- Rédaction : Hélène Loget et Élodie Retrouvey
- Images et propos recueillis sur le terrain : Alexane Alfaro et Élodie Retrouvey
Les sapeurs-pompiers sont principalement intervenus pour des feux de poubelles et des arrêts de bus incendiés. Au total, ils sont mobilisés sur six interventions. Plusieurs lycées sont concernés dans le Doubs par les incendies et les blocages :
- À Besançon : le lycée Victor-Hugo, le lycée Jules-Haag/Montjoux, le lycée professionnel Condé
- À Pontarlier : le lycée professionnel Toussaint-Louverture
- À Montbéliard : le lycée Germaine-Tillion et le lycée Jules-Viette
- À Baume-les-Dames : le lycée Jouffroy-d’Abbans
Au lycée Jules-Haag, les camions des sapeurs-pompiers ont été caillassés. Il nous est toutefois précisé qu’il n’y a pas eu d’altercation directe avec ces derniers. Une policière a été légèrement blessée au niveau de l'omoplate par un projectile devant le même établissement. Selon nos informations, les CRS auraient "chargés" devant cet établissement.

Affrontements entre policiers, lycéens et parfois lycéens entre eux
A 12h20, des jeunes du lycée Pasteur se sont opposés aux pétards jetés par des lycéens venus d'autres établissements. Ils ont revendiqué leur mouvement comme étant pacifiste. "Si vous voulez faire de la merde, allez la faire ailleurs !" s'est écriée une lycéenne de Pasteur.
Un rendez-vous a été donné à 14h00 devant le lycée Pasteur pour bloquer le rectorat.
Vers 11h30, les choses se sont réanimées au lycée Jules Haag. Des policiers ont été caillassés et ont dû faire face à des tirs de mortier de la part de certains manifestants. Les autorités ont donc répondu avec des lancés de bombes lacrymogènes pour tenter de disperser les lycéens. Selon notre journaliste présente sur les lieux, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se sont déroulés sur le parvis du Lycée Jules Haag et en contrebas jusqu’à l’avenue Villarceau.
09h00 : Au lycée professionnel Condé de Besançon , plus d'une centaine de lycéens participent au blocage ce jeudi matin. Des déchets ont été incendiés et placés dans la fontaine de la place Marulaz. Un mortier a également été retrouvé et retiré par un policier qui a pris la parole en expliquant que ce comportement était extrêmement dangereux "vous pouvez blesser n'importe qui avec ça, c'est n'importe quoi, arrêtez", a-t-il scandé. Vers 10h20, le blocage a commencé à s'amenuiser.
Au croisement de la rue Marulaz et la rue d'Arènes, Séverine Véziès, cheffe de file de l'opposition au conseil municipal pour La France Insoumise, présente, s'est interposée face aux forces de l'ordre : "vous n'avez pas à les viser avec ça !". Le policier, lui a répondu "vous n'avez qu'à parler à ma hiérarchie".
Des manifestations calmes dans plusieurs établissements bisontins
Dans plusieurs établissements scolaires, les manifestations se sont déroulées sans encombre.
Ce matin, des lycéens de Pegaud se sont réunis pour manifester avec slogans et pancartes à la main. Selon notre journaliste présente sur place, environ 300 jeunes étaient réunis devant l'établissement pour scander le même message qui résonne un peu partout actuellement : "de meilleures conditions d'études et plus de moyens pour l'Éducation nationale". La plupart d'entre eux sont ensuite allés rejoindre d'autres établissements du centre-ville comme le lycée Pasteur.

Même constat du côté du lycée du groupe scolaire Sainte-Famille Sainte-Ursule où une cinquantaine d'élèves ont également manifesté devant l'établissement. Une équipe de personnels du lycée formés au dialogue et aux premiers secours était présente pour assurer leur sécurité, nous a confirmé la cheffe d'établissement du groupe scolaire Marie De Rumigny.

Au lycée Pasteur, les élèves ont organisé une mobilisation en musique, avec goûter et partie de foot. Plusieurs ont discuté calmement entre eux, l’ambiance y était particulièrement pacifique et bien différente de certains autres établissements. Des élèves, venus d’autres lycées ont d’ailleurs tenté de venir en force pour perturber cette tranquillité.

Pas de perturbations non plus signalées du côté du lycée Saint-Paul, ce matin à 8h.
Interview d'Angèle, une lycéenne de 17 ans, membre de l'Union syndicale lycéenne (USL) au lycée Pasteur à Besançon.
mC : Quel est l'objectif de cette nouvelle journée de manifestation et de blocage à Besançon??
Angèle : "Il y a beaucoup de lycées de Besançon qui se sont mobilisés aujourd'hui. Il y a des profs absents qui ne sont jamais remplacés. À Pasteur, par exemple, il y a un prof de STMG qui a été absent pendant six mois. Et globalement, nous sommes contre l'austérité, la baisse du budget de l'éducation et de la santé au profit du budget de l'armée. On est contre ça, on est contre la militarisation de nos écoles".
mC : La militarisation des écoles ?
Angèle : "Oui, ici, à Pasteur, il y a une classe défense et armée. Et on est contre ça".
mC : Il y a deux jours, il y avait le drapeau palestinien. Il y a aussi des pancartes contre les viols. C'est un peu global comme manifestation ?
Angèle : : "Les luttes sont intersectionnelles, elles se rejoignent. En effet, aujourd'hui, on ne peut pas fermer les yeux sur le peuple palestinien qui est en train de mourir et on ne peut pas fermer les yeux sur cette situation. Les lycéens peuvent aussi être concernés par les affaires de viol. Aujourd'hui, la justice condamne très peu les viols et les affaires d'inceste. Aujourd'hui, on est là aussi pour ça".


