Un Jurassien reçoit le prix Louis Pergaud pour "Histoire d'amour ou le roman de Pergaud"

Publié le 14/12/2015 - 14:47
Mis à jour le 14/12/2015 - 14:47

Jurassien né à Lons-le-Saunier, Dominique Gros vient de recevoir le prix Louis Pergaud, du nom du célèbre auteur de la Guerre des boutons, une distinction remise par l’association des Francs-Comtois de Paris pour son livre Histoire d’un amour, ou le roman de Pergaud.

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Si ses attaches jurassiennes sont profondes, Dominique Gros a passé une grande partie de sa vie hors des limites du Jura. En effet, après avoir vécu à la Réunion, c’est en Bourgogne qu’il s’est installé pour finalement émigrer en Basse Normandie. Enseignant, éducateur spécialisé, journaliste, photographe, auteur, réalisateur, ce touche-à-tout a publié une quinzaine d’ouvrages, produit plusieurs expositions photographiques et réalisé un film Liberté en transit, diffusé plusieurs fois à la télévision régionale et sur de nombreuses chaînes de la TNT.

Aujourd’hui, il est revenu définitivement sur ses terres originelles pour vivre dans un petit village de la région des lacs.

Histoire d'amour ou le roman de Pergaud

Pourquoi ce livre ? Qu’est-ce qui vous l’a inspiré ?

Dominique Gros : "Comme  pour beaucoup de Franc-Comtois,  Louis Pergaud est un auteur  phare. Un auteur  à part entière de notre culture, tant par ce qu’il  a écrit sur la nature, l’approche du monde animal, mais aussi par  sa psychologie,  son tempérament d’irréductible, d’insoumis qui l’a conduit  à vivre toujours hors des sentiers battus, à ne jamais succomber à la facilité ni dans sa vie quotidienne ni  dans son oeuvre. Ses convictions humanistes se retrouvent bien évidemment dans ses positions politiques, mais aussi  dans son engagement pour la cause animale. Il a écrit à ce propos un beau texte contre la vivisection, qui n’était pas une grande préoccupation sociale à son époque. Il ne faut pas oublier qu’il a sans doute été le premier à raconter  la vie des animaux, sauvages pour la plupart, en cherchant  dans un naturalisme précis l’émotion  qui lie l’homme à l’animal. Son premier recueil de nouvelles « de Goupil à Margot », a obtenu le prix Goncourt 1910. En cela  c’est un auteur à la fois novateur en son temps et tout à fait d’actualité."

Comment avez-vous procédé pour  écrire ce livre ?

D. Gros : "La lecture  de sa correspondance avec son épouse (Lettres à Delphine) m’a profondément bouleversé. J’ai trouvé dans ces pages la description des sentiments forts, authentiques de leur relation. Mais aussi  nombre de petits détails de leur vie quotidienne et bien entendu,  toute cette séquence dramatique qui se déroule dans les tranchées, où Louis, en danger perpétuel, s’efforce d’adoucir la narration de son quotidien pour ne pas angoisser davantage son épouse. Elle est à Paris,  lui adresse colis sur colis, vêtements équipements car le soldat n’a rien, pas même une arme.  Et je me suis dit : «  quel  beau portrait de femme dans la guerre ! ». Je suis entré  dans la peau de Delphine et j’ai raconté ses joies, ses peines, ses angoisses, ses espoirs et… son malheur.  J’ai découvert  son rôle dans l’œuvre  du romancier. Rarement on a raconté la vie d’une femme d’écrivain. Et cette femme  simple, modeste, m’a ému. J’en ai fait  ce livre et je constate chaque jour que lectrices et lecteurs  vibrent  avec moi des mêmes émotions. C’est une grande satisfaction."

Le prix Louis Pergaud ?

D. Gros : "C’est un très vieux prix littéraire qui date de 1953. Il a récompensé de nombreux auteurs qui, souvent, ont écrit de  très belles pages sur notre région. Je me réjouis de faire partie, à présent, de cet aréopage. Si Pergaud  a sans doute  contribué à former une part de ma sensibilité, recevoir  ce prix est pour moi une reconnaissance des liens vigoureux qui m’unissent à mon territoire. Pas de  chauvinisme en cela, mais  une géographie sensible et  affective. Rien de plus !"

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