L'histoire de cette œuvre ne manque pas de singularité. Elle remonte à 2006, lorsqu'un contrôle douanier à la frontière suisse conduit les agents de la douane de Franche-Comté à inspecter un chargement d'œuvres d'art. Deux d'entre elles, dont L'acrobate au violon, ne disposent pas des autorisations nécessaires pour quitter le territoire français.
Les détenteurs de l'estampe ne sont alors pas en mesure de présenter le certificat requis pour son exportation et se trouvent en infraction. Ils reconnaissent les faits, cédent l'œuvre à l'État et s'acquittent d'"une forte amende", dont le montant n'a pas été communiqué.
À la suite de cette saisie, la douane entreprend un important travail de documentation. Elle sollicite pour cela les spécialistes du Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon, chargés de mener les recherches nécessaires afin de documenter l'estampe et d'en authentifier l'auteur. Depuis cette saisie en 2006, L'acrobate au violon était conservée dans les réserves de l'État, dans des conditions garantissant sa préservation, jusqu'à ce que la douane décide de la céder gracieusement au musée bisontin.

Pourquoi Besançon plutôt qu'une autre institution ?
Pour Estelle Rocklin, directrice régionale des douanes de Franche-Comté, le choix s'est imposé naturellement : "Besançon abrite depuis 1784 le siège de la direction des douanes de Franche-Comté, et nous sommes certains qu'il trouvera l'écrin idéal."
Ce don vient combler une absence notable dans les collections du musée. Jusqu'à présent, aucune œuvre de Marc Chagall ne figurait parmi les quelque 6 000 feuilles conservées par l'établissement. Une lacune désormais réparée grâce à cette acquisition exceptionnelle.
Pour Ludovic Fagaut, ce geste dépasse la seule dimension patrimoniale : "Ce don d'exception est un geste de confiance, de générosité et de partage", a-t-il déclaré, "c'est une reconnaissance du travail porté par nos agents."
Pas d'exposition permanente
En raison de la fragilité et des exigences de conservation propres à cette estampe, L'acrobate au violon ne sera pas présentée en permanence au public. Elle sera exposée ponctuellement, à l'occasion d'expositions temporaires.
Infos +
Les œuvres et objets d'art transportés par leurs auteurs sont soumis à des formalités spécifiques à l'entrée comme à la sortie du territoire national. Les œuvres exportées temporairement vers un pays tiers, c'est-à-dire situé hors de l'Union européenne, doivent faire l'objet d'une déclaration en douane, effectuée par écrit ou par voie électronique (DAU), ou être exportées sous couvert d'un carnet ATA.


