Le Grand Hapalémur, une espèce en sursis
Le Grand Hapalémur "est l’un des lémuriens les plus menacés de notre planète", insiste la Citadelle de Besançon dans son communiqué. Classé "en danger critique d’extinction" par l’UICN depuis 1996, ce primate endémique de Madagascar "a frôlé la disparition totale". Selon le muséum "les efforts de prospection sur le terrain permettent aujourd’hui d’estimer la population sauvage à environ 1 000 à 1 500 individus" mais "la situation reste alarmante". L’espèce est victime d’une destruction massive de son habitat (culture sur brûlis ou "tavy", déforestation, exploitation minière, derniers cyclones) et du braconnage.

Aujourd’hui, seuls 45 individus sont répartis dans les institutions zoologiques mondiales. Chaque naissance "est donc un événement d’une grande rareté et un rempart direct contre l’extinction définitive de l’espèce", précise la Citadelle.
La consécration d’un travail de reproduction encadré
Cette naissance est la septième enregistrée à la Citadelle depuis 2005, et la première depuis 2013. Elle vient "récompenser le savoir-faire unique et l’engagement historique des équipes du Muséum de Besançon dans la conservation ex-situ (hors de la nature)".
Pour l’établissement, la reproduction d’une espèce aussi sensible "ne doit rien au hasard". Elle repose sur trois piliers scientifiques stricts :
- Gestion génétique internationale : pour éviter la consanguinité et garantir la viabilité à long terme de l’espèce, les accouplements sont coordonnés rigoureusement à l’échelle mondiale par les biologistes et des experts de l’EAZA (Association Européenne des Zoos et Aquariums).
- Une rigueur quotidienne dans le suivi des animaux : une équipe pluridisciplinaire de 25 professionnels (soigneurs, vétérinaires, biologistes) veille quotidiennement sur eux.
- Le bien-être animal comme condition absolue pour que les animaux expriment leurs comportements naturels et réussissent à se reproduire.
© Citadelle de Besançon

Info +
- Depuis 2021, la Ville de Besançon soutient l’intégration d’éthologistes spécialisés (bureau d’études AKONGO) pour optimiser scientifiquement les conditions de vie des primates.


