Selon une enquête Elabe réalisée pour Axa Prévention en 2021, quatre femmes sur cinq en France déclarent négliger leur santé. Un constat qui se traduit notamment par des diagnostics parfois tardifs et un recours aux soins souvent repoussé. ”La grande majorité des femmes ne va chez le médecin que lorsqu’une situation devient difficilement supportable”, observe le Dr Myriam Combes, directrice de la stratégie et des relations médicales d’Elsan (groupe d'hôpitaux privés en France).
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : les difficultés d’accès aux soins, liées notamment au manque de professionnels et aux délais d’attente, mais aussi les contraintes du quotidien. Manque de temps, charge mentale, priorité donnée à la santé des proches ou banalisation de certains symptômes figurent parmi les obstacles identifiés. À cela s’ajoute la circulation d’informations inexactes.
”La santé des femmes reste marquée par un déficit d’information structurée, auquel s’ajoute un phénomène de mésinformation”, souligne le Dr Combes.
Une prise en charge qui dépasse la maternité
La santé des femmes ne se limite pas à la grossesse et à la maternité. Elle recouvre des besoins spécifiques qui évoluent à chaque étape de la vie : adolescence, fertilité, grossesse, post-partum, périménopause, ménopause et post-ménopause. Pourtant, l'approche reste encore souvent centrée sur certaines périodes, au détriment d'un suivi plus global. Les conséquences peuvent être importantes. Selon les données publiées par l’Institut national du cancer (INCa), 7,3 % des cancers du sein sont diagnostiqués à un stade métastatique.
Face à ces constats, Elsan entend développer deux axes d’action : mieux informer les femmes sur leur santé et leur proposer des soins adaptés à leurs besoins.
Un centre dédié à la Polyclinique de Franche-Comté
À Besançon, la Polyclinique de Franche-Comté décline cette démarche avec le programme ”Au féminin”, lancé le 21 septembre 2026. L’objectif est de réunir, au sein d’un même établissement, différents professionnels et spécialités afin de proposer un accompagnement personnalisé et coordonné. Le dispositif entend notamment faciliter l’orientation des patientes, renforcer la prévention et favoriser les dépistages précoces.
”Avec le programme ”Au féminin”, nous cherchons à améliorer la coordination entre les professionnels, faciliter l’orientation des patientes, renforcer la prévention et permettre des dépistages plus précoces”, explique Émilie Vendola, responsable du service oncologie, des hospitalisations de jour et du centre de santé ”Au féminin”.
Pour y parvenir, le programme s’appuie sur une offre associant prévention, consultations spécialisées, maternité, coordination des parcours et hospitalisation de jour.
De l’adolescence à la ménopause
Le centre propose notamment des consultations de suivi gynécologique et de prévention, assurées par des sages-femmes, avec l’accompagnement d’un psychologue. Les patientes peuvent ainsi bénéficier d’un suivi allant de l’adolescence jusqu’à la ménopause.
Des hospitalisations de jour peuvent également être organisées en fonction des besoins. Plusieurs prises en charge sont concernées, notamment l’endométriose, les cancers gynécologiques et du sein, ainsi que la chirurgie bariatrique.
Avec cette nouvelle organisation, la Polyclinique de Franche-Comté souhaite ainsi proposer un parcours de soins qui prenne davantage en compte les différentes problématiques de santé rencontrées par les femmes, tout au long de leur vie.


