Légalisation du MMA : c'est finalement la fédération de boxe qui organisera les compétitions…

Publié le 06/02/2020 - 15:10
Mis à jour le 06/02/2020 - 15:52

Roxana Maracineanu, ministre des Sports, a annoncé le 21 janvier 2020 qu'elle souhaitait déléguer cette discipline à la Fédération française de boxe (FFB). À compter de septembre 2020, le local Boxe Club accueillera donc une section MMA. Voici les réactions au niveau local…

Le MMA (mixed martial arts) ou arts martiaux mixtes est une discipline dont les compétitions viennent d'être légalisées en France ce mois de janvier 2020. Le choix de la ministre est clair, c'est la fédération française de boxe qui organisera les compétitions et qui aura donc les licenciés. Et pourquoi ne pas avoir choisi la fédération française de lutte ?

"Le ministère a considéré que la boxe était la mieux structurée pour encadrer le MMA", Bertrand Amoussou.

"On savait que la lutte et la boxe avaient les meilleurs dossiers. La lutte est la discipline la plus proche sportivement, mais le ministère a considéré que la boxe était la mieux structurée pour encadrer le MMA",  explique Bertrand Amoussou, l'un des pionniers dans la discipline et président la Commission française de MMA.

De plus, "ils ont l'avantage d'avoir déjà une ligue pro et on peut imaginer des compétitions professionnelles de MMA rapidement", a-t-il plaidé. Sans compter que la Fédération de lutte (FFL) connaît des difficultés financières. Les autres candidats étaient le karaté, le kickboxing/muay-thaï, la savate-boxe française et la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT).

Au niveau local, quelles sont les réactions face à cette décision ?

Missionné en 2016 par le Premier ministre de l'époque (Manuel Valls), Jacques Grosperrin, sénateur du Doubs, avait remis un rapport prônant la reconnaissance progressive et l'encadrement du MMA. Il avait, dans ce cadre, rencontré Bertrand Amoussou.

Suite à la récente décision de la ministre, il s'insurge : "J'ai été surpris avec mon collègue Patrick Vignal (député) de ne pas avoir fait partie de la commission de choix. Nous avions demandé à en faire partie. On s'interroge donc sur ce choix, est-il tronqué ? Est-ce par défaut ? Où est-ce un choix parce qu'il y a un lobbying ? Parce que la fédération la plus à même à gérer ce sport et à la prendre sous son aile, c'était la fédération française de lutte. Je suis très déçu de cette décision qui est univoque. Elle ne correspond pas aux fondements et aux règles et à la philosophie de ce sport-là."

Pour Philippe Haag, président du local Boxe Club, mais aussi président du comité départemental du Doubs de Boxe anglaise et vice-président du comité régional de boxe anglaise de Bourgogne Franche-Comté, cette décision est une "aubaine". "Nous ne nous y attendions pas du tout. Nous nous réjouissons de pouvoir proposer du MMA à la rentrée 2020. Nous espérons monter en envergure sur Besançon. Nous avons d'ailleurs un projet de développement", explique-t-il en précisant que le nombre de licenciés en boxe anglaise (environ 300) pourrait doubler…

Du côté du CPBesançon Lutte, cette décision a suscité un grand étonnement : "Nous expliquons difficilement ce choix. Je suivais ce dossier tout particulièrement. Nous sommes très étonnés, car l'argument du ministère a été justifié par le fait que la fédération française de boxe était la seule fédération candidate qui présente une expérience dans le milieu professionnel. Alors, pourquoi avoir demandé aux autres de candidater si c'est le seul critère qui a fait la différence ?", s'interroge Max Tudezca, président CP Besançon Lutte et vice-président de la fédération en charge du haut niveau.

D'autres clubs comme le Fight Club Fitness à Châtillon-le-Duc semblent plus mitigés : "Cela reste une bonne chose que les compétitions de MMA soient légalisées, mais nous avons été choqués de la nouvelle, car il y avait aussi des fédérations de lutte et de sports de combat qui pouvaient être choisies", explique Alexandre Lamy, responsable et entraîneur principal du club. "La boxe anglaise est assez cloisonnée et ne diffuse pas autre chose. Ce n'est pas comme la lutte qui est pluridisciplinaire (avec le sambo ou encore le grappling fight ou comme dans notre club avec le pancrace). Je pense qu'à terme, le MMA aura sa propre fédération. On prendra nos licences à la commission nationale de MMA qui est hébergé par la fédération française de boxe anglaise. Mon inquiétude est de voir des organisations qui mettent des choses en place sans avoir les règles et qu'ils diffusent des événements avec des accidents. J'ai peur d'une précipitation. Il faut prendre le temps", insiste-t-il.

Un problème de trésorerie du côté de la fédération française de lutte ?

Sur ce point le sénateur Grosperrin dit avoir entendu ce problème "à un moment donné" tout en précisant que la fédération de lutte avait "levé cette inquiétude" : "On connaît la fédération de boxe et je ne suis pas persuadé qu'elle n'ait pas de problèmes. J'ose espérer que cela n'ait pas été le facteur déterminant pour le choix".

Philippe Haag pense, quant à lui, que la "fédération française de Boxe a une santé financière plus solide que la lutte" : "Elle peut garantir l'encadrement et la rémunération des sportifs". Selon lui, ce choix est également dû au fait que "la lutte n'ait pas de ligue professionnelle". "C'est un choix réfléchi, car la boxe anglaise est une délégation aux Jeux olympiques (donc cela permet d'engager le MMA si c'est faisable), le système d'instruction, les entraineurs formés au sein de la FFB passent par un encadrement au CREPS (Centre régional d'éducation populaire et de sport ).

Ce n'est pas l'avis de Max Tudezca qui précise que "la fédération française de lutte avait monté un dossier solide" : "Nous avons déjà l'expérience de la gestion en tutelle de plusieurs disciplines : le grappling, et le sambo (…) Si nous avions eu le MMA, cela aurait permis d'élargir nos offres. Du côté de la fédération française de lutte, nous avons mis en place un plan d'apurement sur une dette qui nous reste sur les bras depuis les championnats du monde en 2017. Cette dette a été largement structurée pour qu'elle n'impacte pas notre développement. Ce n'est pas un frein. C'est un faux argument de dire le contraire".

Le MMA, c'est quoi ?

C'est un sport de combat qui mêle plusieurs disciplines comme la boxe thaï, le judo, la lutte… Le MMA permet coups de pied, poing, genou et coude, ainsi que coups au sol, étranglements et clés à l'intérieur d'une enceinte fermée.

La France était l'un des derniers pays à interdire officiellement cette discipline à l'image sulfureuse, qui allie plusieurs arts martiaux. L'arrivée du MMA devrait représenter un afflux de licenciés pour la boxe, qui en comptait près de 60 000 en 2018 selon les chiffres du ministère des Sports.

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