En complément de ce courrier, le praticien nous explique que ”la situation critique en période de canicule dans l’écoquartier des Maraichers (comme dans de nombreux quartiers de Dijon), et proposant des améliorations possibles”. Il estime que l’évolution du climat doit conduire à repenser les choix d’aménagement urbain.
Le Dr Gross résume ainsi son approche : ”L'idée est de changer de paradigme en s'interrogeant sur la possibilité de végétaliser les sols disponibles au lieu de se demander où il est possible de construire en augmentant la charge calorique des quartiers.”
"Nous vivons l’été le plus frais du reste de notre vie”
Dans sa lettre, le médecin revient sur les épisodes de chaleur récents qui ont touché les habitants du secteur. ”Nous sortons de trois épisodes de canicule qui ont éprouvé tous les habitants de notre écoquartier des Maraichers”, écrit-il. Il décrit un quartier où les habitants cherchent des solutions pour supporter les températures élevées : ”les enfants sortent le soir pour jouer et chacun cherche un peu d’air frais comme il peut.”
Il ajoute : ”les spécialistes du climat nous préviennent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé mais que nous vivons l’été le plus frais du reste de notre vie.” Pour lui, cette situation implique une adaptation collective et individuelle.
Un appel à revoir certains projets d’urbanisme
Dans son courrier, Jean-Louis Gross interpelle la maire de Dijon sur les projets de construction prévus dans le secteur, notamment le long du mail Guynemer et sur le site des anciens abattoirs.
Il estime que les évolutions climatiques doivent être prises en compte dans les décisions d’aménagement : ”Cette évolution du climat doit vous amener à réviser vos projets d’urbanisme non seulement en évitant d’empiéter sur la bande Est du quartier des Lentillères qui est un poumon à proximité du quartier, mais aussi en revégétalisant le terrain encore vierge de construction entre la rue Alphonse Bertillon et la rue de la Halle aux cuirs.”
Le médecin propose de transformer cet espace en zone végétalisée, "une aire de rafraichissement au cœur de l’écocité vous honorerait.”
Une critique de la densification au nom du confort de vie
Dans sa lettre, le Dr Gross met en cause une approche de l’aménagement qu’il juge trop centrée sur la rentabilité foncière. ”Je sais que nombre de vos conseillers ont une vision strictement économique de rentabilité du mètre carré”, écrit-il.
Il rapporte également un échange avec un élu municipal, sans le nommer, concernant l’impact des futures constructions sur le quartier : ”L’un d’eux, il y a deux ans, m’a traité de privilégié lorsque je lui signifiais que les constructions à venir allait dégrader le confort de vie des habitants du quartier.”
Le médecin estime toutefois que la responsabilité des épisodes de canicule ne revient pas à la municipalité : ”Bien sûr les canicules sont terribles pour tout le monde, dans le quartier et au-delà, vous n’en êtes pas responsable”. Il appelle néanmoins la maire à agir sur les choix d’aménagement futurs.
Une demande de végétalisation des espaces disponibles
Jean-Louis Gross invite Nathalie Koenders à privilégier la végétalisation des espaces encore libres plutôt que de nouvelles constructions dans un quartier qu’il considère déjà fortement minéralisé : ”Vous avez l’occasion historique de ralentir cette dégradation et de laisser une trace de courage politique en arrêtant toute nouvelle construction dans ce quartier déjà surchauffé par la densité de béton”, écrit-il.
Il conclut sa lettre en appelant à une décision politique en faveur de l’environnement : ”C’est faire preuve d’une vision écologique d’avant-garde, d’un réel courage politique au service de l’environnement qui vous est cher, de décider la végétalisation des espaces encore disponibles.”


