Trois commissaires supervisent l’exposition. Il s’agit de Benjamin Foudral, conservateur et directeur du pôle Courbet, Thierry Laugée, professeur d’histoire de l’art (université de Nantes), et Olivier Vayron, historien de l’art.
À travers cinq grands espaces, le visiteur plonge au cœur de la condition animale du XIXe siècle. S’il a longtemps été considéré comme étant au second plan, l'animal prend désormais toute sa place. Les messages véhiculés, eux, sont nombreux et dépendent des contextes dans lesquels ils sont peints.
Paul Potter
L’univers du Hollandais Paul Potter a largement influencé l’art du XIXe siècle. Son style, largement repris, représente des taureaux, des bœufs, des génisses… Il est tellement en vogue qu’il est demandé à des artistes hollandais et belges de s’installer en France afin de développer ce marché. "Les petits tableaux sont beaucoup demandés par les collectionneurs. On parle même d’art commercial d’intérieur. Ce sont les collectionneurs qui passent commande", nous explique Thierry Laugée, professeur d’histoire de l’art.

L’art de peindre à l’extérieur se démocratise. Dans cette première pièce, on retrouve le premier tableau animalier de Courbet, à savoir l’huile sur toile "Génisse et taureau au pâturage".

Les animaux "améliorés"
Olivier Vayron, historien de l’art, précise que cette section résulte de la "production de nouvelles races" dites "améliorées" en agriculture. "La France mène une campagne pour améliorer l’élevage en termes de rentabilité (lait et viande)", souligne-t-il. Ainsi, des artistes collaboreront pour produire des toiles donnant à voir ce nouvel élevage.

En parallèle, des prix sont confectionnés par des artistes pour les éleveurs dont le bétail est primé lors de concours.

Une sous-section à cette deuxième pièce emmène le visiteur à travers "l’art vétérinaire". Le tout sans oublier le Veau de Courbet (1873). Ce dernier a deux histoires selon les commissaires : "soit celle d’un autoportrait symbolique avec la condamnation de Courbet à l’exil, ou celle d’un jeune taureau primé dont l’éleveur aurait demandé un tableau", nous précise-t-on.

L’animal et son bien-être - création de la SPA
Cette salle est un tournant dans le parcours muséal. "Doit-on utiliser le chien pour tirer une charge ? Si l’on venait à l’interdire, cela voudrait aussi dire que l’on interdit aux plus pauvres de travailler", souligne Thierry Laugée devant l’œuvre de Joseph Stevens Après le travail.

C’est à cette période que naît la SPA (1845). La question du bien-être animal commence ainsi à entrer progressivement dans les mœurs. Les militants obtiendront de premières avancées et une carte officielle qui pouvait peut être brandie pour constater des faits de violence sur un animal dans un lieu public.

Les animaux et leurs sentiments
La quatrième salle est empreinte d’humanité. Elle oriente le discours autour de la psychologie de l’animal : la maternité, l’intimité, l’empathie… "On peut se reconnaître dans ces sujets", indique Olivier Vayron. "L’analogie est faite jusqu’aux titres : "Les petits fiancés" d’Henry Bonnefoy, "Heureux ménage" d’Oscar Waldmann.
Les naturalismes
Dans cette dernière salle, le visiteur prend part à la vie des animaux. L’absence de l’homme est remarquable. "Il s’agit du respect de l’animal dans sa réalité", explique Thierry Laugée. Aussi, une place particulière est accordée aux oiseaux : "Le système écologique est réévalué au milieu du XIXe siècle, notamment suite à la disparition de petits passereaux. Cette peur a été un bouleversement écologique", note Olivier Vayron.
Infos +
Musée Courbet, 1 place Robert Fernier à Ornans
- 03 81 86 22 88
- Exposition du 27 juin au 8 novembre 2026


