Eleveur abattu en Saône-et-Loire: les syndicats dénoncent la situation difficile des agriculteurs

Publié le 23/05/2017 - 09:05
Mis à jour le 15/04/2019 - 11:55

« Isolement » des agriculteurs et « harcèlement » de l’administration : les syndicats agricoles ont dénoncé ce lundi 22 mai 2017 la situation difficile que traverse la profession, après qu’un éleveur a été abattu samedi en Saône-et-Loire par des gendarmes sur lesquels il fonçait en voiture.

"Dans l'isolement silencieux de nos campagnes, les agriculteurs sont trop souvent seuls" face à la "pression quotidienne", des "revenus en berne", "la pression administrative et la peur du contrôle", a déploré la FDSEA de Saône-et-Loire dans un communiqué, évoquant aussi "un drame humain pour les gendarmes".

"Il est difficilement acceptable, voire intolérable, de subir le harcèlement que représentent les contrôles conduits aveuglément, sans tenir compte de la détresse humaine et sociale", a renchéri la Coordination Rurale de Bourgogne.

L'agriculteur de 37 ans, en conflit depuis plusieurs années avec les services d'inspection sanitaire, était recherché depuis le 11 mai, date du dernier contrôle de son exploitation lors duquel il avait une première fois précipité son tracteur en direction des forces de l'ordre qui accompagnaient les inspecteurs.

"L'enquête devra déterminer les responsabilités"

Retrouvé de manière fortuite samedi soir, l'éleveur de Trivy (Saône-et-Loire) avait alors foncé sur les deux gendarmes qui s'approchaient à pied sur un étroit chemin de terre. Après les sommations, ces derniers ont fait feu, touchant mortellement l'agriculteur. Placés en garde à vue dimanche, les gendarmes devaient être remis en liberté lundi soir, a indiqué la procureure de Mâcon, Karine Malara, ajoutant que "l'enquête devra déterminer les responsabilités".

Selon l'autopsie réalisée dimanche, l'homme a succombé à "trois blessures potentiellement mortelles", a précisé Mme Malara, ajoutant que "plusieurs organes vitaux ont été touchés". Les déclarations des gendarmes et l'ensemble des éléments de l'enquête seront "confrontés à la balistique", a-t-elle ajouté, précisant que la décision d'ouvrir ou non une information judiciaire interviendrait par la suite.

L'enquête a été confiée à l'inspection générale de la gendarmerie nationale et à l'institut de recherches criminelles. L'enquête sur les violences contre les gendarmes est quant à elle réalisée par la section de recherches de Dijon. La présidente du syndicat agricole FNSEA, Christiane Lambert, avait assuré mardi que le "droit à l'erreur" pour les agriculteurs en cas de contrôle faisait partie de ses priorités pour le quinquennat à venir.

(Source AFP)

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