À Besançon, un "super scanner" unique en Franche-Comté révolutionne l’imagerie médicale

Publié le 03/09/2026 - 17:00
Mis à jour le 07/09/2026 - 14:55

Ouvert en novembre 2024, le centre d’imagerie de Chrysopolis situé rue Blaise Pascal à Besançon, détenu par le groupe Diméo, vient de franchir une nouvelle étape dans l’imagerie spectrale avec l’acquisition en mai dernier d’un scanner Apex de chez General Electric permettant une imagerie plus précise et plus rapide unique en Franche-Comté.

La France ne compte que cinq de ces "supers scanners" et Besançon fait partie des villes qui ont la chance d’en posséder un. Ce dernier se trouve au centre Chrysopolis qui compte déjà plusieurs équipements de pointe, dont une IRM (3 Tesla Hero) de dernière génération.

Contrairement aux scanners conventionnels, la technologie du scanner apex est capable de différencier les matériaux et les tissus avec une finesse inédite grâce à l’analyse spectrale des rayons X. Plus précis, plus rapide et plus performant, ce scanner spectral "révolutionne ainsi l’analyse des tissus et des structures anatomiques", nous précise le docteur Yvan Narboux, radiologue en centre d’imagerie. Il intègre des diagnostics en imagerie spectrale de haute qualité et participe à l’amélioration de la prise en charge des patients tout en optimisant les parcours de soins.

Plus rapide et moins de contraintes

Ce nouveau scanner a "la particularité d’avoir une taille de détecteur de 16 cm", nous précise le docteur Achille Fabre, radiologue également. Ce qui fait que lorsqu’on "l’applique à l’imagerie cardiaque, on couvre la totalité du coeur en une seule rotation de la machine". Par ailleurs, le coeur étant toujours en mouvement, "la notion de vitesse d’acquisition est fondamentale", souligne le docteur Fabre. Grâce à son large détecteur et à sa très haute vitesse de rotation, le scanner fournit donc des images "d’une qualité exceptionnelle" avec moins d’artéfacts même chez les patients dits "complexes" en à peine "0,3 seconde".

Avant, pour avoir de bonnes images, il était nécessaire d’avoir un patient avec une fréquence cardiaque de 65 bpm. "Ce qui n’est pas forcément la norme", nous explique le docteur Fabre qui ajoute qu’une personne sédentaire est plutôt entre "80 et 90 bpm". Or, plus les battements du coeur sont lents et plus précise est l’image. Il était donc nécessaire d’administrer des bétabloquants au patient afin d’obtenir cette fréquence cible et donc de meilleurs clichés. "Aujourd’hui, on s’affranchit complètement de tout ça", résume le radiologue, ce qui est "beaucoup plus efficace pour les manipulateurs" et représente "un médicament en moins pour les patients".

Lors de notre visite, le docteur Fabre nous a montré l’utilisation du scanner pour un coroscanner afin de détecter le risque de calcification sur les artères coronaires, c’est-à-dire s’il y a un rétrécissement important sur ces artères. Comme nous l’explique le docteur Fabre dans notre vidéo, le scanner permet également aux praticiens de "stratifier sur les risques cardiovasculaires" en déterminant si le risque est "haut, moyen, bas" et ainsi orienter le patient au mieux dans son parcours de soin.

Le scanner est également équipé de logiciels d’intelligence artificielle (IA) qui permettent de reconstruire l’image afin d’avoir une image toujours nette. On parle ici d’IA "d’acquisition des images" plutôt que d’une IA interprétative, nous indique le docteur Narboux.

Une meilleure détection des tumeurs

Le nouvel appareil permet également de "mieux détecter" les tumeurs en oncologie. "Pour tout ce qui est tumeur, c’est une machine extraordinaire", nous a confié le docteur Abdellah Mouman. Spécialisé dans l’imagerie ORL, il ajoute que l’imagerie spectrale permet "d’améliorer la détection des récidives en injectant moins de produits au patient". C’est donc une fois encore bénéfique pour le patient qui a une meilleure tolérance et pour le praticien qui peut avec cet outil "voir des petites prises de contrastes qu’on n'aurait pas vues avec des scanners classiques".

Pour le docteur Mouman, le seul point noir de cet appareil reste son prix : "il coûte trois fois plus cher qu’un scanner classique". S’il ne nous a pas été communiqué lors de notre visite, le coût de ce type d’appareil est généralement compris entre 600.000 et plus de 900.000€ (contre 300.000€ pour un appareil "bas de gamme"). Or, le tarif de ce type d’examen est imposé par la sécurité sociale et celui-ci ne diffère pas en fonction de la qualité de l’appareil. "La sécurité sociale ne réévalue pas les tarifs des machines de nouvelle génération", ce qui entraîne parfois le fameux "dépassement d’honoraires" qui fait bien souvent frémir la plupart des patients.

Environ 40 examens par jour

Le centre a donc fait le choix d’un "surinvestissement" pour plus de qualité pour l’imagerie oncologique à Besançon et l’imagerie cardiaque mais "on est quasiment sûr de ne pas rentabiliser", précise le docteur. "C’est un vrai choix qu’on a fait mais qui nous coûte", résume Abdellah Mouman qui ajoute qu’un travail est nécessaire avec les pouvoirs publics "pour tenter de les sensibiliser à cette problématique". Par ailleurs, avec environ 40 examens par jour, le scanner spectral permet de "détecter mieux", mais pas forcément plus.

Reste que la qualité a un prix et que cette technologie représente pour le docteur Mouman "un gros pas en avant" qui améliore la qualité des soins. "Aujourd’hui on ne reviendrait pas en arrière", admet le médecin.

Centre Chrysopolis

  • 20 rue Blaise Pascal - 25000 Besançon

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