F. Branget : le scénario de l'abandon de la LGV ajoute "aux inquiétudes sur l'avenir de la Franche-Comté !"

Publié le 04/08/2014 - 16:32
Mis à jour le 05/08/2014 - 10:19

La Conseillère régionale UMP et ancien membre du conseil d'administration de la SNCF réagit au scénarii du conseil d'administration de la SNCF pour "sauver le TGV". Pour Françoise Branget, le repli sur le noyau dur du réseau TGV avec l'idée d'abandonner la LGV Rhin-Rhône est une "plaisanterie de mauvais goût", une "provocation" pour faire payer les collectivités.

1291983424.jpg
Françoise Branget ©carvy
PUBLICITÉ

« Cette annonce doit être vue sous ses deux aspects.

Le premier, l’aspect économique, pose la question de la gestion de la SNCF. Pour le voyageur, le TGV est cher ! Et le monopole ne conduit pas à attirer le client par des prix attractifs. Le TGV franc-comtois a oublié le Jura et rendu les liaisons intercités et interégionales « compliquées ». La grave crise économique que nous connaissons fragilise la rentabilité du TGV. 

Trois scenarii sont donc présentés. Le premier – une plaisanterie de mauvais goût ou l’expression du mépris technocratique – est une provocation destinée à faire oublier les engagements de la SNCF et surtout à faire payer les collectivités. On s’étonnera que les grands commis d’une société d’Etat en soient réduits à une gestion de si court terme, alors que le pays a besoin d’une vraie politique de transport. On peine à imaginer l’abandon de la desserte des gares de Besançon et de Belfort-Montbéliard devenant implicitement des villes de secondes zones.  

Les deux autres scénarios sont des éléments de discussion parmi d’autres. Mais le débat sera-t-il entre amis (gouvernement, SNCF, élus de gauche, syndicats), ouvert à tous, ou tronqué (parce que la décision est déjà prise). L’avenir le dira… en tout cas la rentrée ferroviaire (à l’instar des autres) risque d’être animée.

Au travers cette annonce provocatrice, c’est bel et bien l’économie du transport de voyageurs qui est en jeu. Les bénéfices du TGV, qui aujourd’hui, financent à hauteur de 40% le reste du système ferroviaire, demain ne suffiront plus à équilibrer les comptes, d’autant que la nouvelle ligne Tours Bordeaux s’annonce déjà, avant d’être mise en service, comme déficitaire.

Par ailleurs, les péages que doit payer la SNCF à RFF pour faire rouler ses trains sont de plus en plus élevés. Bien entendu les coûts sont plus élevés pour un TGV que pour un intercité. Le comble, les intérêts  de RFF, qui cumule une dette de 40 milliards, et les intérêts de la SNCF sont bien éloignés, voire divergents. Jusqu’à faire hésiter la SNCF de faire rouler des trains pour ne pas avoir une facture de péage trop élevée. Et ce n’est pas la nouvelle réforme du ferroviaire, qui réunit RFF et la SNCF dans une même holding, qui va changer la donne. (Les péages resteront les mêmes). Cette réforme instituera-t-elle une meilleure transparence dans la gouvernance ? nous le souhaitons !

Au delà de l’aspect économique, la question est éminemment politique. On peut s’étonner que l’Etat actionnaire – aujourd’hui de gauche – ne se préoccupe plus guère d’aménagement du territoire et de cohésion territoriale.

Qui financera demain les infrastructures ferroviaires ? Faut-il sacrifier le service public sur l’autel de la rentabilité et faire payer les voyageurs, ou l’État doit-il assumer son rôle en assurant leurs financements sans se défausser sur les collectivités territoriales…

Cette affaire du TGV ne fait qu’ajouter aux inquiétudes grandissantes sur l’avenir de la Franche Comté !  Celle-ci  qui a largement financé la ligne à grande vitesse ne fera pas les frais d’une politique de courte vue et incohérente ».

Communiqué

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Dans la catégorie

Département du Doubs : 80 millions d’euros d’investissements pour 2020

Département du Doubs : 80 millions d’euros d’investissements pour 2020

Christine Bouquin, présidente du Conseil Départemental du Doubs, a présenté ce 21 octobre 2019 les grandes orientations budgétaires pour l’année 2020. Et selon elle, «on continue de monter en puissance » avec 80 millions d'euros d'investissements prévus pour l'an prochain…

Port du voile par les accompagnatrices scolaires : un projet de loi soutenu par Alain Joyandet sera examiné au Sénat

Port du voile par les accompagnatrices scolaires : un projet de loi soutenu par Alain Joyandet sera examiné au Sénat

Le Palais du Luxembourg examinera le mardi 29 octobre 2019 une proposition de loi à l'initiative du groupe Les Républicains, qui sera défendue par Jacqueline Eustache-Brinio avec le plein soutien d'Alain Joyandet. L'objet est de fixer dans le droit l'obligation pour toutes les personnes qui concourent au service public de l'éducation nationale "de faire preuve d'une totale neutralité religieuse".

Municipale 2020 : les grandes propositions pour le transport et la mobilité d’Eric Alauzet

Municipale 2020 : les grandes propositions pour le transport et la mobilité d’Eric Alauzet

Eric Alauzet, député du Doubs et candidat LREM à l'élection municipale à Besançon en 2020, annonce ce samedi 19 octobre 2019 ses premières "grandes propositions" dans le domaine des transports et de la mobilité. Il souhaite notamment réaliser un projet sur l'axe ferroviaire nord-sud de Mamirolle aux Auxons avec un transport inspiré du tramway. Il souhaite également rendre gratuit le stationnement entre midi et 14 heures au centre-ville...

Nicolas Bodin (PS) : « Je suis heureux de soutenir Anne Vignot, une femme avec de vraies convictions… » 

Nicolas Bodin (PS) : « Je suis heureux de soutenir Anne Vignot, une femme avec de vraies convictions… » 

Entretien • Officiellement candidat depuis le 31 janvier 2019 et investi fin mars par le parti socialiste, Nicolas Bodin rejoint finalement "l'Équipe" qui rassemble déjà EELV, le parti communiste, Génération(s) et À Gauche citoyen avec Anne Vignot en tête de liste...

Pour Eric Alauzet, « la section socialiste signe la mort sans combattre du PS historique à Besançon »

Pour Eric Alauzet, « la section socialiste signe la mort sans combattre du PS historique à Besançon »

MUNICIPALE 2020 • Dans un communiqué de jeudi 17 octobre 2019, Eric Alauzet, candidat En Marche à l'élection municipale de Besançon réagit suite à la décision du Parti socialiste de se rallier à l'Equipe, unissant les gauches, menée par Anne Vignot. Selon le candidat, "le choix effectué par la section socialiste de Besançon signe la mort sans combattre du PS historique à Besançon." Notons que 86% des militants du PS de Besançon ont voté "pour" se rallier à l'Equipe.

Polémique sur le voile : la plainte est « une opération de victimisation » selon Odoul (RN)

Polémique sur le voile : la plainte est « une opération de victimisation » selon Odoul (RN)

Le président du groupe RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté Julien Odoul, qui avait demandé vendredi 11 octobre 2019 à ce qu'une femme dans le public retire son voile, a dénoncé jeudi une "opération de victimisation" après que cette dernière a annoncé porter plainte.

Municipale 2020 à Besançon : « Non », Alexandra Cordier dit ne pas vouloir de liste commune avec Les Républicains

Municipale 2020 à Besançon : « Non », Alexandra Cordier dit ne pas vouloir de liste commune avec Les Républicains

Contactée ce jeudi 16 octobre 2019 par téléphone, nous avons fait le point avec Alexandra Cordier, référente départementale En Marche et éventuelle candidate à l'élection municipale à Besançon en 2020. Si une rupture s'est créée entre elle et Eric Alauzet, candidat officiel d'En Marche, Alexandra Cordier n'a pas pour autant l'objectif de se rallier à Ludovic Fagaut, candidat pour Les Républicains. Entretien.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

 11.08
pluie modérée
le 21/10 à 21h00
Vent
0.93 m/s
Pression
1023 hPa
Humidité
97 %

Sondage