L’opération doit permettre de récolter une partie des fonds nécessaires aux travaux de restauration de cet édifice religieux situé au 5 rue du Général-Sarrail, dans la Boucle bisontine. Le coût total du chantier est estimé à 1,6 million d’euros. La voiture mise en jeu, estimée à environ 27 000 euros, a été offerte par un particulier attaché à la sauvegarde du patrimoine.
Mais cette initiative ne vise pas uniquement la préservation d’un bâtiment historique. La chapelle est aujourd’hui gérée par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), un mouvement catholique traditionaliste considéré comme intégriste par certains observateurs du catholicisme contemporain. Les fonds collectés doivent également accompagner le projet porté par cette communauté visant à restaurer le caractère cultuel du lieu, à lui redonner une dimension sacrée et à y ouvrir de nouveau un espace de célébration religieuse.
Une chapelle marquée par plus de trois siècles d’histoire
Construite autour des années 1660, la chapelle de la Visitation est à l’origine un lieu de culte lié à l’ordre des Visitandines, fondé en 1630 à Nancy. Comme de nombreux édifices religieux, elle est désacralisée pendant la Révolution française et connaît ensuite plusieurs affectations.
Au XIXe siècle, le bâtiment devient un lieu militaire avant d’être rattaché, au XXe siècle, à la faculté des lettres de Besançon, où il accueille des activités universitaires. Lorsque l’université quitte les lieux en 2012, l’édifice est racheté pour 270 000 euros.
C’est à cette période que sont redécouvertes des voûtes à nervures étoilées, une architecture rare pour un bâtiment de cette époque. Les aménagements réalisés auparavant, notamment des plafonds suspendus installés pour répondre aux besoins universitaires, ont contribué à préserver ces éléments remarquables. Deux gradins d’amphithéâtre doivent également être retirés dans le cadre du chantier de restauration.
La campagne de financement met donc en avant un double objectif : sauvegarder un élément important du patrimoine architectural bisontin, mais aussi soutenir le projet porté par la Fraternité Saint-Pie-X autour de la réappropriation religieuse de la chapelle.


