À première vue, le projet de rénovation énergétique du bâtiment de la City, décrit par beaucoup comme une "passoire énergétique" semblait faire l'unanimité. Cet imposant bâtiment placé au coeur de Besançon abrite notamment les bureaux des agents travaillant pour Grand Besançon Métropole (GBM). Soumis à la délibération du conseil communautaire par Anne Vignot au mois de juin 2024, ce projet était d'ailleurs salué par les agents, qui dénoncent depuis des années leurs conditions de travail dégradées : froid en hiver, chaleur étouffante en été. Mais au-delà de la rénovation énergétique, un autre projet inclus dans la même délibération a fait grand bruit et est aujourd'hui dénoncé par l'intersyndicale CFDT, CFTC , CGT, SUD, UNSA : la transformation des espaces intérieurs de la City "en grands open spaces à l’américaine".
Une concertation jugée tardive
Malgré une série de concertations avec les agents organisées par Grand Besançon Métropole (GBM), les syndicats dénoncent une "pseudo-concertation". Celle-ci serait intervenue alors même que les plans de l'architecte avaient déjà été élaborés et transmis à la collectivité. Certes, la collectivité aurait demandé à l’architecte de "revoir sa copie" en réduisant la taille des open space de 8 à 16 postes de travail. Mais pour les représentants du personnel, le problème de fond demeure.
La santé des agents mise en cause
Pour l'intersyndicale, ce projet de rénovation dégraderait "les conditions de travail des agents". Selon elle, "les open space sont régulièrement pointés du doigt par les études en santé au travail : nuisances sonores, manque de confidentialité, interférences dans la concentration, troubles du sommeil, stress, circulation dangereuse entre les espaces, conflits d’usage entre travailleurs, etc".
Les solutions proposées par la collectivité comme la pose de moquette pour limiter les bruits d’impact et l'installation de box téléphoniques transparents de 3 m², sont jugées insuffisantes par les syndicats. Autre point de crispation : la collectivité compte sur le télétravail pour limiter le nombre d’agents présents simultanément. "Le télétravail est un droit et un choix, pas une variable d’ajustement immobilier", rappellent l'intersyndicale.
Un appel au "principe de prévention au travail"
Pour les organisations syndicales, le coût du projet qui s'élève à plus de 14 millions d’euros ne peut justifier une dégradation des conditions de travail. Elles demandent donc à Anne Vignot, maire de Besançon et présidente de GBM, de revoir le projet en prenant en compte la santé et les conditions de travail des agents, au nom du "principe de prévention au travail".


