L’Intersyndicale féministe du Doubs dénonce une instrumentalisation du féminisme par Némésis

Publié le 14/04/2026 - 14:00
Mis à jour le 14/04/2026 - 11:35

Dans leur communiqué du 13 avril 2026, l’intersyndicale féministe du Doubs et Solidaires-FSU-CGT éducation et spectacle rappellent que Némésis "n’est pas un collectif féministe" mais un "collectif d’extrême droite raciste" et dénoncent une instrumentalisation du féminisme "pour faire passer ses messages racistes et xénophobes". Les syndicats ont également écrit aux députés du Doubs et au maire de Besançon afin de "prendre clairement position" et de demander la dissolution du collectif.

Bénédicte Ponçot, pour FSU et Cathy Jurado pour Sud Education pour l'intersyndicale femmes du Doubs © Hélène Loget
Bénédicte Ponçot, pour FSU et Cathy Jurado pour Sud Education pour l'intersyndicale femmes du Doubs © Hélène Loget

L’Intersyndicale féministe du Doubs, créée en novembre 2024 à Besançon, est une déclinaison locale de l’Intersyndicale femme nationale, regroupant des syndicalistes de la FSU, de Solidaires et la CGT.

Pour les syndicats, il s’agit du "deuxième carnaval bisontin où Némésis instrumentalise le féminisme pour faire passer ses messages racistes et xénophobes". Pour rappel, le groupuscule d’extrême-droite avait déployé une banderole à caractère raciste évoquant "6482 viols ou tentatives de viols par des étrangers en 2024" et défilé avec des panneaux associant immigration et viols.

Or, "les chiffres officiels (observatoire national des violences faites aux femmes-Lettre n°25-Novembre 2025) contredisent leur propagande" avancent les syndicats. Ils évoquent que pour "277 000 femmes majeures déclarant être victimes de viols, tentatives de viols et agressions sexuelles en 2023", 54 % d’entre elles connaissent l’agresseur. Les chiffres du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI) révèlent par ailleurs que "82% des viols conjugaux et 87% des viols hors relations conjugales sont des crimes commis par des hommes français".

Un "discours mensonger et raciste"

Pour les syndicats, "ces crimes sont des violences systémiques et liées à la culture patriarcale présente dans toutes les sociétés" et faire ainsi le lien "entre viols ou tentatives de viols et immigration, ou les expliquer par l'origine ethnique supposée des auteurs" tient "d’un discours mensonger et raciste qui tombe sous le coup de la loi" insistent-ils. Ils en viennent à la conclusion que "Némesis ne mène pas un combat féministe, mais déverse une propagande xénophobe". En ce sens, il doit donc "être condamné et dissout pour incitation à la haine raciale et collusion avec des groupuscules néofascistes", précise le communiqué.

Courriers aux élus

L’Intersyndicale Féministe du Doubs et Solidaires-FSU-CGT éducation et spectacle précisent également avoir envoyé un courrier pour demander aux députés du Doubs Laurent Croizier, Dominique Voynet et au maire de Besançon, Ludovic Fagaut, "de prendre clairement position et notamment de demander la dissolution du collectif Némésis".

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