Ils étaient présentés à des magistrats jeudi matin en vue d'une mise en examen, a précisé le parquet de Dijon. Le groupe, dont les membres, tous primodélinquants, sont de nationalité française, reposait "sur une organisation hiérarchisée", expliquent les gendarmes dans un communiqué. Celle-ci comptait "un dirigeant oeuvrant depuis l'étranger, un coordinateur local installé dans la région dijonnaise, un responsable de production, un préparateur de commandes, des assistants de production et de vente en direct, et une responsable logistique et financière, en charge notamment des approvisionnements depuis l'Espagne", selon la liste dressée par les gendarmes. Le groupe disposait d'un laboratoire de fabrication d'ecstasy, "capable de produire plus de 13.000 comprimés par heure" et de transformer des drogues de synthèse.
Objectif : "fidéliser une jeune clientèle"
L'affaire commence en juillet 2024 lorsque les enquêteurs de l'antenne de l'Unité nationale cyber de Marseille remarquent sur le dark net une boutique en ligne de produits stupéfiants baptisée "Doraemon". "Son interface soignée et ses méthodes de présentation visent à attirer et fidéliser une clientèle jeune", rapporte le communiqué. La vente de "plus d'une dizaine de produits stupéfiants" (cocaïne, kétamine, drogues de synthèse, sirop de THC...), proposés "en petite quantité et jusqu'à deux kilos", passe notamment par un groupe de la messagerie Telegram.
Les trafiquants expédient en France métropolitaine et outre-mer, mais aussi à l'étranger, notamment l'Australie et Dubaï. Sur une période de sept mois, les enquêteurs comptabilisent "au moins 2.000" commandes pour un chiffre d'affaires d'au moins 1,5 million d'euros. Les auteurs sont localisés sur le ressort du parquet de Dijon, qui reprend l'affaire.
Près de 100 gendarmes ont été mobilisés pour les opérations d'interpellation le 4 mai. Lors des perquisitions, ils ont saisi 78.000 euros en numéraire et 20.000 euros en cryptomonnaies, une arme de poing et des munitions, ainsi que plus de 203 kg de produits stupéfiants pour une valeur marchande de près de 2,2 millions d'euros.
(AFP)


