Dans un communiqué commun intitulé ”Pour la liberté de manifester”, les organisations syndicales FO, FSU et Solidaires du Doubs, ainsi que l’association Défense de ruptures, reviennent sur les démarches engagées contre deux arrêtés préfectoraux encadrant les mobilisations à Besançon.
Les trois syndicats indiquent avoir déposé un recours devant le tribunal administratif dans la nuit du 4 novembre, à 02 h 15 du matin. Une démarche qui a abouti à une première décision favorable sur l'un des points contestés : l'interdiction du port d'équipements de protection.
”Nous avons gagné sur l’interdit concernant le port d’équipement de protection. Il s’agit de notre première victoire au tribunal administratif (TA). Elle ne sera pas la dernière”, écrivent les organisations signataires.
En revanche, leur recours n'a pas permis d'obtenir la levée de l'interdiction partielle de manifester. Une décision que l'intersyndicale conteste, estimant qu'elle remet en question l'exercice même du droit de manifester.
Les syndicats mettent en cause la gestion préfectorale
Dans leur communiqué, FO, FSU et Solidaires font directement porter à l'État la responsabilité des événements survenus dans les rues de Besançon le jeudi 5 novembre.
Les organisations syndicales considèrent que les restrictions imposées et le déploiement des forces de l'ordre ont contribué à alimenter les tensions. Elles dénoncent notamment ”ses suites d’interdits ubuesques et son étalage de force policière”, qu'elles jugent contre-productifs.
L'intersyndicale estime également que la manifestation aurait pu se dérouler dans le calme si le parcours initialement déposé par les syndicats avait été respecté et sécurisé par les autorités.
Elle rappelle à ce titre les précédentes mobilisations des 17, 24 et 31, qu'elle cite en référence, et affirme qu'un maintien du parcours syndical aurait permis de préserver le déroulement de la manifestation ainsi que les intérêts des différents publics concernés.
Les syndicats évoquent notamment les manifestants, les commerçants, les habitants de la Boucle et les forces de l'ordre.
”La démocratie n’est pas négociable”
Au-delà de la contestation des arrêtés préfectoraux, les trois organisations placent leur prise de position sur le terrain des libertés publiques et du droit de manifester.
”Est-ce que nos droits devraient désormais se marchander dans les préfectures ?”, interrogent-elles dans leur communiqué, avant d'affirmer : ”Nous pensons au contraire que la démocratie n’est pas négociable et qu’il est plus que temps de le rappeler.”
Les syndicats réclament des réponses politiques aux revendications exprimées lors des mobilisations, plutôt que des mesures d'interdiction ou des interventions policières. ”Nous attendons des réponses politiques à des revendications légitimes, pas des interdictions, pas des gaz lacrymogènes, pas des coups de matraque, et encore moins des arrestations”, écrivent-ils.
Un appel à la mobilisation samedi dans le Doubs
Dans ce contexte, FO, FSU et Solidaires entendent poursuivre leur mobilisation. Les trois organisations appellent à participer aux différentes actions annoncées pour le samedi 7 novembre, à Besançon comme dans le reste du département.
Dans leur communiqué, elles déclarent : ”L’intersyndicale du Doubs FO - FSU - Solidaires soutient et appelle à participer à toutes les actions du samedi 7 novembre partout où elles se révéleront possibles à Besançon comme dans tout le département.”


