Cadmium : un dépistage désormais remboursé pour les personnes surexposées. Qui sont-elles ?

Publié le 27/06/2026 - 10:30
Mis à jour le 13/07/2026 - 14:38

Depuis le 16 juin 2026, les personnes exposées au cadmium peuvent bénéficier d’un dépistage remboursé par l’Assurance maladie. Cette disposition découle d’une décision de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie publiée au Journal officiel le 2 juin 2026.

 © mCI
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Le cadmium est une substance dont l’exposition constitue un enjeu de santé publique. En 2024, la Haute Autorité de santé (HAS) recommandait déjà le dépistage des personnes ”potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence”. Plus récemment, un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), publié en mars 2026, a identifié plusieurs leviers d’action destinés à réduire l’imprégnation de la population française à cette substance.

Un dépistage destiné aux personnes à risque

Le remboursement concerne les patients identifiés comme étant à risque. Réalisé en laboratoire de ville, l’examen est pris en charge à 60 % par l’Assurance maladie, le complément pouvant être couvert par une assurance santé complémentaire. Comme pour les autres actes de biologie médicale, une participation forfaitaire de 2 euros reste à la charge du patient.

La prescription d’un médecin est obligatoire. Le dispositif s’adresse notamment aux ”personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence”, lorsque les autorités compétentes ont préalablement reconnu une pollution des sols par cette substance.

Il concerne également les personnes faisant l’objet d’un suivi médical en raison d’une ”intoxication chronique” au cadmium liée à leur lieu de résidence.

Qui sont les personnes à risque ?

La valeur toxicologique de référence établie par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) dépend du poids des individus, si bien que les enfants forment un sous-groupe de population particulièrement exposée au cadmium. Et parmi les enfants, ceux de moins de 3 ans sont encore plus exposés.

Selon l'Anses, 0,6 % des adultes et 15 % des enfants de 3 à 17 ans (36 % des moins de 3 ans) ont des expositions alimentaires au cadmium dépassant la dose journalière tolérable.

Les fumeurs constituent également un sous-groupe particulièrement exposé au cadmium.

Les personnes vivant dans des zones hautement contaminées sont susceptibles d’être plus exposées au cadmium que la population générale.

De même, les végétariens (en raison de la consommation importante de céréales, graines, etc.) sont susceptibles d’être plus exposés au cadmium que la population générale.

Un test urinaire en première intention

Le dépistage repose d’abord sur un dosage urinaire du cadmium, appelé cadmiurie. Si les résultats révèlent un taux élevé, un dosage sanguin complémentaire, nommé cadmiémie, pourra être réalisé. Cet examen est lui aussi remboursé.

Les analyses doivent être effectuées selon les conditions définies par la Haute Autorité de santé.

Une initiative législative sur les contaminations alimentaires

Parallèlement à cette mesure sanitaire, une proposition de loi visant à réduire les risques liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 3 juin 2026.

Le texte prévoit un abaissement progressif des valeurs limites de cadmium autorisées dans les engrais phosphatés utilisés en France. Sa mise en œuvre doit encore être précisée par un décret d’application.

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