La fédération du Doubs du Parti communiste a dévoilé lundi le contenu de son plan de bataille dans ses locaux du quartier de Palente à Besançon.
Les quatre mois de dialogue avec l’ensemble des partis de gauche pour "construire une candidature d’union" n’ont finalement pas permis d’obtenir des engagements programmatiques "marquant clairement une volonté de rupture", a exposé d’entrée le Secrétaire de la Fédération du Doubs du Parti Communiste Français et maire de Bethoncourt, Matthieu Guinebert. "Les conditions de fonds qui nous semblent être la base d’un socle commun d’union, ne sont pas satisfaites", a-t-il encore ajouté.
Réunis en conseil départemental le 19 août dernier, les communistes ont alors pris la décision de porter une liste "communiste et républicaine" lors des prochaines élections sénatoriales afin de "pousser les autres forces de gauche à s’unir et ouvrir la voie aux discussions", a expliqué Jeanne Henry, conseillère départementale du Doubs. La main est donc tendue aux socialistes, aux écologistes et à La France insoumise.
Une liste "pour s’étendre à gauche"
Figure en tête de liste Christophe Lime, ancien vice-président à GBM et actuel adjoint à la Ville de Dannemarie-sur-Crète. Il sera accompagné de Virginie Dayet, vice-présidente de la communauté de communes de Sancey-Belleherbe. Déjà décidés par le PCF, les trois noms suivants n’ont toutefois pas été communiqués puisque "dans notre perspective d’union", les trois places restantes seront attribuées "à nos partenaires de gauche" si un accord est trouvé avec d’autres partis a précisé Matthieu Guinebert.
Si le PC en est venu à une telle mesure, c’est parce qu’il ne tient pas à refaire les erreurs du passé. Pour rappel, en 2020, "on avait suivi, on s’était allié avec le PS et ce sont les divisions qui avaient coûté le siège de la gauche", a rappelé le Secrétaire. S’il n’y avait pas eu ces "divisions internes socialistes en 2020, il y aurait eu un sénateur ou une sénatrice de gauche au département du Doubs", a complété Hasni Alem. Résultat, le département ne compte plus de sénateur de gauche depuis un mandat, ce qui, pour le conseiller municipal bisontin, constitue une "anomalie".
Une "candidature de raison"
Lassés des discours "que pour l’Union mais si c’est derrière nous", les communistes veulent aujourd’hui, par le biais de cette candidature, passer à l’action en montrant qu'ils sont également légitimes à siéger, sans pour autant oublier de parvenir à un consensus. Leur candidature n’a d’ailleurs "pas forcément vocation à aller au bout" si un accord est trouvé, a ainsi rappelé Matthieu Guinebert.
Il ne s’agit donc pas là "d’un coup de pression", mais d’une "candidature de raison" a expliqué Christophe Lime qui rappelle qu’à ce jour, "tout est ouvert à la discussion pour gagner un sénateur de gauche". Les communistes espèrent ainsi rouvrir le dialogue quitte à abandonner leur propre candidature pour en soutenir une autre qui comporte "des engagements programmatiques fermes, ancrés à gauche, répondant aux besoins de nos territoires et de leurs habitants", a résumé Matthieu Guinebert. Le secrétaire de la Fédération du Doubs a ainsi rappelé qu’ils n’espéraient pas "simplement des déclarations de bonnes intentions" mais des "engagements fermes du candidat potentiel sur ce qu’il portera à la chambre haute". Ceux-ci portent notamment sur "des marqueurs de gauche essentiels" tels que : "les conditions de travail, la retraite, la sécurité sociale, la nationalisation d’un certain nombre de secteurs stratégiques de notre économie", a énuméré Matthieu Guinebert.
"Ce n'est pas sûr qu’on parvienne à l’union, mais la désunion, on sait où ça conduit. Avec l’union on n’est pas sûr de gagner, mais avec la désunion on est sûr de perdre" - Christophe Lime.
Si du côté du PS et de LFI, les candidatures d’Arnaud Marthe (PS) et Geoffrey Lang (LFI) ont déjà été annoncées, Christophe Lime nous a confié qu’à ce jour "aucune liste n’avait encore été déposée". Or pour lui, "entre le moment où on annonce et le moment où on dépose, il y a une vraie différence". Les candidats ayant jusqu’au 7 septembre 2026 pour déposer leur liste, le candidat estime qu’il reste encore 15 jours de délais "pour se rassembler et éviter ce qu’on a fait la dernière fois et savoir si dans le département du Doubs, on lance la machine à perdre ou la machine à gagner".

Pour le PCF, ces élections sénatoriales sont également une manière de "préparer la suite" avec les élections législatives dans un an, puis les élections régionales et départementales, a souligné Matthieu Guinebert toujours désireux de "faire renaître la gauche sur notre territoire".
Programme
Le candidat Christophe Lime a présenté les "éléments de fond" du programme porté par le Parti communiste.
- Le "pouvoir de vivre" : qui ne concert pas que le pouvoir d’achat mais intègre également les salaires, les retraites ou encore les indemnités.
- La défense des services publics. Le PC s’engage ainsi à ne pas voter de restrictions sur les budgets des collectivités territoriales "qui ne sont pas responsables du déficit de l’État".
- La défense des quartiers populaire et des territoires ruraux.
- L’écologie : Les canicules subies cet été a amené le PC "à avoir une autre approche de notre environnement". L’idée étant de se battre "contre la fin du monde mais aussi la fin du mois" et pour Christophe Lime, "les deux ne s’opposent pas".
- La santé : quartier populaire et territoire ruraux. Déserts médicaux.
- Le travail : Conjuguer la vie des gens avec la durée de temps de travail.
- L’âge du départ à la retraite : le PC a "toujours combattu le fait de retarder le départ à la retraite", un débat qui revient régulièrement dans les discussions gouvernementales. Pour Christophe Lime, il faut aujourd’hui "trouver des financements" et axer le travail pas uniquement sur l’âge de la retraite mais aussi sur le taux de pension.


