Le point de rendez-vous avait initialement été donné sur la place de la Révolution à Besançon. Mais hier, le préfet du Doubs a contre-carré les plans de l’intersyndicale (dont la demande de manifestation avait été déposée en préfecture) en déposant un arrêté interdisant de manifester dans le centre-ville de 0h à minuit.
L’intersyndicale avait aussitôt répliqué par une requête auprès du tribunal administratif afin de suspendre l’arrêté préfectoral, mais celle-ci a, comme la semaine dernière, une nouvelle fois été rejetée ce samedi matin par le tribunal. "La juridiction a validé la nécessité d'un itinéraire alternatif à celui-déclaré, et l'arrêté d'interdiction de manifester en centre-ville, considérant qu'il préserve la liberté de manifester ainsi que la visibilité des revendications, tout en limitant les risques de troubles à l'ordre public et en assurant la sécurité des manifestants", a précisé la préfecture du Doubs dans son communiqué.

Pour s’assurer du respect de l’arrêté, plusieurs camions de gendarmerie ont d’ailleurs été déployés place de la Révolution dès le début d’après-midi, selon notre journaliste présente sur place. "Les forces de sécurité intérieure sont mobilisées pour permettre le bon déroulé de la manifestation", a rappelé la préfecture qui a également renouvelé son appel à "la responsabilité de tous", dans son communiqué du 31 octobre 2026.
Ambiance "bon enfant"
C’est donc dans le secteur des Glacis que les manifestants se sont réunis dès 14h. Parmi les personnes sur place, notre journaliste a noté la présence du PCF, de Lutte ouvrière, de la France insoumise ou encore des Écologistes. Mais également de familles rassemblées au milieu de jeunes et de moins jeunes, le tout, en musique et dans une ambiance "bon enfant".

Soutien à la jeunesse et hausse des salaires parmi les revendications
Parmi les participants, un mère de trois enfants a tenu à être présente afin de "soutenir la jeunesse". Elle a ainsi fait le choix de se vêtir d’une tenue de "la servante écarlate" en lien avec Halloween, et afin d’exprimer son sentiment que la société s’approche d’une dystopie.
Tandis que Pascal Descamps (CGT Social, médico-social), moniteur éducateur dans un foyer de protection de l’enfance, a tenu a rappeler les revendications de cette manifestation. Il dénonce ainsi les coupes budgétaires gouvernementales (État, Sécurité sociale) qui pèseront sur les établissements et les usagers, le gel des salaires et réclame la généralisation des congés trimestriels ainsi que le retour de la retraite à 60 ans. Il souligne également que la manifestation, initialement prévue Place de la Révolution, a été interdite, ce qui renforce la nécessité de défendre les libertés démocratiques. Il estime légitime la colère du personnel et justifie la grève comme moyen d’action face à l’impossibilité de finir le mois et au manque de moyens pour accompagner correctement les enfants.
Direction Route de Gray
Environ une heure plus tard, ces 3.000 personnes (selon la CGT) ont ensuite pris la direction de la place Flore puis de la rue Voirin pour déambuler dans les rues adjacentes au centre-ville. Peu avant 16h le cortège a coupé à travers le champ situé près du Biôme pour rejoindre le campus universitaire.

Les transports perturbés à Besançon
Conséquence de la manifestation, le tramway ne circule pas ce samedi après-midi à Besançon. Le plan B a été mis en place mais celui-ci subit des perturbations tout comme les autres lignes du réseau de bus Ginko. Plus d'infos sur les transports : ginko.voyage/info-trafic
Plus d’informations à venir.
Propos recueillis sur place par Hélène Loget.


