Dans son communiqué, le maire de Besançon évoque plusieurs "épisodes de tension", notamment "150 jeunes cagoulés" recensés dans différents points de la ville, l’interpellation d’une jeune femme interpellée au lycée Victor-Hugo apparemment "en lien avec des faits d’incendie", précise le maire. Mais également, trois interpellations au centre-ville lors d’affrontements entre "des individus cagoulés les forces de l’ordre" et un véhicule de gendarmerie ciblé par des projectiles.
Face à ces événements, Ludovic Fagaut distingue les lycéens manifestants des casseurs et lance un appel "au calme et à l’apaisement". L’édile assure par ailleurs que "la sécurité de nos lycéens et de l'ensemble des Bisontins est ma première priorité". Il appelle ainsi "chacun à la responsabilité, au sang-froid et au refus de mélanger les genres entre casseurs et manifestants".
L’édile met également en garde "les tentatives visant à instrumentaliser la mobilisation lycéenne" susceptibles d’alimenter "des débordements ou des récupérations politiques".
La majorité municipale tient enfin à apporter son soutien à la communauté éducative, à la presse et aux forces de l’ordre "qui se sont retrouvées prises à partie pour ces phénomènes de violentes délinquances à Besançon ou ailleurs en France".
Réaction de Laurent Croizier
En commission des Affaires culturelles et de l’Éducation à l’Assemblée nationale, le député du Doubs a également tenu à réagir sur ces "blocages de lycées" qui se multiplient et "donnent lieu à de graves débordements". Il condamne les violences "injustifiables", selon lui, et apporte son soutien aux personnels de l’Éducation nationale, aux élèves, aux forces de l’ordre, aux pompiers et aux journalistes pris pour cible. Ce jeudi matin à Marseille, un journaliste de M6 a effectivement été violenté par plusieurs individus alors qu’il quittait les lieux après avoir couvert une mobilisation lycéenne.
Il a par ailleurs appelé à "l’apaisement" tout en demandant à La France insoumise de ne pas, selon lui, "attiser les tensions et encourager les violences". Il rappelle que le droit de manifester doit pouvoir s’exercer, tout en estimant que les violences et les blocages empêchant les élèves d’étudier ne peuvent constituer des modes de revendication.
Réponse de Séverine Véziès (LFI)
Après ce communiqué de presse de Ludovic Fagaut, Séverine Véziès lui répond vivement. L’élue insoumise reproche notamment au maire de s’exprimer ”au chaud depuis son bureau” alors qu’elle affirme avoir été, avec d’autres élus et militants, ”aux côtés des lycéen•nes pour les protéger”. Elle assure que des parents et des passants étaient également présents, ”choqués par la réponse apportée à nos jeunes”. Séverine Véziès dit avoir voulu accompagner des lycéens engagés dans ”un mouvement lycéen pacifique”, tout en dénonçant la présence de personnes extérieures venues, selon elle, ”semer le trouble aux abords des lycées”.
”Nous soutenons les méthodes de lutte non violentes et c’est précisément ce que font nos jeunes”, affirme-t-elle. L’élue juge par ailleurs leurs revendications ”légitimes” et récuse toute idée d’instrumentalisation : ”Leurs revendications sont légitimes et iels n’ont besoin de personne pour savoir ce qui est bon pour eux.” Elle évoque un ”sentiment d’abandon” chez les jeunes mobilisés, notamment autour de leurs conditions d’études, de l’état des établissements scolaires ou encore des difficultés liées à Parcoursup, aux APL et au coût du logement.
”Ce matin j’ai été impressionné par leur sang froid et leur sens des responsabilités”, écrit-elle encore. La réponse se fait également politique lorsqu’elle interpelle Ludovic Fagaut et Éric Croizier, qualifiés de ”Dupont et Dupont bisontins”, leur reprochant de soutenir ”des gouvernements qui cassent nos services publics” avant de ”réprimer dans la violence toute contestation”. Séverine Véziès estime enfin que les priorités budgétaires devraient davantage porter sur les établissements scolaires que sur la vidéosurveillance : ”Au lieu d’aller réclamer des financements au gouvernement pour des caméras de vidéosurveillance, ils feraient mieux d’en réclamer pour nos écoles.”
L’élue conclut en dénonçant l’utilisation des réseaux sociaux institutionnels de la Ville, où elle dit avoir découvert des ”propos partisans et dénigrants vis-à-vis de l’opposition”. Une situation qui l’amène à lancer une dernière pique au maire : ”Décidément le maire président Fagaut confond ses réseaux personnels avec ceux de la ville qui rappelons le ne lui appartiennent nullement !”


