Une nouvelle manifestation devrait se tenir samedi 24 octobre 2026 à partir de 14 heures, place de la Révolution, à Besançon. Présentée comme un ”Acte II” de la mobilisation contre la vie chère, le prix du carburant et en soutien aux revendications des lycéennes et lycéens, elle suscite des inquiétudes chez les commerçants du centre-ville. Le rassemblement vraisemblablement non déclaré en préfecture, intervient une semaine après des dégradations et des pillages qui ont notamment touché les boutiques Lacoste et Bleu Marine, ainsi que les banques CIC et Crédit Agricole.
Dans la Grande Rue, les décisions se prennent au cas par cas. Certains commerces ont choisi de fermer leurs portes, d’autres de réduire leurs horaires ou de maintenir leur activité en se réservant la possibilité de fermer rapidement si la situation se dégrade.
Fermetures anticipées et horaires aménagés
Chez Lacoste, la boutique a été vidée et restera fermée toute la journée de samedi. Les magasins IKKS Femme et Homme seront également fermés, comme l’indique une note d’information affichée en vitrine.
© Alexane Alfaro

D’autres enseignes ont opté pour une ouverture limitée à la matinée. Les bijouteries Van Brill et Pequignet, ainsi que le magasin Edgar, prévoient d’accueillir leurs clients le matin, avant de fermer l’après-midi.
Chez Petit Bateau, l’ouverture pour sûr est prévue de 10 heures à 14 heures. Le responsable entend toutefois conserver une marge de manœuvre en fonction du déroulement de la manifestation. La décision de fermer pourra être prise rapidement si des signes de tensions apparaissent. ”Mais si on entend des pétards, chacun rentre chez soi, on ferme”, prévient-il.
Pour certains salariés, le souvenir des événements du 17 octobre reste particulièrement traumatisant. ”J’ai vraiment eu peur la semaine dernière”, confie un vendeur en prêt-à-porter. Face à la perspective d’une nouvelle journée sous tension, il envisage de ne pas attendre que la situation se dégrade pour prendre une décision : ”cette fois-ci, je me poserai moins de question, je fermerai”.
”Pour ne pas vivre dans la peur et se dire que les casseur sont gagné"
Tous les professionnels ne souhaitent pas renoncer à ouvrir. Chez BD Fugue, le nouveau gérant, Josserand, a décidé de maintenir l’ouverture samedi. Pour lui, il s’agit aussi de ne pas céder à la crainte suscitée par les précédents débordements, ”pour ne pas vivre dans la peur et se dire que les casseur sont gagné", nous confie-t-il.

Cette décision s’accompagne néanmoins de précautions. ”On retire les objets de valeur en vitrine”, précise le libraire, qui se réserve la possibilité de fermer si les événements l’exigent. Les librairies ne figurent pas parmi les commerces les plus ciblés lors des précédents épisodes, même si des exceptions ont été signalées, notamment chez Momie Manga à Grenoble. Le maintien de l’ouverture ne signifie donc pas une absence de vigilance.
Aux Galeries Lafayette, aucune modification préalable des horaires n’est annoncée. Le grand magasin compte sur l’observation de la situation et sur la vigilance de son personnel de sécurité pour réagir rapidement en cas d’évolution défavorable.
Chez Okaïdi, l’incertitude demeure. L’équipe se souvient d’un samedi 17 octobre passé retranchée dans la boutique, dans l’attente d’une accalmie et ”dans la peur”. La responsable indique que les modalités d’ouverture ne sont pas encore arrêtées pour ce vendredi. Une priorité est toutefois clairement affichée : ”on ne prendra pas de risque pour la sécurité de l’équipe”.
L’Union des commerçants appelle à la vigilance
Face aux inquiétudes exprimées par les professionnels, Xavier Racine, président de l’Union des commerçants de Besançon, a participé à une réunion avec le préfet du Doubs, le maire de Besançon, son adjoint au commerce et la CCI Saône-Doubs, entre autres interlocuteurs. À l’issue de cette rencontre, un ensemble de consignes a été relayé auprès des commerçants afin de limiter les risques matériels et de faciliter une mise en sécurité rapide des établissements.
Le mot d’ordre consiste d’abord à "ne rien laisser à l’extérieur : mobilier, produits ou équipements installés sur les trottoirs, stop parking et terrasses doivent être mis à l’abri", nous précise Xavier Racine. En cas de problème, les commerçants sont invités à baisser leurs rideaux, à retirer les objets de valeur exposés en vitrine et à fermer leurs portes. Les poubelles doivent également être rentrées et les produits d’entretien inflammables retirés des magasins.
La consigne générale reste celle de la prudence, avec une adaptation des décisions en fonction de l’évolution de la manifestation.
Un réseau d’alerte entre commerçants
Pour permettre aux professionnels de se tenir informés en temps réel, l’Union des commerçants s’appuie également sur son réseau WhatsApp. Xavier Racine a demandé aux participants de signaler les événements observés et de partager les informations sur l’évolution de la manifestation, afin que les autres commerces puissent anticiper d’éventuelles difficultés.
Le président de l’UCB invite par ailleurs les commerçants à s’inscrire au dispositif d’alerte commerces de la CCI Saône-Doubs, destiné à faciliter la circulation des alertes entre professionnels.
Les informations relatives à ce dispositif sont disponibles sur le site de la chambre consulaire : www.saone-doubs.cci.fr/produit/utiliser-notre-dispositif-alerte-commerces.
À la veille rassemblement annoncé sur les réseaux sociaux, les choix divergent donc entre fermeture complète, ouverture partielle et maintien de l’activité sous surveillance. Un point rassemble les commerçants interrogés : la sécurité des équipes et des établissements primera sur les horaires habituels.


