Après avoir validé la semaine dernière la reconduction du ski-alpinisme, "sport additionnel" qui a fait ses débuts olympiques en février à Milan Cortina, le CIO pouvait encore intégrer de nouvelles disciplines, rattachées à des fédérations internationales déjà olympiques. Réunie mardi à Lausanne, sa commission exécutive a opté pour le patinage synchronisé et le freeride.
Quatre épreuves de freeride seront donc organisées en 2030 - ski, snowboard, hommes et femmes - a priori dans le pôle du Briançonnais qui accueillera toutes les épreuves de freestyle, que ce soit en ski ou en snowboard. Le patinage artistique synchronisé dit "Synchro9", qui a organisé ses premiers Mondiaux en 2000, va lui faire découvrir à une audience olympique des figures réalisées simultanément à neuf patineurs.
Le combiné pas repêché
Au rang des ajouts suivis de près par le camp français figure aussi une nouvelle épreuve de relais mixte simple en biathlon, grand pourvoyeur de médailles tricolores. À l'inverse, le combiné nordique disparaît alors qu'il était présent sur la scène olympique depuis la première édition hivernale, en 1924 à Chamonix, et demeurait la seule discipline réservée aux hommes.
Cette combinaison de ski de fond et saut à ski était sur la sellette avant même les JO de Milan Cortina en février dernier, le CIO pointant à la fois son vivier restreint de pratiquants - cinq pays se sont partagé les médailles des quatre derniers JO - et un manque d'intérêt du public. Citant des "indicateurs de popularité", l'instance de Lausanne indique que "le combiné nordique s'est classé au dernier rang de toutes les disciplines des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi 2014, PyeongChang 2018, Pékin 2022 et Milan-Cortina 2026".
"La discipline risque de mourir"
De nombreuses athlètes soutenues par leurs coéquipiers poussaient le CIO à féminiser l'épreuve, mettant en avant l'existence d'une Coupe du monde féminine annuelle et de Mondiaux organisés tous les deux ans depuis 2021. Mais cette option n'a pas été retenue, et "c'est vraiment dommage", a déploré auprès de l'AFP le Franc-Comtois Fabrice Guy, champion olympique en 1992 devant son compatriote Sylvain Guillaume. Même si le combiné nordique reste théoriquement éligible pour les JO-2034 à Salt Lake City, "ça va être compliqué de motiver les gamins, beaucoup vont partir, il y aura moins d'argent et d'ici quatre ans la discipline risque de mourir".
Un "coup dur" regrette la Fédération française de ski
Une décision que déplore également la Fédération française de ski. Dans un communiqué, elle explique qu’il s’agit là d’un "coup dur" pour la discipline mais surtout "pour tous les athlètes, qu’ils soient en équipe de France, dans les comités de ski ou dans tous les clubs". Elle a notamment offert au ski français "certains de ses plus grands moments : le doublé historique de Fabrice Guy et Sylvain Guillaume à domicile, à Albertville en 1992, puis le titre olympique de Jason Lamy-Chappuis à Vancouver en 2010, complété par ses cinq médailles aux Championnats du Monde dont deux titres de champion du monde en 2011 et 2013". Des performances qui ont "inspiré plusieurs générations d’athlètes".
S’adressant aux pratiquants de combiné nordique, la Fédération précise que "vos sacrifices et vos performances méritent d'être reconnus et valorisés" et ajoute qu’elle continuera de poursuivre son engagement "pour défendre cette discipline emblématique et accompagner l'ensemble de ses athlètes dans les défis à venir".
(avec AFP)


