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Affaire Grégory : le doute plane sur Murielle Bolle, toujours en garde à vue

Mise à jour ce 29 juin 2017 à 10h50

Murielle Bolle, témoin clé de l'affaire Grégory en 1984, placée en garde à vue mercredi pour "complicité d'assassinat", était toujours entendue par les gendarmes tôt ce jeudi matin 29 juin 2017 dans les Vosges avant un éventuel transfert à Dijon.

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A 48 ans, elle pourrait être remise en liberté ou présentée à la juge d'instruction au terme de cette garde à vue reprise après plus de 32 ans d'interruption. Dans ce cas, la magistrate pourrait la mettre en examen ou la placer sous le statut de témoin assisté. Les enquêteurs peuvent l'interroger jusqu'à jeudi matin au plus tard, compte tenu des heures de garde à vue déjà effectuées les 2 et 3 novembre 1984.

Entendue pour "complicité d'assassinat"

Selon son avocat, Me Jean-Paul Teissonnière, elle est entendue "essentiellement pour complicité d'assassinat, non-dénonciation de crime". Mercredi, dans les locaux de l'escadron de gendarmerie mobile de Saint-Etienne-lès-Remiremont, Murielle Bolle s'est exprimée, mais n'est pas revenue sur ses déclarations.

"Il y a maintenant 31 ans et six mois qu'elle maintient la même version. Il n'y a pas de nouveau de ce côté là", a expliqué tard dans la soirée son avocat. Et "si le fait de répéter les mêmes déclarations pendant 31 ans devient un délit, je ne comprends pas", a-t-il martelé. "S'il fallait la mettre en examen, il fallait la mettre en examen il y a 30 ans".

Murielle Bolle est la quatrième personne placée en garde à vue depuis deux semaines dans cette affaire aux multiples rebondissements. Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort.

Un témoignage acccablant puis une rétractation

En 1984, alors âgée de 15 ans, Murielle Bolle fut à l'origine de l'arrestation du premier suspect, son beau-frère Bernard Laroche dont les époux Jacob étaient proches, en livrant un témoignage accablant avant de se rétracter brusquement. Ce dernier avait été remis en liberté début 1985 puis tué par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de Grégory.

Trois décennies plus tard, peut-elle encore changer de version ? "Elle répond aux questions qui lui sont posées par les gendarmes. Pour l'instant, l'audition se déroule dans des conditions très correctes", a souligné Me Teissonnière mercredi.

Une seringue retrouvée, de l'insuline...

Dans le passé, les enquêteurs se sont déjà interrogés sur le rôle de l'adolescente dans ce qui reste l'une des plus grandes énigmes de l'histoire criminelle contemporaine. Ils ont notamment exploré une piste selon laquelle elle aurait pu prendre une part active à l'enlèvement de Grégory en lui injectant une dose d'insuline - obtenue auprès de sa mère, Jeannine Bolle, diabétique - pour le plonger dans le coma.

Un flacon et une seringue avaient été retrouvés au bord de la Vologne, à un endroit où le corps de l'enfant de quatre ans avait pu être immergé. Mais la cour d'appel de Dijon, en 1993, avait jugé qu'il était "en l'état impossible" d'inculper Murielle Bolle, en relevant qu'une "intention criminelle" semblait exclue.

Mise à jour ce jeudi 29 juin 2017 à 10h50 : Elle "sera présentée à un magistrat instructeur dans l'après-midi et le magistrat instructeur décidera de la suite", a déclaré Me Jean-Paul Teissonnière au terme de la garde à vue de cette femme de 48 ans, adolescente à l'époque des faits. La juge qui instruit le dossier, Claire Barbier, pourrait la mettre en examen ou la placer sous le statut de témoin assisté.

Selon l'avocat, le seul "élément nouveau" abordé lors de cette garde à vue, reprise plus de 32 ans après les faits, sont les déclarations d'un cousin éloigné à qui Murielle Bolle aurait affirmé que la version incriminant Bernard Laroche était vraie.

 "On a sorti quelques témoignages de cousins éloignés qui sont venus dire qu'elle aurait dit en sortant des gendarmes (fin 1984, ndlr) qu'elle avait dit la vérité", a poursuivi Me Teissonnière, qui juge ces témoignages "dépassés".

Murielle Bolle, "c'est pas quelqu'un de bavard", elle s'exprime "souvent par phrases très courtes". "Souvent elle dit qu'elle ne se souvient pas, il y a des problèmes de mémoire mais elle est formelle sur un certain nombre de points essentiels du dossier, sur lesquels elle n'a pas varié", a insisté le conseil.

Elle a réexpliqué "pour quelles raisons elle a maintenu ses affirmations fausses (devant les gendarmes et le juge d'instruction en 1984, ndlr) parce qu'elle avait été menacée et qu'elle ne s'est pas rendue compte des conséquences que ce qu'on lui faisait dire auraient sur sa famille, la conséquence la pire étant la mort de Bernard Laroche", a ajouté Me Teissonnière, pour qui "le scénario est de plus en plus lamentable dans ce dossier".

(Avec AFP)

Hélène L.

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