General Electric Belfort : Bruno Le Maire, ignorant ?

Publié le 24/05/2019 - 07:00
Mis à jour le 23/05/2019 - 17:59

L’intersyndicale de GE Belfort a fustigé ce jeudi 23 mai 2019″l’ignorance » du ministre de l’Economie Bruno Le Maire selon qui « il n’y a pas de débouchés » pour les turbines à gaz produites dans le site belfortain où plane la menace d’un vaste plan social.

Bruno Le Maire ©EU2017EE Estonian Presidency, CC2.0 ©
Bruno Le Maire ©EU2017EE Estonian Presidency, CC2.0 ©

« L'intersyndicale (CFE-CGC, CGT et Sud Industrie) est extrêmement choquée par l'ignorance de Bruno Le Maire sur les dossiers industriels et notamment sur le marché de la turbine à gaz", s'indignent les trois organisations dans un communiqué.

Un marché sans débouchés ?

Les syndicats réagissaient à des propos du ministre tenus mercredi à France Info, estimant que, "aujourd'hui, (GE) a une empreinte très forte sur les turbines à gaz", secteur dans lequel "il n'y a pas de débouchés".

"Le marché du gaz 50 hz (dont les turbines sont fabriquées à Belfort, ndlr) représente 75% du marché mondial, dont les capacités vont doubler d'ici 2040 d'après l'Agence internationale de l'énergie", affirme au contraire l'intersyndicale, selon laquelle "ce n'est pas (un) plan de suppression d'emploi mais d'embauches dont nous avons besoin".

"J'ai demandé à GE de ne fermer aucun site industriel en France" et "de se réinventer industriellement dans notre pays", a encore déclaré M. Le Maire à France Info. "Il faut que (GE) réussisse la transition énergétique, qu'elle maintienne ses emplois en France et surtout qu'elle se développe sur les énergies renouvelables", a-t-il ajouté.

800 à 1000 postes en dangers selon les syndicats

GE a lancé depuis le début de l'année plusieurs procédures de rupture conventionnelle collective (RCC) et de plans seniors au sein de sa division énergie et l'intersyndicale redoute que le groupe américain ne supprime 800 à 1.000 postes dans l'entité turbines à gaz.

Interrogé par France Info sur l'ampleur des éventuelles suppressions de postes, M. Le Maire a indiqué qu'il ne confirmait "aucun chiffre".

Une délégation reçue à l'Elysée

Au total, General Electric emploie près de 4.000 personnes à Belfort. Mardi, plusieurs centaines de salariés ont manifesté pour dire leur crainte d'un plan social.

Une délégation d'élus locaux a été reçue mercredi à l'Elysée par la secrétaire générale adjointe, Anne de Bayser, a indiqué Damien Meslot, maire LR de Belfort, qui en faisait partie.

Début mai, Emmanuel Macron avait assuré dans un courrier aux élus locaux que le dossier GE Belfort faisait l'objet de "la plus grande vigilance de la part de l'Etat". Fin mars, M. Le Maire s'était déjà engagé à "étudier toutes les pistes industrielles possibles pour maintenir l'emploi" à Belfort.

(Selon AFP)

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