Fillette"). Puis viendront les films plus populaires comme "Le Pacte des loups" (2001), où il joue avec Vincent Cassel et Samuel Le Bihan ou encore "L'Homme du train" (2002) réalisé par Patrice Leconte.

Son travail de cinéaste lui vaudra en 2018 un prix Jean-Vigo d'honneur qui lui a été remis par Agnès Varda. Cette récompense distingue l'indépendance d'esprit, la qualité et l'originalité. Car ses trois films sont "hors normes", qualifiés de "baroquerie à la française, uniques en leur genre" par l'hebdomadaire culturel Télérama. "Un second rôle au tempérament ardent, mais aussi réalisateur de trois superbes longs-métrages", souligne mercredi le Centre national du cinéma sur son compte Twitter.

"Passe Montagne" (1978) donne l'un de ses meilleurs rôles à Jacques Villeret et suit la rencontre entre un architecte tombé en panne et d'un garagiste, au fin fond du Jura. "Double Messieurs" (1985) retrace la vadrouille de deux hommes, amis d'enfance, à la recherche de celui qui était leur souffre-douleur lorsqu'ils étaient enfants. Et "Mischka" (2002) met en scène la rencontre entre un grand-père abandonné par sa famille en bord d'autoroute et un infirmier dans un hospice.

Ses films, où la nature est très présente, sont marqués par le cinéma de Cassavetes. Comme le cinéaste américain, il aime à filmer ses proches, dont ses enfants. Il en a quatre, tous acteurs : Sagamore, Robinson, Salomé et Pierre.

Son dernier film, "Illusions perdues" de Xavier Giannoli, adapté de Balzac, doit être présenté à la rentrée au festival de Venise. Il avait également joué dans le feuilleton quotidien "Un si grand soleil" de France 2, depuis l'automne.

L'équipe lui a d'ailleurs rendu hommage sur le compte Facebook du feuilleton. "Un grand monsieur qui nous aura tous marqués par son talent mais encore plus par sa profonde humanité".

L'hommage de Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne Franche-Comté

"C’était un acteur et un réalisateur tout à fait singulier. Avec Jean-François Stévenin, c’est toute une page du cinéma français qui disparaît, ainsi qu’un réel amoureux de son Jura natal.

S’il avait abordé le cinéma en autodidacte passionné, Jean-François Stévenin s’était vite imposé, d’abord comme assistant réalisateur puis comme acteur, auprès des plus grands réalisateurs. Les cinéphiles l’avaient découvert à travers le cinéma d’auteur : Alain Cavalier, Jacques Rozier, Jacques Rivette, François Truffaut, parmi bien d’autres… Mais il était aussi un acteur très populaire, dont les yeux pétillants étaient reconnaissables entre tous. Jean-François Stévenin était en outre un réalisateur particulièrement reconnu.

Dès son premier film, Passe montagne, il avait su transmettre une forme d’intimité sensible avec la nature jurassienne de son enfance. Surtout, en faisant jouer et en dirigeant des acteurs non professionnels, il avait su exprimer l’extraordinaire empathie qui l’animait, notamment à l’égard des plus modestes, des plus humbles. Car, passionné de cinéma – une passion qu’il avait su transmettre à ses enfants –, Stévenin était peut-être d’abord un passionné d’humanité, qui portait un regard à la fois aiguisé et bienveillant sur ses semblables.

Je veux aujourd’hui transmettre mes condoléances très sincères et profondes à sa famille, à ses proches, et plus largement à ses admiratrices et admirateurs, que je sais très nombreux."

(Avec AFP)

Culture

“Le Désespéré” de Courbet vendu à l’étranger : l’État impuissant ?

Dans un communiqué daté du 20 avril 2026, le sénateur du Doubs, Jean-François Longeot, président de la Commission de l’Aménagement du Territoire et du Développement Durable, revient sur l’acquisition de l’œuvre Le Désespéré de Gustave Courbet par Qatar Museums. Saisi de cette situation, l’élu a interrogé la ministre de la Culture afin de comprendre les conditions dans lesquelles cette œuvre majeure a quitté le territoire français.

Deux artistes de Besançon à l’honneur à la Maison de la Bourgogne Franche-Comté à Mayence

À Haus Burgund, à Mayence, sept artistes issus de cinq écoles d’art et de design de Bourgogne-Franche-Comté présentent l’exposition Territoires croisés, Über die Grenzen, du 29 avril à fin août 2026. Ce projet met en lumière une diversité de pratiques contemporaines, allant de la peinture à la vidéo, en passant par la sculpture, la céramique ou encore l’édition. Deux artistes bisontin.es, anciennes étudiant.es de l’ISBA, seront mises à l’honneur : Jean(ne) Masson et Mathilde Noir.

L’institut Gustave Courbet célèbre les 50 ans de la donation du musée Gustave Courbet au Département du Doubs

Le 15 avril 1976, Robert Fernier, président de l’association des Amis de Gustave Courbet (aujourd’hui Institut Gustave Courbet) et Pierre Beziau, préfet de la Région Franche-Comté, préfet du Doubs, signaient l’acte de cession au département du Doubs du Musée Courbet, créé et inauguré en 1971 avec la donation des collections.

À Besançon, un futur festival dédié à Victor Hugo en quête de mécènes

À Besançon, un projet de festival consacré à Victor Hugo se prépare pour début 2027, mais sa concrétisation repose encore sur un appel au mécénat. À l’initiative de Mikaël Demenge, fondateur de la page Facebook ”Besançon j’aime ma ville” suivie par 34 000 abonnés, l’événement cherche activement des soutiens financiers.

La Bourgogne-Franche-Comté s’allie à l’Onda pour soutenir la diffusion du spectacle vivant

La Région Bourgogne-Franche-Comté a annoncé, dans un communiqué du 9 avril 2026, la signature prochaine d’un partenariat avec l’Office national de diffusion artistique (Onda). L’objectif est de soutenir la diffusion des œuvres régionales à l’échelle nationale et d’accompagner les évolutions du secteur du spectacle vivant.

Une nouvelle salle d’exposition permanente au musée comtois de la Citadelle

Situé au cœur de la Citadelle de Besançon, le Musée comtois, inaugure une nouvelle salle permanente consacrée aux migrations en Franche-Comté, a-t-on appris ce jeudi 9 avril 2026. Elle propose de découvrir une histoire souvent méconnue : celle d’une région façonnée depuis des siècles par les circulations, les départs et les arrivées de femmes et d’hommes venus d’horizons variés. À travers des objets, des archives, des photographies et des témoignages, ce nouvel espace "invite à mieux comprendre ces mobilités humaines et leurs impacts sur la société régionale", précise la Citadelle.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 17.18
ciel dégagé
le 23/04 à 12h00
Vent
5.35 m/s
Pression
1024 hPa
Humidité
42 %

Sondage