Le 21 septembre, après une manifestation contre la loi qualifiée par ses opposants de "permis de tuer", Ludovic Fagaut avait publié sur Facebook une vidéo concernant des traces de peinture sur le palais Granvelle. Quelques heures plus tard, il annonçait que la mairie ferait recouvrir, à sa demande, une fresque de l’artiste Nacle portant l’inscription "la police tue". SolMiRé s’interroge sur cette réaction : "Monsieur Fagaut se présente comme le champion de l’ordre. Mais de quel ordre parle-t-il ?", écrit l’association, qui estime que l’élu s’indigne davantage de la présence d’une inscription sur un mur que des violences policières dénoncées par les manifestants.
Du débat national au Doubs
L’association fait ensuite le lien avec la politique départementale. Ludovic Fagaut étant également vice-président du Département du Doubs, SolMiRé l’interpelle sur la prise en charge des mineurs étrangers isolés. Elle dénonce une "violence administrative" qui ne s’exercerait pas "à coup de Tonfa mais à coup de tampon". L’association évoque notamment le cas d’un adolescent qui, après avoir été mis à la rue en plein hiver, aurait refusé une douche chaude en déclarant : "J’ai trop froid, j’ai trop mal à la peau". SolMiRé assure interpeller depuis plusieurs années l’élu sur les pratiques de l’administration départementale et regrette son "silence" et son "inaction".
"Les violences se combattent en les nommant"
Pour l’association, les violences institutionnelles peuvent être moins visibles que les violences physiques, tout en produisant des conséquences concrètes. Elle estime notamment que les procédures administratives peuvent éloigner les décideurs des personnes qui subissent leurs conséquences. En conclusion, SolMiRé revient à la polémique autour de la fresque : "les crimes de la police ne disparaissent pas sous une pudique couche de peinture, les violences administratives ne s’évanouissent pas sous le poids du déni". Et d'ajouter : "Les violences se combattent en les nommant, pas en les cachant."


