À Besançon, le collectif Écoles vivantes interpelle le maire sur la poursuite de la rénovation des écoles

Publié le 16/09/2026 - 14:30
Mis à jour le 16/09/2026 - 11:38

Comme ils l’avaient annoncé il y a quelques jours, les parents d’élèves du collectif Écoles vivantes Besançon ont adressé une lettre ouverte au maire de Besançon, Ludovic Fagaut, ce mercredi 16 septembre 2026, en amont du conseil municipal qui se tiendra ce jeudi. Dans son courrier, le collectif demande à l’édile de poursuivre la rénovation thermique des bâtiments scolaires et des cours d’écoles.

Dans sa lettre, le collectif Écoles vivantes Besançon interpelle Ludovic Fagaut, sur les conditions de chaleur extrême dans les écoles, après un été marqué par plusieurs épisodes de canicule. Dénonçant des solutions jugées insuffisantes et précaires, ainsi que le manque de prise en compte de la situation, les parents demandent à la municipalité de mettre en place dès 2027 un plan ambitieux, chiffré et durable de rénovation des écoles et de leurs cours, afin de mieux protéger les enfants et les personnels face au réchauffement climatique.

Lettre ouverte du collectif Écoles vivantes Besançon

"Objet : La Terre se réchauffe, les canicules se multiplient : protégeons nos enfants !

Monsieur le Maire,

L'été s'achève. Un été fait de canicules écrasantes, et de sécheresse inédite. Un été qui pulvérise tous les records depuis le début des relevés de température en 1870 : précocité et intensité des canicules, maximale des températures de jour comme de nuit, taux de sécheresse. Et ce n'est pas fini à l'heure où nous écrivons ces lignes. Le résultat : plus de 7 000 décès supplémentaires en France (source : Santé Publique France), et de nombreux dégâts physiques et psychologiques sur la population. Et toutes les études scientifiques sur le climat le rappellent :le réchauffement climatique va continuer à se renforcer ces prochaines années.

Cette année, pour la première fois, il n'était plus possible de dire : "les canicules, c'est en juillet-août, les écoles ne sont pas concernées", puisqu'il y a eu une canicule en mai et une en juin. La conséquence : des écoles en surchauffe dont beaucoup sont montées à 39°C mesurés à l'intérieur. En urgence, il a fallu bricoler pour tenter de protéger les enfants et les adultes qui les encadrent. Distribution de ventilateurs, proposition aux parents de récupérer leurs enfants les après-midi (pour les parents qui disposaient d'un logement plus frais que l'école, ce qui n'est pas la norme), annulation des fêtes d'écoles, des élèves parqués pendant une heure dans les rares salles rafraîchies, des élèves que les animateurs périscolaire invitaient à rester en fil indienne sans bouger lorsqu'un rare filet d'ombre était présent le long d'un mur lors de la pause déjeuner ... Et bien sûr toutes les solutions inventées par le personnel encadrant avec leurs propres moyens, comme coucher les enfants par terre, mouiller le carrelage ... Il va de soi que les apprentissages ont été fortement dégradés. Nous avons vu nos enfants et les personnels encadrants vomir, faire des malaises, saigner du nez, avoir des diarrhées, se plaindre de maux de tête, s'épuiser au fil des jours et globalement subir une situation sur laquelle ils ne peuvent agir eux-mêmes, alors même que les apprentissages étaient suspendus du fait de l’absence d’une partie des effectifs.

Nous n'acceptons pas que la seule réaction de la collectivité soit de cet ordre. C'est le rôle de chaque adulte de protéger durablement tous les enfants. Nous comme vous.

Quelle a été votre réponse, M. le Maire ?

Le 23 juin 2026, vous avez déclaré "Toutes ces écoles-là notamment celles qui ont été refaites, on constate qu'il n'y a pas de variations de température par rapport aux écoles anciennes. Elles sont aussi chaudes que les écoles anciennes". Avez-vous réalisé une étude pour affirmer cela, quels sont vos chiffres ? Les retours des parents des écoles concernées nous indiquent des gains de plusieurs degrés (jusqu'à 10°C) à l'intérieur des bâtiments et dans les cours d'écoles. Vous avez indiqué par la suite "ne pas vouloir vous inscrire dans la continuité de la rénovation des écoles, la démographie étant en baisse" lancée lors du mandat précédent.

Puis, devant l'indignation soulevée par vos propos, vous annoncez 300 000€, en partie engagés par la précédente mandature, pour des solutions précaires et limitées (ventilateurs, climatiseurs), qui ne peuvent servir que de dépannage en attendant des travaux plus profond. Pour rappel, la municipalité précédente a investi 60 millions d'euros dans l'avenir de nos enfants. La climatisation est une solution de dernier recours qui ne peut être pérenne sans rénovation des bâtiments. A moins d'accepter une envolée des factures énergétiques de la ville, ce qui serait contradictoire avec votre engagement de réduire les dépenses de la collectivité.

Enfin vous traitez notre mouvement de "grotesque" dans la presse la semaine de la rentrée. Le mépris n'a jamais été un outil de dialogue constructif. Si pour vous, il est grotesque de s'occuper de la santé de nos enfants, de tous les enfants, alors oui, nous sommes grotesques, mais ce n'est alors plus une insulte. Nous sommes en droit d'attendre du Maire de notre ville une réponse adaptée et respectueuse à des parents légitimement inquiets face à l'inadaptation des locaux à une situation extrême, dangereuse et potentiellement mortelle.

Récemment, dans votre édito du BVV de septembre-octobre, vous dites "une rentrée réussie, c'est une année qui part bien". Sans un mot pour ce que les enfants ont vécu et revivent dès ce mois de septembre. Non, cette année "ne part pas bien". Nous pourrions détailler ce que nous ressentons face à ce qui s'apparente à un déni de la réalité. Mais finalement, la meilleure réponse, ce sont les enfants qui la donnent. Lorsque vous interrogez les enfants le jour de la rentrée sur ce qu'ils aimeraient changer dans l'école, ils répondent « Des fenêtres. Il y en a qui sont un peu cassées. L’hiver, on a trop froid, et l’été, trop chaud » ou « J’aimerais bien des arbres », signe de ce qui leur importe vraiment.

Aussi, nous demandons que la municipalité s'engage à travailler avec attention ce dossier, en y mettant les moyens humains et financiers. Pour cela, nous exigeons un programme de rénovation des écoles, bâtiments et cours, ambitieux et clair, chiffré, et inscrit au budget de la collectivité dès 2027. Des agences reconnues comme l'Ademe ou le Cerema ont produit de nombreuses études décrivant ce qu'est une rénovation de qualité, avec une approche globale du bâtiment et de ses abords.

La lettre ouverte qui vous est parvenue en juin listait déjà de nombreuses pistes de solutions inspirées de ce qui peut se faire ailleurs et/ou confortées par des professionnels ou des scientifiques.

Il est possible de faire de ce grand plan de rénovation un outil de développement économique du territoire. En faisant appel aux entreprises de travaux locales, la collectivité soutient la demande et donc l'activité économique du secteur du bâtiment. Mieux, en utilisant des matériaux biosourcés et locaux comme le bois ou la paille, elle soutient des filières économiques entières.

Si nous parlons au nom de nos enfants, nous n'oublions pas le personnel enseignant, du périscolaire, de la restauration et de l'entretien, qui ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour protéger les enfants tout en subissant eux-même les canicules.

Nous sommes convaincus qu'en homme de bon sens, parent vous-même, vous serez sensible à notre cri d'alarme et que vous prendrez en compte la santé de nos enfants.

Nous vous prions de recevoir, M. le Maire, nos salutations distinguées.

Le collectif Écoles Vivantes Besançon."

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