Mobilisation dans le secteur social en Franche-Comté : les syndicats dénoncent un abandon des négociations par les employeurs

Publié le 18/06/2025 - 12:01
Mis à jour le 18/06/2025 - 10:31

Les tensions s’intensifient dans le secteur social et médico-social. Alors que les négociations pour une Convention collective unique étendue (CCUE) sont au point mort, les syndicats, notamment la CGT, dénoncent le retrait des employeurs des discussions nationales. Des mobilisations sont prévues ce 19 juin 2025 dans toute la région Bourgogne Franche-Comté, avec des actions ciblées dans les établissements, dont l’Association d’Hygiène Sociale de Franche-Comté (AHSFC).

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Selon un communiqué de la CGT du secteur social et médico-social du Doubs, les organisations patronales ont quitté la table des négociations faute de ”garanties de l’État”. Une décision jugée inacceptable par les syndicats : ”Les patrons du social démissionnent, ils se retirent des négociations nationales pour une Convention Collective Unique... ils n’auraient pas de garanties de l’État ! Sans blague !”

Les syndicats appellent à une reprise immédiate des négociations dans le cadre des conventions collectives existantes, notamment la CCNT 66 et la CCNT 51. Ils demandent des avancées concrètes sur les salaires, les garanties collectives, la prévoyance, les congés, et dénoncent un dialogue social unilatéral.

À l’AHSFC, 1200 salarié(e)s et une situation jugée "bloquée"

À Besançon, la situation de l’Association d'Hygiène Sociale de Franche-Comté

(AHSFC) est emblématique des tensions locales. L’association, qui gère plus d’une trentaine d’établissements et regroupe environ 1200 salarié(e)s, est actuellement en phase de transition de gouvernance. Une assemblée générale se tiendra le 19 juin, au cours de laquelle des pétitions seront remises à Pierre-Étienne de Moustier, président sortant, et à son fils Théodore, qui prendra sa succession.

La CGT interpelle la direction sur les moyens financiers de l’association : ”Elle doit aussi, au regard des excédents cumulés sur chaque exercice des années passées (plus de 9 millions d’euros !!), répondre aux besoins des salarié·es qui asphyxient !”

Un secteur "sous l’eau"

Le tract syndical diffusé en amont de la mobilisation nationale évoque un secteur en pleine crise, touché par une baisse du pouvoir d’achat, une perte de sens au travail, et une fuite massive des professionnel(le)s : ”Salarié·e·s sous-payé·e·s : 40 % en pouvoir d’achat en 25 ans ! Une valeur du point (3,93 € brut) qui n’a augmenté que de 16 % sur la période contre 82 % pour le SMIC.”

Les syndicats pointent également une dégradation des conditions de travail : ”Turn-over et travail en sous-effectif sont devenus la règle ! [...] Augmentation des arrêts maladies et accidents de travail, liés à l’épuisement et aux conditions de travail dégradées !”

Une CCUE jugée "de bas niveau"

Les propositions actuelles portées par les organisations patronales, notamment Nexem et Axess, sont vivement critiquées. La CGT alerte sur une future convention collective qui entraînerait selon elle une perte de droits pour les salarié(e)s : ”Une CCUE, Convention Collective Unique Étendue devenue de bas niveau [...] Fin des congés d’ancienneté, diminution du nombre de congés annuels supplémentaires, jusqu’à 48 h de travail par semaine.”

La transformation de l’offre médico-sociale (réforme Serafin-PH) est perçue comme une ‘tarification à l’acte’ et une ‘ubérisation’ du secteur, avec l’arrivée possible d’acteurs privés à but lucratif.

Un appel à la mobilisation dans toute la région

Des salarié(e)s de plusieurs associations, telles que Adapei Handy UP (Haute-Saône), Fondation Plurielle (Doubs), Adapei 90, ont signé des pétitions qui seront remises à la délégation régionale de l’Unapei à Vesoul, à l’occasion de leur congrès national à Tours.

La CGT annonce des grèves, des piques-niques revendicatifs, et d’autres formes de mobilisation ce 19 juin, dans une action qui s’inscrit dans la continuité des journées du 1er avril et du 13 mai.

”De l’argent pour le social, pas pour les armes !” conclut le tract, reprenant un slogan désormais commun dans les rassemblements du secteur.

Une pétition circule pour être remise aux employeurs.

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