Police et gendarmerie: l'Assemblée vote un budget 2020 encore en hausse

Publié le 06/11/2019 - 07:22
Mis à jour le 12/11/2019 - 14:53

L’Assemblée nationale a voté mardi 5 novembre 2019 dans la soirée un budget 2020 à nouveau en hausse pour la police et la gendarmerie, « première priorité du gouvernement » selon Christophe Castaner, face à une opposition dénonçant un soutien « insuffisant » à des forces de l’ordre en « plein malaise ».

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

La mission "sécurité", telle qu'elle est intitulée dans le budget, va disposer en 2020 de 13,8 milliards d'euros de crédits, une augmentation "de 525 millions", a souligné le ministre de l'Intérieur, revendiquant en 2020 la création de "1400 emplois net dans la police nationale" et "490 postes équivalent temps plein" pour la gendarmerie.

Ces postes font partie du "plan de recrutement sur cinq ans de 7.500 policiers et 2.500 gendarmes" au total, a rappelé le rapporteur Romain Grau (LREM).

"La sécurité est la première priorité de ce gouvernement", a estimé Christophe Castaner, avec trois budgets d'affilée en hausse. Mais "je n'ai pas la prétention" par ce seul budget de "régler tous les problèmes ou la crise profonde que traversent la police, la gendarmerie ou les sapeurs pompiers".

Le ministre a aussi rappelé le paiement aux policiers de près de 3,5 millions d'heures supplémentaires pour un montant de 50 millions d'euros fin 2019 et les 26,5 millions d'euros "prévus dans le budget 2020 pour éviter que nous reconstituions le stock".

Voté à 55 voix contre 26, ce budget a été soutenu par la majorité, ainsi que par l'UDI-Agir, même si Christophe Naegelen a réclamé "plus d'ambitions" et des investissements mieux "fléchés" pour aider "des forces de sécurité à bout".

LR, communistes, insoumis ou PS ont voté contre. Pour Eric Diard (LR), ce budget n'est "pas à la hauteur (...) L'uniforme ne protège plus, il expose. Comment accepter cette explosion des violences à l'égard de ceux qui nous protègent ?".

Chez les socialistes, George Pau-Langevin a regretté qu'il y ait "plus de policiers mais moins de moyens", pendant que le communiste Stéphane Peu insistait sur "le grand malaise dans ces professions et le nombre record de suicides". Ugo Bernalicis (LFI) a aussi critiqué la suppression de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (Inhesj).

Le 2 octobre, à l'appel d'une large intersyndicale, des milliers de policiers avaient défilé à Paris pour une "marche de la colère" sur fond de malaise de l'institution, hausse des suicides et inquiétudes sur la réforme des retraites.

(AFP)

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