À partir de la fin d'après-midi, avec la cité catalane et sa majestueuse Sagrada Familia pour décor, les 184 coureurs donneront en effet leurs premiers coups de pédale par équipes - elles sont au nombre de 23 -, avec un règlement rafraîchi qui verra les temps de chaque formation pris sur le premier coureur - et non le 4e ou 5e comme par le passé.
De quoi aiguiser l'appétit des cadors, qui voudront prendre un peu d'avance lors d'un parcours de 19,6 kilomètres conçu pour favoriser un tel scénario : si les deux premiers tiers du parcours sont plats - incitant les équipiers à se relayer -, il faudra dans le final grimper la colline de Montjuïc. Et là, les Pogacar, Vingegaard, Remco Evenepoel et autres prétendants au classement général devraient s'en donner à coeur joie.
"On va avoir quelque chose de très dynamique, difficile à gérer pour les équipes", a résumé le responsable du parcours, Thierry Gouvenou. "Une fusée à étages", a imagé Kévin Vauquelin, candidat brûlant pour le premier maillot jaune en tant que leader de Netcompany Ineos, l'équipe favorite. Qui d'autre ensuite pour prétendre à la tunique jaune, au gré des 21 étapes et 3.320 kilomètres à avaler d'ici Paris le 26 juillet ?
Vingegaard et Pogacar intouchables ?
Les six dernières éditions ont été dominées par deux coureurs, Jonas Vingegaard (deux victoires) et surtout Tadej Pogacar (quatre). Le Slovène, grand favori à sa succession, a en outre l'occasion de rejoindre au panthéon du Tour le quatuor Anquetil-Merckx-Hinault-Indurain, cinq bagues chacun sur la plus grande course au monde.
Mais, pour cette 113e édition, un petit nouveau est aussi attendu avec gourmandise... Paul Seixas qui, du haut de ses 19 ans (il sera le plus jeune coureur depuis 89 ans!), porte déjà les espoirs du public français, 41 ans après l'ultime victoire d'Hinault en 1985. Pourra-t-il se mettre déjà au niveau d'un Pogacar ? Ou paiera-t-il son inexpérience sur une course aussi longue ? Il faudra sans doute attendre un peu pour avoir des réponses, mais l'excitation est là.
Romain Grégoire à l'assaut de sa première Grande boucle
Et puis la Franche-Comté aura bien entendu le regard rivé sur son favori à elle, le récent champion de France Romain Grégoire. Celui-ci vient de réaliser un premier rêve en revêtant le maillot bleu-blanc-rouge et en réalise un second en prenant part cette année à son premier Tour de France. "Faire le Tour, c’est déjà dingue mais avec ce maillot bleu-blanc-rouge, c’est encore plus fou. Je vais essayer de faire de ces trois semaines quelque chose de mémorable", avait-il déclaré dimanche dernier à l’issue de sa victoire à la Tour-du-Pin.
Avant ce dimanche, "j'avais dit à ma copine qu'à choisir, je préfèrerais le titre plutôt qu'une victoire sur le Tour", avait également rapporté Grégoire. Mais nul doute que le Franc-Comtois ne serait pas contre l’idée de cocher la réalisation d’un nouveau rêve de plus. Une mission que le pensionnaire de la Groupama-FDJ aura sans doute à l’esprit durant ces 23 jours.
À Barcelone, les premiers tours de roues sont prévus à 17h05 et les derniers vers 19h15, ce qui protègera un peu les coureurs du chaud soleil (32 à 33 degrés à l'ombre attendus).
Mais, de ce point de vue, le pire est à venir, avec plus de 35 degrés annoncés dès mardi entre Carcassonne et Foix, au lendemain de l'arrivée en France. A ce sujet, les autorités françaises ont prévenu: en cas de chaleur extrême, l'hypothèse de l'annulation d'une étape, bien qu'improbable, est sur la table, "à titre exceptionnel".
(avec AFP)


