Déjà, plusieurs projets sont suspendus et une partie du personnel est en activité partielle, avec des pertes de revenus significatives. L’entreprise pointe un problème global : une concurrence jugée déloyale et des réponses européennes trop lentes. Des mesures pourraient prendre jusqu’à deux ans, un délai incompatible avec l’urgence industrielle.
Avec 450 salariés à Besançon (1.100 salariés dans le monde), R. Bourgeois reste un pilier économique local. Son avenir inquiète autant les employés que les élus, qui appellent à une réaction rapide pour éviter un affaiblissement durable de toute la filière.
Dans un communiqué daté du 30 avril 2026, la section locale de La France Insoumise à Besançon annonce ”exprime[r] sa solidarité totale avec les 450 salarié·es de l’usine R. Bourgeois”. L’organisation politique estime que ces derniers sont ”aujourd’hui frappé·es par les conséquences directes d’un modèle économique que nous dénonçons”. Selon le texte, la situation dépasse le cadre local : ”ce qui se joue ici dépasse une situation locale : c’est le résultat d’une politique de mise en concurrence généralisée des travailleur·euses et d’abandon progressif de notre tissu industriel.”
Une critique des politiques économiques actuelles
Le communiqué met en cause les orientations économiques adoptées ces dernières années, évoquant ”l’impulsion de l’Union européenne et des gouvernements successifs, dont celui d’Emmanuel Macron”. La formation politique considère que ”la France s’est enfermée dans une logique de libre-échange non régulé”, qu’elle affirme avoir ”constamment combattue”.
Cette stratégie exposerait, selon elle, les industries nationales ”à une concurrence internationale destructrice”, notamment en raison ”des différences de normes sociales, fiscales et environnementales”. Elle cite le cas de l’usine R. Bourgeois, où cela se traduirait ”concrètement par des baisses de salaires imposées aux salarié·es pour maintenir l’activité”.
Un projet de ”rupture” économique
Face à ce constat, La France Insoumise défend ”un projet de rupture avec ces politiques économiques”. Celui-ci inclut ”la capacité de protéger notre appareil productif” et de ”reprendre le contrôle des secteurs stratégiques”. Le mouvement prône ”un protectionnisme solidaire”, visant à ”défendre les travailleur·euses” tout en maintenant une coopération internationale fondée sur ”une harmonisation par le haut des normes sociales et écologiques”. Il évoque également ”une planification écologique et industrielle ambitieuse” afin de ”relocaliser les productions essentielles” et ”reconstruire des filières industrielles solides”.
Des propositions pour la filière industrielle
Dans ce cadre, la section bisontine formule plusieurs demandes : ”la mise en protection immédiate de la filière de transformation de l’acier par l’extension des droits de douane aux produits importés” ou encore ”l’interdiction des transferts d’activité vers des pays tiers pour les entreprises bénéficiant d’aides publiques”. Elle appelle aussi à ”un plan de sauvegarde de la filière électromécanique française co-construit avec les syndicats et les salariés” ainsi qu’à ”des mesures de protections des salaires car ce n’est pas aux salariés de payer la crise”.
Le communiqué évoque également la possibilité de nationalisations : ”la nationalisation des secteurs stratégiques peut aussi constituer un outil légitime et nécessaire lorsque l’intérêt général est en jeu”. Le cas du groupe ArcelorMittal est cité comme illustration, l’organisation rappelant que ”l’acier est une base de notre souveraineté industrielle”.
Un appel à l’intervention de l’État
Enfin, le texte insiste sur la nécessité d’une action publique en faveur de l’usine R. Bourgeois : ”L’État doit agir pour préserver les emplois, sécuriser l’activité et garantir les savoir-faire”. Le communiqué conclut en présentant la situation comme un choix politique : ”continuer dans la voie de la désindustrialisation et de la concurrence sociale, ou engager une reconstruction industrielle”. La section locale affirme ”faire le choix clair de la seconde voie”.


