Adoptée le 10 juillet 1976, la loi relative à la protection de la nature a instauré plusieurs principes majeurs, notamment la protection des espèces et l'obligation d'évaluer les impacts environnementaux des grands projets.
À l'occasion de cet anniversaire, les Écologistes de Haute-Saône rappellent que cette loi demeure d'actualité : "Ce texte fondateur a posé un principe alors révolutionnaire : la nature n'est pas un décor, elle est une condition de notre existence collective.” Le groupe ajoute que cet anniversaire est marqué ”non par nostalgie, mais parce que son esprit n'a jamais été aussi actuel ni aussi menacé.”
Les épisodes de chaleur au cœur des préoccupations
Le collectif établit un lien entre cet anniversaire et les épisodes de fortes chaleurs observés ces dernières semaines. Il évoque les deux épisodes de canicule survenus fin juin, suivis d'un nouvel épisode début juillet, avec des températures pouvant atteindre 38 à 40 °C.
Selon les Écologistes de Haute-Saône, ”climat et biodiversité sont les deux faces d'une même crise : une nature affaiblie perd sa capacité à réguler les températures et à retenir l'eau.” Ils considèrent que ”Protéger le vivant, c'est aussi se donner les moyens de mieux supporter les canicules à venir afin que nous, humains, puissions continuer d'habiter et prospérer sur la Terre.”
Des dispositifs de protection jugés affaiblis
Le groupe estime que plusieurs dispositions issues de la loi de 1976 ont été progressivement remises en cause. Il cite notamment la protection des espèces et les études d'impact environnementales, estimant que ces principes sont ”aujourd'hui rognés par des dérogations facilitées et des procédures accélérées, présentés comme des freins administratifs plutôt que comme des garanties d'avenir.”
Les Écologistes de Haute-Saône soulignent également le rôle des associations environnementales, parmi lesquelles France Nature Environnement (FNE), la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et d'autres structures locales. Selon eux, ces organisations ”documentent, alertent et forment une expertise de terrain irremplaçable.” Ils regrettent toutefois que ”Leur financement recule pourtant, année après année, mettant en danger leur existence.”
L'agriculture confrontée aux effets du changement climatique
Le communiqué met également en avant les conséquences des épisodes de sécheresse et de chaleur sur les exploitations agricoles de Haute-Saône. Les Écologistes de Haute-Saône évoquent le stress hydrique, les tensions sur les rendements et la souffrance du bétail. Ils estiment que les agriculteurs constituent ”les premiers alliés” de la transition écologique, en citant notamment les haies, les couverts végétaux, les prairies et les zones humides comme leviers permettant de préserver la biodiversité et de renforcer la résilience des exploitations.
Des moyens financiers jugés insuffisants
Le groupe pointe également la baisse des financements consacrés à la transition écologique. Il indique que le Fonds vert, destiné à accompagner les projets des collectivités, est passé de 2,5 milliards d'euros en 2024 à environ 840 millions d'euros en 2026.
Les Écologistes de Haute-Saône estiment que ”L'écologie sert de variable d'ajustement budgétaire alors qu'elle devrait être un investissement de sécurisation pour nos territoires.” Ils ajoutent que ”En Haute-Saône, des projets pourtant essentiels de renaturation ou d'économie d'eau resteront dans les cartons faute de financements.”
Plusieurs demandes formulées
À l'occasion de ce cinquantième anniversaire, les Écologistes de Haute-Saône demandent le maintien et le renforcement des protections de l'eau, des zones humides, des haies et des espèces protégées. Ils plaident également pour le maintien de l'exigence scientifique des études d'impact, un financement pérenne des associations environnementales, le rétablissement d'un Fonds vert doté de moyens renforcés, un accompagnement de l'agriculture vers des pratiques plus résilientes ainsi que l'intégration systématique des enjeux climatiques et de biodiversité dans les décisions d'aménagement locales.
En conclusion, le groupe affirme que ”cinquante ans après, la meilleure façon d'honorer la loi Nature n'est pas de célébrer son histoire, mais d'en prolonger l'ambition à la mesure des crises que nous vivons.”


