L'ancien détenu est mort lundi 4 mai à l'âge de 70 ans. Il avait été condamné en 1989 à perpétuité pour des vols à main armée et le meurtre d'un policier en 1984, à Auxerre, qu'il a toujours nié. Hakkar avait finalement bénéficié d'une libération conditionnelle en 2012. Il était alors l'un des plus anciens détenus de France.
Il aura marqué les annales judiciaires et carcérales françaises par ses recours innombrables. N'ayant pu être défendu par l'avocat de son choix, il n'avait pas assisté à son procès. Depuis sa cellule, il s'est passionné pour le droit, et a fini par se tourner vers la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), qui lui donnera raison en condamnant la France en 1995 pour procès "inéquitable".
Dans les années qui suivirent, la France introduira dans sa législation un mécanisme permettant à un condamné d'être rejugé après un arrêt de la CEDH.
12 ans d'isolement
Abdelhamid Hakkar n'en restera pas moins en prison pour purger une autre peine pour tentative d'évasion. Et ses deux nouveaux procès, en 2003 puis 2005 (en appel), confirmèrent la réclusion à perpétuité, avec une période de sûreté finalement ramenée à 16 ans au lieu de 18 initialement. Renonçant aux évasions, qui lui ont valu 12 ans d'isolement, il a reporté sa combativité sur le terrain juridique pour contester ses conditions de détention ou demander sa libération conditionnelle.
C'est dans ce cadre qu'en 2006, il avait lancé avec neuf détenus un appel retentissant au rétablissement de la peine de mort, préférable selon eux à de trop longues peines les faisant "crever à petit feu".
(AFP)


