Présenté comme le plus important marathon d’innovation ouverte en santé de Bourgogne-Franche-Comté, l’événement repose sur un principe : faire travailler ensemble des personnes aux compétences variées pour répondre à des besoins identifiés sur le terrain. Dix-sept problématiques, soumises par des professionnels de santé, des patients ou des aidants, seront ainsi étudiées pendant trois jours.
Au total, 200 participants étaient présents, accompagnés par des coachs, des experts et des facilitateurs, chargés de soutenir les équipes dans la conception de leurs projets. Un fablab a également été installé pour permettre de réaliser des maquettes, de tester les idées et d’améliorer les solutions envisagées.
Des défis : du parcours patient au matériel médical
Les problématiques abordées ont couvert plusieurs aspects de la prise en charge et de l’organisation des soins. Parmi les questions soumises aux participants figure notamment le suivi des patients en chirurgie ambulatoire : "Comment savoir où se situe un patient dans son parcours en chirurgie ambulatoire ?".
D’autres défis ont concerné le matériel utilisé au quotidien, avec la recherche de ébéquilles qui ne tombent pas", ou encore le remplacement des barquettes en plastique destinées aux repas dans les services de pédiatrie et de maternité.
La formation des professionnels était également au programme, avec la conception d’un outil de simulation capable de reproduire les réactions d’un patient pour former les dentistes. Le confort des patients constituera un autre axe de réflexion, notamment autour de la réinvention de l’oxygène portable.
L’objectif de ce format collaboratif est de confronter les besoins exprimés par les utilisateurs à des compétences techniques, scientifiques et pratiques. Le prototypage doit permettre aux équipes de matérialiser leurs propositions et d’en évaluer les premières possibilités d’application.
Une ouverture internationale renforcée
Cette édition anniversaire a aussi été marquée par la présence de représentants du mouvement Hacking Health. Né à Montréal en 2012, celui-ci compte quatre chapitres en activité en France, dont celui de Besançon. Trois représentants du mouvement international étaient annoncés dans la capitale comtoise, parmi lesquels Luc Sirois, cofondateur de Hacking Health Global et actuel innovateur en chef du Québec. Des représentants des chapitres de Lyon et de Strasbourg ont également participé à la rencontre.
La coopération avec la Suisse s'est poursuivi par ailleurs avec la venue de deux délégations étudiantes. Celle de la Haute École d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD), basée à Yverdon-les-Bains, était accompagnée, pour la première fois, d’étudiants de la Haute École Arc de Neuchâtel.
Des réalisations issues des éditions précédentes
Au-delà des trois jours de travail, Hacking Health Besançon s’appuie sur les résultats des éditions antérieures. Depuis ses débuts, plus de 170 défis ont été déposés. Selon les organisateurs, ces travaux ont contribué à la création de six entreprises, de trois associations et au dépôt de cinq brevets par l’entreprise Coltene MicroMega.
Onze projets ont également bénéficié de l’accompagnement du Centre d’investigation clinique du CHU de Besançon. Certaines initiatives ont déjà donné naissance à des solutions numériques, parmi lesquelles OneVasc et Glucimiam. Le développement de dispositifs médicaux se poursuit également, tandis que d’autres solutions ont été déployées directement au sein des établissements dont sont issus les porteurs de défis.
Ces résultats illustrent les différentes trajectoires possibles des projets : certains peuvent être expérimentés dans leur structure d’origine, d’autres bénéficier d’un accompagnement clinique ou poursuivre leur développement en vue d’une diffusion plus large.
Un écosystème local mobilisé autour des projets
L’événement est co-organisé par Grand Besançon Métropole, le CHU Besançon Franche-Comté, l’Université Marie et Louis Pasteur et Le Tube à Essais. Fondé en 2024, ce dernier accompagne les projets issus de cet écosystème afin de soutenir leur développement au-delà de la phase initiale d’idéation.
La dixième édition prolongeait la dynamique engagée depuis la création du marathon bisontin. Pour les organisateurs, l’enjeu dépasse la seule production d’idées : il s’agit de faire émerger des projets susceptibles de répondre à des besoins concrets des patients et des professionnels, puis de leur donner les moyens de poursuivre leur développement.


