Dans sa lettre, le député interpelle la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi que plusieurs Vice-présidents et Commissaires européens, pour "dénoncer une incohérence flagrante dans le futur label de durabilité des centres de données", est-il mentionné dans son communiqué.
Il évoque, qu’en l’été, ce label européen, censé évaluer la performance environnementale des centres de données, "exclut purement et simplement l'électricité nucléaire et l'hydroélectricité historique de son calcul". Cela a pour conséquence directe qu’un centre de données "alimenté par de l'électricité française, parmi les plus décarbonées d'Europe, serait moins bien noté qu'une installation au mix bien plus carboné". Une "absurdité" que Christophe Grudler refuse de laisser passer.
Il dénonce ainsi plusieurs incohérences :
- L’Union européenne reconnaît déjà le nucléaire comme une énergie de transition dans sa taxonomie verte et l'autorise pour produire de l'hydrogène bas-carbone. Pourquoi serait-il soudainement écarté pour les centres de données ?
- Le 10 mars 2026, la Commission a elle-même publié une stratégie pour les petits réacteurs modulaires (SMR) qui désigne les centres de données comme marché prioritaire du nucléaire européen. "Une main donne, l'autre reprend", souligne encore le député.
- En pénalisant les pays disposant des réseaux les plus stables et les plus propres, l'Europe risque de faire fuir hors de son territoire les investissements dans l'intelligence artificielle et le cloud, au moment précis où elle cherche à les attirer.
Présentation définitive du texte le 27 mai 2026
"On ne peut pas dire d'un côté que le nucléaire est une énergie d'avenir pour alimenter nos centres de données, et de l'autre refuser de le reconnaître dans un label européen ! C'est totalement incohérent et profondément injuste pour les pays qui ont fait le choix d'un mix électrique décarboné. L'Europe doit envoyer un message clair : toutes les énergies qui décarbonent, sans exception, doivent être valorisées", souligne Christophe Grudler.
Le député européen appelle donc la Commission dans une lettre à revoir sa copie avant la présentation définitive du texte prévue le 27 mai, et à intégrer l'ensemble des énergies propres, qu'il s'agisse du nucléaire, de l'hydroélectricité ou des renouvelables.


